Cette bande dessinée est un monument. Un monument que dénonce ici indirectement au début, puis franchement à la fin de l'album, la bêtise d'une guerre inutile, violente, et qui donna lieu à de nombreuses souffrances qui auraient pu être évitées.
Tardi signe ici un album sensationnel, qui à la manière d'un reportage, nous fait suivre la (fin) de vie de différents poilus. Le dessin de tardi est sombre, noir comme cette période mais le tout est rendu avec une telle réalité, que cela pourrait presque nous sembler réél; On plonge dans cet album, et l'on en ressort bouleversé et cela nous fait bien réfléchir sur la bêtise de la guerre.
La période abordée ici est rarement utilisée aussi directement en bande dessinée, il est rare de suivre différents poilus avec tant de réalisme. Il y a tout de même un petit bémol, c'est qu'il n'y ait pas à proprement dit une trame, une histoire, ... on passe d'un personnage à un autre comme dans un reportage. Mais c'est ceci en même temps qui fait la force de cette bande dessinée.
Une bande dessinée boulversante qu'il est impératif de lire
J'hésite entre le "Pas mal" et le "Franchement bien" pour cette BD.
Elle est franchement bien car c'est un vrai recueil de témoignages. On plonge véritablement dans l'horreur de la guerre des tranchées dans toute son authenticité, sa médiocrité, son humanité. C'est instructif, non seulement sur ce qu'il s'est passé dans l'Histoire, mais aussi pour l'histoire avec un petit h, l'histoire des hommes, chacun pris séparément avec ses pensées, ses peurs, ses idées. Tardi nous plaque dans la boue et nous montre la réalité de ce que ces anciens poilus racontent ou racontaient et que les jeunes écoutaient sans trop y croire. On est vraiment dedans, on sent que ça s'est sans doute passé de cette manière là, aussi horrible, inhumaine (ou trop humaine) et glauque. Chaque petite anecdote est intéressante et ces histoires courtes sont toutes prenantes.
Ensuite, le côté "pas mal" seulement, c'est que ce n'est pas vraiment le type de BD que je relirais pour le plaisir. Il y a un petit côté documentaire qui fait qu'on ne se sent pas totalement impliqué, captivé. Le fait qu'il n'y aie pas d'histoire globale, que ce ne soit que des tranches de vie et de mort, ça fait que le lecteur peut s'arrêter n'importe où dans sa lecture sans ressentir une envie intense de poursuivre l'album. C'est comme regarder un tel évènement par le petit bout de la lorgnette. C'est comme regarder un décor de théâtre sans y voir la pièce s'y jouer. En comparaison, par exemple, les histoires de Brindavoine, du même auteur, m'avaient encore plus plongé dans l'univers de 14-18 car le décor y était, c'était le même, mais en plus on y suivait un personnage du début à la fin de son histoire, attirant à la fois l'intérêt et l'esprit du lecteur.
C'est donc pour ce côté "documentaire" que je trouve que cette BD perd un peu de la puissance qu'elle aurait pu avoir autrement.
Bravo ! ça, c'est de la BD ! du grand art ... on est pas dans le "pathos" mais dans la description froide et austère, assez neutre ...
Ca rappelle le néo-réalisme italien ou bien encore "Se questo è un uomo" (je connais pas le titre en français désolé) de Primo Levi : pas de sentimentalisme, pas d'esprit de vengeance, pas de haine ... mais juste l'absurdité de cette guerre (et de toutes formes de conflits en général) ...
Le dessin colle justement parfaitement à cette ambiance : noir et blanc, trait maladroit ...
En effet, on ne s'attache pas aux personnages ... mais je pense que le but n'est pas là : Tardi veut nous montrer l'Absurde et y réussit parfaitement !
Une BD à intégrer aux manuels scolaires : bravo Tardi !
Si vous n'ètes pas très informé sur le sujet (ce qui m'étonnerais), cette BD est faite pour vous. Tardi à réussi à nous montrer ce qu'était les tranchées pendant la 1ere guerre mondiale, sans faire de fautes (ou presque, je ne suis un historien).
Il a opté pour des dessins noirs est blancs, qui concordent totalement avec l'humeur des personnages, et leurs chances de vivre.
Il a aussi opté pour que la guerre des tranchées soit vu par différentes personnes, français ou allemands. dans cette bd, Tardi ne veut pas être gai. Il ne peut pas. Il offre une vision très noire de cette guerre, en ne privant pas ces personnages d'une mort atroce, et aussi le desespoir qu'ils ont dans leurs coeurs. Finalement, on aime cette bd pour sa sincerité et sa facilité à nous montrer le pire.
Voilà un album précédé par une grosse réputation. « C’était la guerre des tranchées » est régulièrement bien placé dans les différentes tentatives de sélection des meilleures BD qui fleurissent sur le net et ailleurs. Comme souvent, cette réputation est loin d’être usurpée.
Si vous connaissez Tardi, vous savez que cet auteur est particulièrement traumatisé (et fasciné, bien sûr) par la Première Guerre mondiale. Pour des raisons familiales, déjà. Et surtout par humanité. Rappelons que la Grande guerre, avec ses dix millions de victimes, a été une rupture majeure dans l’Histoire du XXe siècle. Jamais l’homme n’avait déployé ses talents meurtriers à une telle échelle. La Seconde Guerre mondiale a fait nettement pire depuis. N’empêche : la vie des Poilus dans les tranchées reste l’une des pires expériences qu’une telle masse d’humains ait eu à vivre.
Pour rendre compte de l’horreur quotidienne vécue par les soldats, Tardi choisit de se concentrer sur des expériences individuelles. Pas de récit détaillé des offensives du conflit. Pas même de chronologie d’une scène à une autre. La guerre de position, que ce soit en 1915 ou en 1917, c’est de toute façon la vie parmi les cadavres, les rats, les poux, la boue, le désespoir lié à cette guerre dont on pensait qu’elle serait courte.
Au fil des 120 planches, on suit différents personnages. Tous ont en commun de participer à la grande boucherie sans l’avoir souhaité. La plupart connaissent une fin terrible. Gazés, mutilés, déchiquetés, abattus par l’ennemi ou fusillés par leur propre camp, les soldats vivent l’horreur aux multiples facettes.
Tardi opte pour la seule technique graphique satisfaisante pour rendre compte de l’ambiance du conflit : le noir et blanc. Si vous avez mis les pieds à Verdun et dans ce paysage profondément meurtri par un conflit vieux de près d’un siècle, vous savez que le ciel y est forcément gris et l’ambiance pesante. La perpétuelle grisaille des planches met en valeur la psychologie des personnages qui ne voient pas la fin du conflit, embourbés dans leurs tranchées et leurs manteaux couverts de terre.
Tardi s’est beaucoup documenté pour réaliser son album. Il ne voulait pas rater ce moyen de présenter sa vision de la guerre. Il a réussi. « C’était la guerre des tranchées » est une vision noire, donc réaliste, des années 1914-1918. C’est ce qui a été fait de mieux sur ce sujet.
Vous allez prendre de l’humain plein la figure. Un conseil : lisez aussi « Paroles de poilus » en Librio, qui présente des lettres de l’époque. Histoire de ne pas oublier ce qui aurait dû être « la der des der ».
Aujourd'hui c'est un Monument de la Bande Dessinée française, "C’était la guerre des tranchées" est une série d'histoires courtes qui abordent l’horreur et l’absurdité de la Première Guerre mondiale. L’oeuvre rappelle "Les Sentiers de la gloire" de Kubrick que Tardi prolonge. Cet album explique comment une génération entière fut sacrifiée pour grappiller des bouts de terrains, en une démonstration magistrale et profonde.
En voulant nous faire partager la folie de la Grande Guerre, Tardi a choisi de la traiter de manière documentaire en partageant le destin de personnages normaux dont le seul tort est d'avoir été reconnus "bon pour le service". Donc pas de héros mais des pauvres types paumés qui ne pensent qu'a rentrer chez eux, et qu'importe le prix a payer !
Ici le dessin est en noir et blanc, il y a beaucoup de vignettes sans texte mais des commentaires judicieusement placés, chargés de sens, qui expriment particulièrement bien les sentiments des hommes et la réalité de la guerre.
Il est rare qu'un album me laisse une telle impression : un réel malaise régne devant cette horreur tellement banale... (d'où la banalisation de la mort dans cet album : en moyenne 3 pages pour la vie d'un soldat... c'est peu mais réaliste ! )
Un peu à la manière de Spiegelman avec "Maus", Tardi démontre que la BD peut générer des oeuvres exceptionnelles, véritables témoins de la mémoire et de la bêtise humaine.
La narration est d'une telle intensité, qu'on ne perçoit pas ces soldats comme anonymes, mais comme membre de la famille, un arrière-grand père qui aurait laissé sa peau dans cette boucherie.
Cet album n'en est pas un, mais une lettre qu'on vient de retrouver dans le grenier avec des reliefs de vies entieres enterrées et hachées...
Bref un véritable chef d'œuvre à découvrir, lire et relire
Mouais mouais mouais. Pas mal comme BD, mais bon pas de quoi fouette un chat non plus. Ce qui me dérange le plus ? Ben la façon dont c’est raconté, que les autres admirent en dessous. Le fait qu’on ne suit pas un perso ou un groupe de persos en particulier. On ne s’attache pas. C’est qu’une bête succession d’images, certes violentes et choquantes, mais pas vraiment marquantes. On suit un gars sur 2 pages, pof il meurt, suivant ! Ca banalise trop la mort, et a part le gars dont on voit la femme, aucun d’entre eux ne semble réel. Dans le même genre, Maus m’a plus ému, parce que justement, on suit la même famille pendant toute l’histoire, on s’attache, et on souffre avec eux.
Bon certains passages m’ont quand même ému ! Mais j’ai plus l’impression de m’émouvoir pour la guerre elle-même, pour l’Histoire, parce que je connais les faits. C’est une bien triste guerre, pas de doute, mais je pense qu’il y avait moyen d’en faire une meilleur BD.
En plus le dessin est bof bof. Assez simple, et surtout l’impression est moche ! C’est tout tramé ! C’est quoi ce bordel, j’ai jamais vu ça dans une BD avant. Vraiment pas mon genre de dessin, même si j’avoue que c’est pas le plus important dans ce genre d’histoire. Mais quand meme, 5/5 pour le dessin, c'est abusé Mr vladkergan!
Bref, ça se laisse lire, c’est pas mal, mais je suis quand même déçu. Cette BD m’a ému un peu, mais surtout ennuyé beaucoup. C’est ma première de Tardi. Peut être que cet auteur n’est pas pour moi. Le courage de s’être attaqué à une période aussi sombre de l’histoire mérite certes un 5/5 ! Mais le résultat, pour moi, ne vaut pas plus que 3/5. Je me demande si certains d’entre vous ne s’emportent pas sur leur note, simplement parce que ça parle de la 1ere guerre mondiale…