Je suis un grand fan de l'oeuvre de F'murr, mais je conçois aisément que nombre de personnes y soient parfaitement hermétique. Ce n'est donc clairement pas par cet album qu'il faut commencer cet auteur.
Si par contre on aime le génie des alpages, on trouvera dans cet opus le style graphique et l'ambiance indescriptible propre à F'murr, avec peu être un peu moins de non sens, quoi que...
En effet là il s'agit d'une histoire à suivre contant les aventures d'un chevalier sans bien et sans gloire, sur qui le sort s'acharne mais qui accepte stoïquement son destin avec parfois quelques remarques sur la vie en général fort savoureuses.
On retrouve le graphisme propre de F'murr, avec ce trait à priori simple, mais qui nécessite plusieurs lectures pour bien percevoir tous les détails qui parsèment chaque planches, là un Graal volant, là une cigale chantante et pour ne pas louper les scènes de fond de décors véritables histoires dans l'histoire.
Le seul petit reproche que je puisse faire est peut être dans la fin que je trouve un peu rapide.
Un opus de F'murr que j'ai eu plaisir à lire, mais qui ne ravira pas forcément les lecteurs (nombreux parmi mes connaissances bédéphiles) qui n'accrochent pas à l'univers scénique et graphique de l'auteur.
J'aime beaucoup l'humour absurde et délirant de F'murr. "Le pauvre Chevalier" est une BD juste un peu moins délirante que "Le génie des alpages", quoique si peu... C'est drôle, étonnant, échevelé. L'auteur se moque du mythe des Chevaliers de la Table Ronde, tourne en ridicule le monde médiéval et son honneur. Quant au héros, le Pauvre Chevalier, c'est une sorte de philosophe malheureux qui accepte toutes les brimades sans sourciller et avec compassion.
Bref, une lecture très agréable qui plaira à tous les fans de F'murr.
Le seul défaut que j'y vois pour ma part est une fin un peu en queue de poisson, quoiqu'il paraît qu'on retrouve les aventures du Baron Nul dans l'album "Les aveugles", du même auteur, que je n'ai pas lu.