Que c'est beau, mon dieu ! J'adore le coup de crayon d'Ai Yazawa. Ici, c'est vraiment impressionnant. C'est un régal de voir les vêtements qu'elle dessine pour ses personnages. Miwako par exemple, a un style vraiment mignon.
Mais Ai Yazawa montre son talent aussi dans le domaine du scénario. Tout est construit, tout s'enchaîne et ce très rapidement. En effet, il y a des rebondissements, des évènements majeurs , ça va très vite. Et ca explique le flou dans lequel se trouve Yukari.
Pour la première fois, elle va faire ses propres choix, et non plus se plier aux décisions de sa mère, à cette vie qu'elle décrit comme terne et banale...
Georges est un personnage vraiment intéressant, on ne sait pas trop à quoi s'en tenir avec lui... Sans doute son statut d'artiste contribue-t-il à créer cette ambiguité...
Décidément, je ne tarierai pas d'éloges quant au talent de Yazawa !
Non seulement les dessins sont remarquables de finesse et de précision, mais, qui plus est, l'auteur a réel don quant à la construction d'un scénario. Loin, très loin des mangas où l'action s'éternise sur 3 voire 4 volumes, ici tout va très vite, trop d'ailleurs pour Yukari qui ne sait plus où sont ses priorités ni ses aspirations...
Entre crise d'adolescence et prise de conscience, le choc entre la jeune fille et sa mère est des plus intenses. Soulignons au passage l'acharnement dans le désir de dépasser les autres, vraissemblablement une constante dans l'éducation japonnaise : la mère de Yukari ne déroge pas à la règle dans son obsession des meilleurs résultats en poussant sa fille à une compétition toujours plus acharnée au détriment de ses réelles ambitions personnelles.
Enfin, le personnage de Georges me semble parfaitement retranscrire l'effervescence du génie créatif : perfectionniste, intransigeant, rigoureux : rien n'est plus important que la robe et l'idée qu'il s'en fait ! L'observation de la création d'un vêtément me semble particulièrement précise et recherchée : le lecteur a parfois l'impression de se délecter du spectacle d'un styliste et de son équipe à la recherche DU tissu !
Impossible de s'arrêter en si bon chemin, si vous commencez la lecture de Paradise Kiss, c'est pour en connaître l'issue !
Tout s’enchaîne à la vitesse lumière ! Alors que Caroline vient d’accepter d’être le mannequin pour l’équipe de Paradise Kiss, la voilà qui va prendre des décisions sur son mode de vie, ce qu’elle souhaite faire plus tard, le lycée, les concours pour les universités… On peut voir que la vie des adolescents japonais est bien différente de la notre !
Alors que seulement quelques jours sont montrés dans ce tome, il se passe énormément de chose. Tout d’abord, la relation entre George et Caroline évolue et on voit que leurs caractères ont bien du mal à s’entendre ; mais on sent une forte passion entre eux que tout le monde souhaiterait vivre et faire durer !
Le métier de styliste et couturier est également bien présenté. D’ailleurs, cette série a été prépubliée dans un magazine de mode au Japon : Zipper. On y voit le côté perfectionniste de Georges… le tout pour créer un unique robe ! J’ai hâte de voir le résultat.
Et pour revenir sur les choix de Caroline, dans un pays où toutes les étapes de l’éducation sont marquées par des concours, on dirait également qu’il est possible de trouver un travail facilement, sans réelle qualification. Plus je lis des mangas, plus le Japon me fascine !
Les relations entre Caroline et sa mère sont également très marquantes et on peut tous se retrouver dans cette histoire qui fait à moitié conte de fée !
Encore une très belle robe sur la page de calque !
A lire sans hésitation… la vie d’une jeune adolescente japonaise…