Les banlieues françaises ont pris feu, donnant à ce "Le sourire du Clown" une dimension prophétique. En effet, il a été concu bien avant ces événements, toutefois plus exceptionnels par leur ampleur que par leur nature.
Rendu d'autant plus crédible de par ce côté "actuel", le scénario démoniaque de Brunschwig n'en prend que plus de poids.
Tout part d'une roulotte et de deux clowns qui tentent d'insuffler un peu de vie entre les tours de béton.
L'un d'eux est assassiné sous les yeux d'en enfant, qui n'a pas fini de s'en remettre.
Le lecteur non plus.
Bon c'est vrai que la bd, en apparence, m'a tout de suite attiré par la beauté de la couverture. Et rien qu'en la feuilleutant, j'ai pu voir à la qualité des dessins et à celle du papier que je tenais entre mes mains un.... chef d'oeuvre? oui sans doute.
A la première lecture, je n'ai pas tout compris, et je me demandais si je n'avais pas mal lu certaines pages. Puis en la relisant encore et encore, je n'en ai pas compris plus, il faudra attendre le deuxième tome, mais je me suis mis à vraiment apprecié cette bd.
Les dessins de Laurent Hirn sont quand même admirables et nous captivent par leur force, mais aussi par leur simplicité apparente.
Le scénario est captivant et comme le dit Yvan, on sent à un moment de la bd, que la tension est telle, que tout va exploser.
Certains passages sont tristes, d'autres plus violent, d'autres un peu marrant, .... bref les secrets qui différencient une bd d'une (très) bonne bande dessinée.
Le Sourire du Clown est une grande BD. C'est un point qui selon moi ne saurait être contesté. Le véritable souci de bien faire transpire dans ces pages sans que l'on est affaire à une démonstration de virtuosité malvenue. En effet, on peut souvent tombé dans une histoire certes nikelle, un dessin sans heurt, mais perdre une âme nécessaire à une BD. Ici, ce n'est pas le cas.
Les auteurs ont fait preuve d'un véritable talent d'anticipation tant le sujet traité a pris une résonnance particulière au cours des derniers mois (les émeutes en banlieues). Et même si on ne peut être que plus attentif à la BD grâce à (à cause de ?) cela, le scénario mérite que l'on ne s'attarde pas trop à cet évenement. Les dessins quant à eux sont magnifiques et les cadrages sont vraiment intelligent, tous répondant à un souci de compréhension ou d'émotions.
Il y a dans ces pages une véritable alchimie entre l'histoire et le dessin, qui se caractérise notamment par une tension énorme mais qui n'est jamais montré en tant que telle. En effet, nous ne sommes témoin des scènes, disons "chaudes", que de loin. Mais pourtant nous avons la certitude qu'elles se déroulent avec violence. De même, la tristesse qui accompagne la mort d'un personnage se fait sans véritables mots, juste avec une musique s'échappant d'un violon. Et je peux vous assurez qu'on l'entend, cette musique.
Bref, je pourrais vous citer plusieurs moments comme ceux-là où l'on se sent happé par l'histoire, mais la meilleure chose à faire est plutot de vous conseiller de lire cette grande BD.
Alors là, je m'incline devant le parfait résumé fait par yvan (lisez celui-ci plutôt que le mien).
Quelle superbe découverte ce "Le sourire du Clown". Autant vous l'avouer (j'ai honte) mais je n'avais encore jamais rien lu de Brunschwig (malgré ces séries précédentes à grand succès), et c'est donc avec aucun à priori que j'ai lu cet album.
L'histoire, yvan nous la résume très bien : c'est l'histoire d'une banlieue française qui peut s'embraser à tout moment, notamment à l'occasion des assassinats (à des époques différentes) des deux clowns qui égaient le quartier. Mais je dois aussi dire que le déroulement du scénario est assez complexe en fait. Parfois, on est à la limite de ne plus trop comprendre. Mais c'est là où Brunschwig est fort : cette limite n'est jamais dépassée. Beaucoup de zones d'ombres persistent à la fin de ce premier tome, suscitant désormais mon impatience quant à la sortie du prochain.
Mais là où cette BD est géniale, c'est sur les dessins de Hirn qui sont somptueux. Vraiment, chaque planche m'a régalé, les têtes de clown étant si expressives. Ajouté à cela, une qualité de papier digne de ce nom, et vous avez un album finalement triste et déroutant très réussit.