Ca y est! là la série a prit ses marques et on entre de plein pied dans l'univers et le ton des tuniques bleues qui vont prévaloir jusqu'à aujourd'hui. Le tandem Chesterfield/Blutch est au point et leurs caractères définitifs sont trouvés.
Pareil pour le dessin de Lambil. Quand je me replonge sur les derniers albums de Salvérius, j'ai toujours l'impression qu'un grand talent nous a quitté avant d'avoir pu donner toute sa mesure. Mais à partir de cet album, Lambil arrive à le remplacer et me le faire (presque) oublier.
L'histoire est bonne, pleine de cet humour cinique caractéristique, et pleine de charges de cavalerie...sans Stark pour l'instant.
Le personnage de Ralph me fait penser que jusqu'ici, il y avait encore de la place pour Bryan et Tripps. L'un d'entre eux aurait très bien pû jouer le rôle de ce nouveau compagnon.
Deuxième album de Lambil au dessin ; je dois dire que je le préfère nettement à celui de Salvérius. Cet album fonctionne une nouvelle fois sur le comique de répétition. Prisonniers des geôles sudistes, Blutch et Chesterfield multiplient les tentatives d’évasion.
Si les premières tentatives ne sont pas très originales et échouent lamentablement ; vers la fin, cela s’améliore nettement. J’ai bien aimé l’idée de la permutation d’identité, les Bleus se retrouvant Gris à la fin ; ils sont alors pourchassés par les deux camps, dans un quiproquo général.
D’ailleurs, la fin de l’album bénéficie d’une charge de cavalerie d’une grande virtuosité graphique. La fin de l’histoire est d’ailleurs très bonne, il y a une bonne dose d’ironie ; comme ce sera souvent le cas dans la série.