Ce deuxième tome nous montre la rencontre des deux Nana. Il est intéressant de voir évoluer côte à côte ces deux jeunes femmes si différentes. L'une est mystérieuse et l'autre extravertie, l'une est réfléchie, l'autre n'en fait qu'à sa tête... Et chacune à leur manière, elles sont attachante. Hachi l'est par sa fragilité et sa naïveté (même si parfois trop niaaise) et Nana l'est par ses blessures enfouies en elle.
La narration est très agréable. La voix-off est un principe que j'aime beaucoup, et ici elle s'avère être rapidement indispensable. Yazawa maîtrise son sujet, nous offrant de belles scènes (surtout celle de fin) et des personnages secondaires intéressants.
Où tout cela va nous mener, c'est ce qu'on se demande dès maintenant...
Ce second tome est supérieur au premier, pour plusieurs raisons :
Tout d'abord, l'histoire est maintenant unique. Les deux Nana se sont rencontrées, on découvre leur vie et leur histoire d'amour en parallèle, sans que le récit ne soit ralenti pour autant par une division de l'album en deux parties bien distincts. Celà donne à l'ensemble autrement plus de pêche.
De plus, les personnages gagnent beaucoup en épaisseur, leur psychologie se dévoilant doucement au fil des pages. Evidemment, le comportement de Nana "Hachi" m'est toujours aussi insuportable (une naïveté proche de la bêtise aux premiers abords) mais la mystérieuse Nana chanteuse donne tout son intérêt à la série.
Vous l'aurez compris, le fait de suivre l'histoire de deux personnes en simultané n'est pour moi pas un atout pour le moment, l'une des deux méritant sa paire de claques. Pourtant, c'est sa vie qui passe en avant dans ce tome, Hachi étant très présente dans les différents chapîtres.
Qu'importe ! C'est très agréable à lire, pas mièvre du tout (le premier tome était limite, parfois) et finalement assez intéressant. Les tranches de vie, lorsqu'elles semblent fidèles à la réalité, sont passionnantes dès lors que la narration suit. Il semblerait que Ai Yazawa connaisse bien son affaire...
Encore trop de dessin SD lors des scènes comiques, dommage. Le style très fin des personnages convient pourtant bien mieux à l'ensemble (style que Doña Hermine ne semble qu'apprécier modéremment, mais qu'en tant qu'adorateur de "Blame" je ne peux qu'aimer). Voyons si l'ensemble évoluera avec les tomes à venir.
Bonne surprise, donc. L'histoire avance, l'intérêt de lecture augmente.. voyons la suite !
Premier shojo que je lis, Nana est une histoire sans prétention, pleine de fraîcheur toutefois, et dont les personnages -certains, du moins- se révèlent assez vite attachants. Je dis certains parce que, franchement, autant Nana Ôsaki, dont je ne sais rien au début de ce tome n'ayant pu encore me procurer le premier, m'apparaît ainsi mystérieuse et chargée d'un passé dont je n'obtiens que quelques bribes au cours de ce tome, et de ce fait assez touchante, autant Nana Komatsu est exaspérante de puérilité et de superficialité. L'histoire coule sans temps mort, on est assez vite capté, et arrivée à la fin de ce tome, j'avais hâte de commencer le suivant (et aussi de pouvoir lire le premier !).
Le dessin, quant à lui, je le qualifierais d'honnête, et même de plutôt sobre pour un shojo : pas trop de petites fleurs, des coeurs assez discrets, bref ça reste digeste ; de plus, je le trouve plutôt fin dans les expressions des personnages : en un regard, en une moue, on sent l'exaspération de Nana Ôsaki devant les caprices de l'autre Nana . Par contre, les jambes et les bras squelettiques et étirés comme des chewing-gums, bof bof !
Autre gros bémol : on est parfois à la limite de casser la reliure pour lire la fin de certaines bulles, et ça, c'est vraiment pénible !
Les digression du premier tome n'ont pas été inutiles puisque l'on retrouve les deux Nanas ensemble dans le train qui les amène à leur nouvelle vie : symbolique très forte, car la page de l'adolescence se tourne définitivement avec ce départ, et ce nouvel élan vers l'inconnu est vécu en même temps par les deux personnages féminins et, qui plus est, ensemble : un lien ne pouvait que se créer entre elles, chacune devenant justement le souvenir pour l'autre de cette étape riche en émotions, entre peur de l'avenir et nostalgie du passé.
Ainsi chaque jeune femme débarque dans la vie de l'autre avec son lot de "casseroles" et malgré les différences flagrantes qui les entourent, leurs personalités semblent finallement pouvoir s'enrichir au contact de l'autre, elles ne peuvent dès lors que se compléter... Idée séduisante car elle laisse présager une influence mutuelle à venir, et une évolution psychologique des personnages - on l'espère surtout pour la naïve Nana, car son côté femme-enfant risque de devenir handicapant et en faire une personne éternellement assistée et maternée...
D'un autre côté, il semble que la narratrice, Nana fleur-bleue, nous raconte ses souvenirs puisqu'elle emploie l'imparfait, du coup, et c'est là toute la force de ce manga, la curiosité nous poussera à vouloir découvrir leur devenir : pourquoi emploie-t-elle le passé ? pour évoquer un souvenir lointain, ou parce qu'il y a eu un évènement qui a redéfini leur complicité ?
Le dessin est toujours aussi riche en détails et aussi grâcile, et les personnages semblent véritablement prendre vie sous nos yeux, avec beaucoup de délicatesse...
Voici, il me semble, véritablement ce que l'on appelle un début prometteur... A suivre !