Quite à me faire huer, je n'ai jamais été un grand fan du trait de Marini. Certe, ces cadrages et couleurs sont magnifiques, mais quelque chose m'a toujours chiffoné dans ses personnages principalement au niveau de la figure.
Passé outre, une fois lancé dans la lecture de "L'Étoile du desert", on ne relève pas la tête avant la fin de lecture des deux tomes, reliés dans cette intégrale.
Le scénario de Desberg est prenant et s'accélérant au fil des pages. Le début de l'histoire est plutôt lent pour arriver à une fin d'intrigue à deux cents à l'heure (peut-être un peu trop rapide diront certains.)
On suit ainsi l'enquête de Matt (la copie conforme de Sir Sean Connery, est-ce une volonté des auteurs?), de Washington à l'ouest sauvage des Etats-Unis. Vieux civilisé perdu au milieu du désert...
Je connais assez peu le western en BD et je ne savais pas trop à quoi m'attendre, d'autant que je ne suis pas un grand fan du "Le scorpion".
Au début de ma lecture, le seul intérêt que je voyais, c'était le dessin de Marini qui est, comme toujours magnifique. Beaucoup moins lisse que pour "Le scorpion", mais ça convient tout à fait à l'aspect brut de l'Ouest "sauvage".
Côté scénario, en effet, tout ça ne me semblait pas folichon : une banale affaire de vengeance avec un Sean Connery à cheval.
Mais il faut reconnaitre que très vite, on est happé par l'histoire. Et c'est la fin qui est assez surprenante : on part d'un manichéisme primaire avec des méchants et des gentils d'un côté, et on s'aperçoit que tout n'est pas aussi simple. Personne n'est tout blanc et ça m'a vraiment surpris.
Très bien illustrée, bien racontée, cette BD devrait combler l'ensemble des lecteurs.
Parfait. Je pense que c'est le meilleur qualificatif pour ce dyptique. L'originalité n'est certes pas au rendez-vous. On a affaire à une histoire de vengeance (presque aveugle). Malgré ce classicisme de fond, le traitement formel est passionnant, formidablement rythmé, et surtout très carré structurellement parlant.
Le fait de conclure l'histoire en deux tomes prouve toute l'honnêteté de l'entreprise. Rallonger la sauce sur trois albums aurait été un manque de respect vis-à-vis du lectorat. Etrange qu'un scénariste du talent de Stephen Desberg soit sous-estimé, quand même.
Quant au dessin, je dois dire que j'ai été surpris par Marini. D'une manière générale, j'aime bien son trait, mais pour L'Etoile du désert, il est évident qu'il a durci celui-ci, afin de coller au mieux aux gravures (et photographies) de l'époque de la conquête de l'Ouest. On sent toute l'âpreté, l'adversité et la peur qui dominaient cette époque hostile. On en redemande.
Moi qui ne suit absolument pas fan des western en bd, j'ai complètement adheré, là !
Tout d'abord les dessins sont magnifiques et le personnage principale ressemble beaucoup a Sean Connery, acteur très charismatique...
Marini est pour moi le maître de la Bande dessinée ; les couleurs sont sublimes, les paysages et décors sont variés : des grandes villes amériquaines (de l'époque) ; des montagnes enneigées...
L'action est plus présente en deuxième partie, la première n'est là que pour présenter le personnage et mettre l'intrigue en place. L'utilisation de la voix off est peut être le seul défaut de cette sublime oeuvre, car parfois cela ralentit l'action ou "allourdit" l'image...
Moi qui n'ai pas été séduit par "Rapaces", je trouve que Marini a grandement gagné à faire cette BD avec un scénariste tel que Desberg.
Concernant le dessin, il n'est pas toujours parfait (à mon goût : je pense notamment à une perspective assez ratée quand on voit le train rouler à l'horizon dans le tome 1), les traits sont parfois un peu gras, mais l'ensemble est très sympathique, le choix des couleurs très bon, et certaines planches sont très belles.
Concernant le scénario, il est véritablement excellent. En deux tomes, on voit une histoire complètement originale, travaillée, avec le début et la fin qui se recoupent parfaitement, des personnages fouillés, une ambiance et une narration impeccables. Malgré quelques pointes de machisme (mais est-ce pour se mettre dans le contexte de la fin du 19e siècle ?), je reste vraiment séduit par cette histoire intelligente et bonne du début jusqu'à la fin.
Bref, je viens seulement de découvrir cette BD mais je la conseille à tous ceux ne l'ayant pas encore lue.