La série a trouvé sa vitesse de croisière.
Ce bon album est plein d'action. Chesterfied, qui ne réfléchit toujours pas plus loin que le bout de son nez, est un exemple de courage et de valeur au combat.
Un album très critique envers l'armée, les militaires et l'absurdité de la guerre. Critiques données par les différentes remarques de Blutch, dans son rôle habituel de contestataire, mais aussi par Lincoln lui-même.
Mais ici, ce ton anti-militariste est exacerbé par l'apparition de la photographie. Et Blutch se révèle complètement dans son rôle passager de photographe. Il arrive enfin à exprimer, avec talent, sa vision de cette guerre, et surout à être compris, sans passer simplement pour un lâche, comme d'habitude.
Cet album traite donc des reportages de guerres, mais aussi de la propagande vers laquelle ils peuvent être détournés, s'il n'y avait pas un Blutch pour veiller à la vérité.
Je ne suis pas un fan des Tuniques bleues mais j'ai beaucoup aimé cet episode
Il rend hommage en quelques sortes aux journalistes de guerre en présentant de façon burlesque les dangers qu'ils encourent pour dénoncer les realités de la guerre.
L'album ne renie pas pour autant les caractères qui ont fait le succès de la série. L'histoire est toujours aussi drôle et pleine d'action.
Je conseille donc cette album a tous car il interressera aussi bien les grands que les petits.
Matthew Brady a été un vrai photographe de guerre et il a notamment officié lors de la guerre civile américaine.
C’est d’ailleurs le personnage de Brady qui fait l’essentiel de l’originalité de cet album. Cette histoire est plutôt bonne et bénéficie de bons traits humoristiques. C’est notamment le cas, lors de la charge héroïque de Chesterfield sur les lignes ennemies. Celui-ci sera très mal récompensé par ses supérieurs, tout le mérite de la charge revenant à Stark. Mais, contre toute attente, c’est Blutch qui va permettre au sergent de retrouver les honneurs. Blutch, dont les auteurs commencent à particulièrement peaufiner sa personnalité d’antimilitariste patenté, trouvant sa situation de photographe bien plus enviable que celle de soldat.
On notera à la fin de l’album un passage plutôt amusant avec le Président Lincoln. Celui-ci a d’ailleurs des idées bien arrêtées sur les militaires et certaines répliques font mouche. La fin, comme souvent dans les Tuniques Bleues, est vraiment bien sentie et particulièrement ironique.