"...une oeuvre digne de rentrer au panthéon des comics aux côtés de Watchmen et Maus...", cet extrait du Comics Buyer's Guide bien visible en 4e de couverture me fait rire assez jaune après lecture de cet album. Car nous avons là un comics qui se laisse lire mais qui n'est franchement pas terrible en définitive. Un gros coup de pub de Marvel, rien d'autre. Un bon coup dans l'eau en ce qui me concerne.
Déjà le graphisme n'est pas terrible. Le dessinateur est le même que pour la série 1602 que j'avais relativement appréciée mais son style de même que ses couleurs informatiques ne me plaisent pas vraiment.
Ensuite l'histoire m'a paru fade. Les origines de Wolverine, il y avait de quoi faire quelque chose d'assez grandiose pour peu qu'on ait de l'idée. Mais là, le résultat est presque déjà-vu, une histoire un peu banale qui ne nous apprend pas grand chose de plus sur le canadien poilu et griffu.
Après un début pas très palpitant, j'ai bien apprécié le coup de théâtre du premier tiers de l'album, coup de théâtre bien sûr très voulu par les auteurs et même un peu artificiel tant on sent que ces derniers ont tout fait, jusqu'à tricher graphiquement, pour tromper le lecteur. Seulement, passé ce bouleversement du récit, le reste de l'histoire devient assez facile et prévisible.
Jusqu'à une scène finale, artificiellement tragique, dont j'ai trouvé le moment dramatique crucial affligeant de nullité et de facilité scénaristique. Impressionnant que des scénaristes en principe compétents et sachant qu'ils travaillent sur un récit destiné à devenir majeur dans la mythologie Marvel osent user d'une telle pirouette scénaristique "oh, on m'a poussé, je tombe, oh attention les griffes !... Ah, pas de chance...". Quoiqu'on dise du reste de l'histoire, ça restait un récit correct mais cette fin plombe vraiment la qualité du récit à mon goût car je trouve son moment clé tout simplement minable.
Les fans de Wolverine devraient être assez intéressés par cet album mais de là à le trouver vraiment bon, j'en doute...
Wolverine est sans doute le personnage le plus intéressant (et le plus exploité) des X-men. Il est également le plus humain de tous et celui au passé le plus sombre. S’attaquer à ses origines est donc un exercice commercialement assez intéressant à condition de pouvoir conserver cette part de mystère qui fait le succès de ce héros auprès des lecteurs. L’exercice s’avérant donc périlleux au niveau du scénario et les attentes étant très grandes au niveau du lectorat, le résultat ne manquera donc certainement pas de faire couler beaucoup d’encre.
Personnellement, si l’histoire est plutôt sympa elle ne répond pas vraiment à mes attentes. La première partie de l’histoire est un peu trop gentillette, mais le récit gagne en force lorsque notre héros commence à découvrir sa seconde nature, celle qui fait son succès. Difficile d’en dire beaucoup plus sans spoiler sur cette aventure tragique et contenant quelques rebondissements intéressants. Les personnages secondaires sont très réussis, le dessin est assez agréable (même si je préfère le travail du tandem Kubert-Isanove sur la série "1602") et le tout est efficace sans être (malheureusement) révolutionnaire.