On n'attendait pas forcément Philippe Tome dans ce genre de récit. L'auteur de "Berceuse assassine", "Soda" ou "Sur la route de Selma" a prouvé qu'il maîtrisait le polar. "Le petit Spirou" a rencontré un tel succès que Tome a pu faire partager son sens de l'humour au plus grand nombre. Le scénariste explore ici de nouveaux territoires puisque "Feux" est quelque part entre la science-fiction et l'heroic fantasy. On pense à "Dark crystal", le film avec les marionnettes de Jim Henson.
Le fond du récit n'est pas vraiment original. Le seul élément novateur réside dans le choix de mettre en scène des dinosaures dotés de la parole, ce qui s'est rarement vu en dehors de séries humoristiques. Pour l'intrigue elle-même, on est pour l'instant dans du très classique - d'honnête facture, certes, mais on aurait aimé être plus bousculé par un Philippe Tome qu'on a connu plus imaginatif.
Marc Hardy, surtout connu pour les innombrables tomes de "Pierre Tombal" commis avec Cauvin, prouve qu'il est capable de livrer des planches graphiquement très éloignées de sa série-phare. On pense toutefois à "Lolo et Sucette" au détour d'un visage humain (celui de Feux, justement) mais globalement, le dessinateur adopte un style résolument différent. Les planches comportent peu de cases et l'album a peu de dialogues : Hardy a donc eu tout l'espace nécessaire pour s'essayer à autre chose.
L'album est sympa à lire et on lira probablement la suite à l'occasion. Il manque tout de même à "Feux" ce petit quelque chose qui l'aurait hissé au-dessus du reste de la production BD.
L'histoire nous plonge dans un monde peuplé de dinosaures...
Ces reptiles vivent en société, avec une langue, une écriture, une histoire, un roi, un dieu... bref l'attirail complet de l'Humanité, car la violence n'est pas absente...
Ce monde est presque parfait. Jusqu'au jour où débarque une enfant tombée de nulle part à bord de sa capsule. "Feux", c'est son nom, va grandir au sein de cette société pour laquelle elle est considérée comme un monstre...
Si le fond de cette série n'est pas révolutionnaire, sur la forme c'est autre chose. Un album de 80 pages, c'est rare, mais... qui se lit très vite. Il y a en effet peu de dialogues car tout passe par le dessin. Perturbant parfois, à plus d'un égard, mais pourtant en phase avec notre époque.
Alors, découvrez une BD surprenante, déroutante, mais intéressante où le personnage central apporte une touche de sensibilité, de féminité et d'intelligence. Un peu de douceur dans un monde de brutes...