Décidément, Goupil et Crisse ont du mal à nous livrer un album vraiment bon : "La main de la Mangrove" progresse sur certains points mais foire sur d'autres !
Pour le positif, il y a le graphisme de Crisse. Moins emphatique que dans le premier épisode, moins systématique (Téome et Moha peuvent enfin avoir autre chose sur le visage qu'un sourire permanent), plus dynamique dans son découpage, le dessin est réussi.
Réussies également certaines scènes et orientations prises par le scénariste. Sans dévoiler ce qui se passe, on peut dire qu'un des personnages immportants va mourir. J'apprécie toujours cette démarche des auteurs qui sont prêts à tuer l'une de leurs créations, au risque de décevoir certains lecteurs, pour dramatiser le récit.
Mais côté négatif, il y a une difficulté de Goupil à faire la part des choses. Sans doute par manque d'expérience, le scénariste enchaîne une scène dramatique réussie (la mort d'un personnage) avec une scène humoristique. Drôle de décision qui enlève au drame qui précède toute l'intensité et la profondeur dans l'esprit du lecteur. Les nouveaux personnages des sorcières font d'ailleurs sombrer la série dans une ambiance très gag difficilement compatible avec de l'épique d'heroic fantasy (Arleston s'y est aussi cassé les dents sur les certains volumes de "Lanfeust de Troy", après un démarrage très réussi). Enfin, globalement, l'album ne fait pas suffisamment progresser l'intrigue et paraît un peu léger.
Ce sont les ratés de l'album qui m'ont le plus influencé dans ma notation. Tout en reconnaissant à la série des qualités, je ne trouve pas que cet album soit mieux que les autres - je le place même légèrement en-deçà des deux premiers.
Voici le troisième tome de cette série, et il y a toujours énormément de questions que l’on se pose depuis, le premier album, et bien, cette album n’apporte pas vraiment de réponses. Le scénario de Goupil est toujours aussi difficile à suivre, et c’est dommage, car il commence à devenir vraiment intéressant…
Les illustrations de Crisse, sont dans la continuité des tomes précédents, il faut aimer, et je doit dire que si je ne suis pas convaincu par son trait, je ne le trouve pas gênant dans cette série. Les représentations sont assez dynamiques, et cela contribue au scénario qui devient également plus rapide. Les couleurs de Anyk sont plus réussies que pour le tome précédent, et cela rend la lecture que plus agréable…
Une certaine amélioration, qui nous laisse envisager le meilleur…