On commence par être un peu surpris par le ton de l'album.
Le langage s'y fait plus familier ("rien à foutre", "ferme-la", "laisse-le donc crever" rien que sur les planches 5 et 6), ce qui a plutôt tendance à me faire sortir du récit quand on est dans un monde médiéval fantastique. Les moeurs y sont plus légères : vous allez voir la poitrine de Zorya plus souvent que dans les quatre autres tomes réunis, et on a droit à un strip-tease dans une taverne qui échauffe les esprits des mâles présents. Enfin, l'album est plus violent : on a notamment droit à la première tête tranchée de la série brandie fièrement et réutilisée ensuite.
J'ai d'abord cru que Goupil manquait d'inspiration et qu'il décidait de finir dans le gore et le sexe pour redonner de l'intérêt à la série. Mais quand on a lu l'ensemble de l'album, on comprend ce revirement. La fin de l'album est assez surprenante et audacieuse, ce qui est une très bonne chose : si la quête présentée dans le premier tome est hyper conventionnelle et ressassée, sa conclusion sait être plus originale. Malgré tout, l'histoire n'a rien d'exceptionnel et Goupil peine à donner une réelle dimension épique à son récit.
Graphiquement, Crisse retombe dans certains travers d'éxagération douteuse. Ainsi, les postures et les costumes des dernières planches sont plus grandiloquents que nécessaire : Zorya y est représentée dans un style néo-baroque qui fait plutôt sourire. Cependant, sur l'ensemble de la série, le dessin est plutôt réussi. Il a ses détracteurs, aussi vaut-il mieux vous faire votre propre idée sur ce style graphique.
Une conclusion honnête pour un cycle globalement agréable à lire mais pas indispensable sur vos étagères.
Après le tome 4 qui marque un tournant dans cette série, voici qu’arrive le cinquième qui n’en finit pas de nous surprendre non plus…
Le scénario, reprend là où on l’avait laissé, et je doit dire que pour ma part, depuis le début de cette série, je n’avais jamais était aussi impatient de lire le tome suivant qu’après avoir lu Le cri du Grouse… Goupil nous offre un scénario nettement moins embrouillé, et du même coup beaucoup plus intéressant…
Les dessins de Crisse sont semblables à ceux du tome précédent, toujours aussi particulier mais dynamique, et les couleurs de Anyk donnent un certaine profondeur aux dessins qui améliore nettement la qualité graphique de l’œuvre tout en enrichissant l’univers…
Sans hésiter, 5 étoiles.
Je passe sur les dessins qui sont de plus en plus beaux, les couleurs bien meilleures...
La fin est surprenante et c'est pour cela que ça me plaît: on ne s'y attend pas. Tout au long de ces 5 tomes, la série ne s'est jamais epuisée, et c'est la grande force de "L'Épée de cristal", selon moi. C'est ce qui s'appelle terminer une série en beauté.
Par contre, Crisse et Goupil ont l'intention de reprendre la série... Avec un fin comme celle-ci, je me demande comment ils vont faire ! J'espère qu'ils sauront créer la surprise!