En livrant "Tous des monstres" en 1994, Tardi remettait en scène tout son petit monde feuilletonesque. Résolu à s'amuser avec ses personnages, l'auteur offre un album qui, hélas, n'est pas un cadeau.
Tardi a toujours abusé des références aux autres tomes de la série dans "Adèle Blanc-Sec", mais il le fait cette fois jusqu'à l'indigestion. Non seulement un lecteur qui découvrirait la série avec ce septième épisode n'y comprendrait absolument rien, mais celui qui a lu les autres albums ne sera pas beaucoup plus à la fête ! La réutilisation des personnages déjà apparus est devenue tellement systématique qu'elle est totalement tarabiscotée et ne fait que mener à l'ennui.
Le scénario, globalement médiocre par son intrigue mal exploitée, s'organise autour de dialogues confus entre des personnages multiples. Tardi ne fait pas le tri et se retrouve avec une foule de personnages sur les bras qu'il ne parvient pas à utiliser dans son histoire. Résultat : on retrouve beaucoup de têtes connues mais on regrette cruellement les tomes comme "Momies en folie", "Le Démon de la Tour Eiffel" ou "Adèle et la Bête".
Tardi s'est fourvoyé dans cet épisode. C'est inquiétant puisque "Le noyé à deux têtes" était déjà un échec. Espérons tout de même que la suite des aventures d'Adèle Blanc-Sec saura retrouver la qualité des débuts.
C'est toujours agréable mais un peu confus.
De plus, les monstres, la partition d'autres dessinateurs, c'est sympa mais un peu nombriliste.
Tardi a tendance à manquer de modestie (ça, c'est toujours vrai) mais reprendre dans le récit un de ses anciens livres ("Le démon des glaces"), quand même...
Autrement, malgré une histoire avec très peu de tableaux finalement, il nous construit un épisode agréable, lent, posé, explicatif.
L'action manque un peu mais il faut bien compenser l'apparition de ces monstres, qui elle est omniprésente. Disons simplement pour être clair que ce n’est pas un des tomes les plus riches de la série.
Restent aussi de très belles images, en particulier les extérieurs, et des personnages hauts en couleur, jouant chacun sur son rayon d'action.
Bref, il s'agit d'un livre divertissant, un peu décousu, un peu facile par moments, mais d'un bon loisir.
Suite et, hélas, pas encore fin, de cette histoire abracadabrante de tentacules rouges. Adèle, qui était au départ une détective en jupon, n'y comprends absolument rien, pas plus que le lecteur d'ailleurs. Adèle s'en fout complètement, et le lecteur n'est pas loin d'en faire autant. J'ai subi la lecture de ce livre, laborieuse, ennuyeuse même parfois, sans jamais retrouver l'esprit original des aventures d'Adèle. Le trait de Tardi s'est arrondi, ce qui donne à l'héroïne des formes plus généreuses dont elle n'a absolument pas besoin. Seul intérêt du livre : deviner quels monstres ont étés dessinés par les copains de l'auteur grace à leur style, d'autant plus qu'il y a deux pièges, puisque, apparament deux d'entre eux sont l'oeuvre de ses propres enfants. Quand au scénario, je n'ai pas du tout accroché.
Que reste t-il après la lecture ? Une curieuse impression, celle que l'auteur s'est fourvoyé dans une suite à rallonge dont il aura beaucoup de mal à sortir. Celle d'un scénario faible qui essaie de nous raccrocher par des rebondissements plus improbables les uns que les autres. Celle d'une histoire confuse qu'il faudra relire quatre ou cinq fois pour y comprendre quelque chose. Mais en aura t-on envie ?
On n'en est pas arrivé là sans être un fan de l'auteur, sans aimer son style et son graphisme inimitable. Et on se surprend à relire quand même ce tome, qui nous fait découvrir mille nouveaux petits détails, qui ne changent cependant rien à l'impression générale. Et on lira quand même la suite, pour ne pas mourrir idiot.
Quoiqu'il en soit, un tome absolument pas indispensable .........
Cet avant-dernier tome relève un peu le niveau du précédent.
En effet, même si c'est toujours un foutoir incommensurable, Tardi semble l'avoir mieux structuré, de façon à ce qu'on y comprenne un peu quelque chose.
Dans la foulée de l'arrivée de Brindavoine dans les tomes précédents, ce tome puise dans le creuset des démons et des légendes (non) urbaines de la Première Guerre Mondiale.
En effet Adèle part (encore une fois à son corps défendant) sur les traces d'un soldat traumatisé, qui a acquis le pouvoir d'invoquer et de métérialiser ses terreurs primitives. A vrai dire, je soupçonnais quelque chose de ce genre depuis le tome précédent, du fait de la présence dudit ancien soldat sur les lieux des apparitions cauchemardesques.
Tardi raccroche cette idée à sa trame générale, avec le savant fou comme acteur principal. Cette fois-ci ça se lit plutôt bien, et le dessin, qui a évolué (mais je n'ai pas compris le pourquoi du changement de coiffure d'Adèle), et se trouve encore plus lisible qu'au début de la série.