Cette histoire de Tintin est un très bon cru. C'est l'un des albums qui m'a le plus marqué il y a plus de 20 ans. Les introductions d’Hergé pour lancer l'histoire me semblent toujours un peu bancales. Ici, Tintin trouve une mallette abandonnée, retrouve son propriétaire et zou, le voilà lancé en plein complot politique. Cette introduction mise à part, je trouve le scénario très bon et l'action est au rendez-vous. On en profite donc pour étudier et apprécier le travail de dessinateur d'Hergé : lignes claires et couleurs appropriées pour servir l'histoire.
J'ai particulièrement apprécié la brochure touristique de la Syldavie, qui nous permet de la lire comme si nous étions dans cet avion : cela permet au lecteur de s'identifier à Tintin et invite le lecteur dans la bande dessinée. (pour l’époque, ce devait être une trouvaille !).
Cette histoire, je la trouve bien construite, ingénieuse, astucieuse et pour moi, fidèle au souvenir que j'ai gardé de mon enfance des aventures de Tintin.
Je redécouvre Tintin à mon rythme, doucement, histoire de savourer car la réserve n'est pas infinie.
Quelle bonne surprise que ce tome là !
Certes, ça manque un peu d'humour et de personnages loufoques, et les Dupondts sont heureusement les bienvenus.
Mais à part ça, le scénario est bien ficelé, les événements s'enchaînent, les péripéties se succèdent.
Tintin est actif, au mieux de sa forme, cascadeur, parachutiste, aviateur, rusé.
D'accord, je le redis, on se situe plutôt dans un tome d'aventures, mais la force d'Hergé n'était-elle pas aussi de varier les styles (et les plaisirs).
Ici, je n'ai pas renié une seule fois mon bien-être, et parmi mes lectures régulières de BD, ce livre a été, c'est clair, un espace privilégié, un temps suspendu vers le bonheur.
Et, n'en doutez pas, ce dépaysement représente un indicateur de la réussite de l'ouvrage.
Rien de moins.
Encore un album de Tintin qui se raccroche à la grande histoire. Cet album a été écrit en 1938, mais a été retouché pour de nombreux détails après la guerre.
Hergé invente un pays imaginaire : la Syldavie qui ressemble étrangement à la Yougoslavie. Cet Etat sortant tout droit de l’imagination d’Hergé sera réutilisé lors des albums « Objectif Lune » et « l’affaire Tournesol ». Après la guerre, Edgar-Pierre Jacobs, lors de la colorisation de l’album s’occupera de balkaniser davantage les décors par rapport à la version noir et blanc.
Cet album décrit la menace fasciste qui pèse sur ce petit pays qu’est la Syldavie. Le puissant voisin la Bordurie (l’Allemagne ?) tente de le vassaliser. Un certain Müsstler (Mussolini-Hitler ?) tente de déstabiliser le trône syldave en enlevant le sceptre du roi.
En fait, Hergé s’inquiète du sort de la Belgique, métaphorisée en Syldavie. Le roi ressemble, d’ailleurs, beaucoup au Roi des Belges Léopold III.
Cet album aurait donc tendance à atténuer un peu les égarements d’Hergé, pendant la guerre. Celui-ci s’inquiétait pour le sort de l’Europe et prenait parfaitement la mesure de la menace fasciste.
Cet album bénéficie d’une intrigue solide, renforcée par les liaisons entre réalité historique (l’annexion qui échoue) et enquête tout à fait intéressante.
On notera, enfin, l’apparition de Bianca Castafiore, le rossignol milanais, une des rares femmes dans l’œuvre d’Hergé qui reviendra à plusieurs reprises.
Après la fausse monnaie, Hergé aborde une autre action des régimes autoritaires. Il s'agit là de l'Anshluss. Mais Hergé ne peut pas, pour cela, envoyer Tintin en Autriche ou en Allemagne. Il invente donc deux pays qui les représente: la Syldavie et la Bordurie (ces deux pays se montreront fort utile, car en 1956 ils symboliseront l'opposition dans la course aux armements entre les Etats Unis et l'URSS dans l'Affaire Tournesol).
Cet album introduit deux personnages qui seront récurents: la Castafiore (qui chante là pour la première fois l'aur des bijoux) et le colonel Jorgen. C'est également le dernier album sans le capitaine Haddock. Il n'en demeure pas moins un excellent album. Hergé signe là un excellent scénario avec ce qu'il faut de trahisons et de rebondissements. L'auteur met d'ailleurs en scène les deux dictateurs de l'époque Mussolini et Hitler avec Musstler (le chef de la garde d'acier). Les dupondt sont toujours au mieux de leur forme (mon dieu on tombe à la mer).
En résumé, un bon album de la période qui précéde l'arrivée de Haddock.
C'est un Tintin où la politique est très présente. Ce n'est pas une innovation : "Tintin chez les Soviets" avait déjà une saveur très orientée et "L'Oreille cassée" plaçait Tintin au milieu de la révolution menée par les partisans du général Alcazar. Pourtant, "Le sceptre d'Ottokar" est sans doute l'album qui se rapproche le plus d'un récit d'espionnage.
Tintin doit en effet déjouer une machination visant à déstabiliser la monarchie syldave et s'oppose à des agents étrangers ou à des traîtres. La dimension policière de la série n'est cependant pas absente : on pense notamment au "Mystère de la chambre jaune" de Gaston Leroux lorsque Tintin doit essayer de comprendre comment le sceptre royal a disparu. Le scénario est bien ficelé, et servi par le dessin d'Hergé qui donne toute l'étendue de son talent dans de grandes cases montrant les décors syldaves.
L'album est aussi mémorable parce qu'un des personnages du panthéon tintinesque y fait sa première apparition : la fameuse Castafiore pousse la chansonnette ! C'est en soi une raison suffisante pour lire cet album si vous ne l'avez jamais fait...
Cette histoire est prépubliée dans le supplément Jeunesse du journal Le Petit Vingtième du 04 Août 1938. Le titre prévu ?... Tintin en Syldavie.
L'intrigue commence tout simplement : la découverte d'une serviette sur le banc d'un parc à Bruxelles. De là, tout s'enchaîne : Tintin part en Syldavie où il va déjouer un coup d'Etat qui vise le roi Muscar XII.
Nous sommes en 1938. La tension politique internationale est de plus en plus dramatique. Hitler vient de proclamer "l'Anschluss", à savoir l'annexion de l'Autriche. Hergé va alors imaginer deux nations condensées à partir de plusieurs états de la zone des Balkans : la Syldavie et la Bordurie.
C'est dans cet opus que notre reporter va rencontrer pour la première fois Bianca Castafiore, ce rossignol milanais qui lui chante un air de Gounod.
Savez-vous que ?...
- En 1947, pour la transposition couleur de l'album, Hergé fait appel à Edgar P. Jacobs (créateur de Blake et Mortimer) pour "balkaniser" les décors.
- Ouvrez l'album à la page 59. Vous y découvrirez Hergé et Jacobs "autodessinés" en uniforme vert à brandebourgs or, lors de la réception triomphale de Tintin par le roi Muskar XII. La gloire, quoi !
J'ai mis longtemps à l'apprécier cet album ... je sais pas pourquoi !
Pourtant, si on y pense bien ,le scénario est certes conventionnel, mais bien mené.
L'action est présente du début à la fin, ainsi que pas mal d'humour.
Le dessin est réussi et j'ai toujours été fasciné par la couverture.
Alors pourquoi ? pourquoi cette méfiance pour cet album ? inexplicable !!!