Cinquième album de Thorgal (et 200e post de votre serviteur), "Au-delà des ombres" est un album de grande qualité, ne serait-ce que par la superbe couverture à laquelle nous avons droit. J'ai rarement vu un visage en gros plan aussi finement tracé, à part peut-être pour l'album "Chihuahua Pearl" de la série "Blueberry". Tout est à la fois sombre et lumineux dans cet album. Sombre Thorgal, sombre histoire, sombre dénouement, qui viennent en parfait contraste avec l'émergence finale de Thorgal à la lumière, avec l'espoir pour Shaniah de racheter sa faute par son sacrifice, avec l'espoir de revoir Aaricia vivante, les exemples sont nombreux.
Le scénario utilise de manière subtile la ficelle des personnages récurrents, avec la seconde apparition de la gardienne des clés, clé de fer justement que Thorgal a conservé depuis le troisième épisode et qui va maintenant lui permettre de retourner au pays des ombres. On peut trouver bien mystérieux ce fameux pays, et se demander qui est cette gardienne et ce qu'elle y fait. Ces questions trouveront une réponse partielle dans le tome 17, autant dire que notre patience va être mise à rude épreuve.
Le scénario est très logique, c'est l'intermède entre l'introduction et le dénouement. Après avoir perdu sa femme, Thorgal doit sauver son âme, avant de la sauver physiquement, elle et l'enfant qu'elle porte et qu'il ne connaît pas encore. C'est très intéressant, et c'est même habile pour le scénario, de ne pas nous faire assister à la naissance de cet enfant dont les pouvoirs vont se révéler au fur et à mesure dans les prochains albums. Le dessin par contre, laisse quelquefois à désirer, parce que Rosinski fait des gros plans qu'il semble ne pas bien encore maîtriser, maisje ne susi pas spécialiste. Il me semble quand même que le visage de Thorgal, par exemple, est très déformé sur certains plans, au point de le rendre méconnaissable. Quand à la qualité du coloriage, elle est un peu en dent de scie, comme toujours. On a l'impression que certaines vignettes sont faites au pinceau tellement les couleurs sont inégales, et pourtant le résultat est loin d'être laid. Ce que c'est que le talent, tout de même !
Enfin pour conclure cette critique, on a encore rien appris de plus sur les origines de Thorgal, mais son caractère se confirme. Même si c'est une loque au début de l'album, qui retrouve sa force et sa fierté au fur et à mesure que l'espoir renait, c'est justement cette résurrection qui nous en apprends le plus sur ses motivations, sur l'homme qu'il est vraiment. C'est un héros, un vrai.
On (re)plonge en plein dans l'univers mythologique de Van Hamme. La représentation de la mort est pour moi l'une des meilleures que j'ai pu croiser.
Thorgal après avoir été le héros sans peur et sans reproche depuis le début se retrouve ici à l'opposé, lui donnant sans aucun doute un caractère humain profond.
L'ALBUM qui m'a définitivement fait aimé Thorgal, fils des étoiles.
Comme vous l’aurez compris en lisant les différents avis postés avant celui-ci, Au-delà des ombres marque une nouvelle étape dans le développement de la série Thorgal.
Une nouvelle étape surtout au niveau de l’histoire. En effet, le scénario n’a jamais été aussi réussi, aussi travaillé, et aussi bien pensé avant cet album. Van Hamme est plein de très bonnes idées, et il nous en livre quelques-unes dans cet album. Notamment la représentation de la mort, qui est assez intéressante et bien vue, ainsi que le prix de la vie de Aaricia, qui n’est autre qu’une autre vie en échange…
En effet, le scénario est donc très bon, et on peut dire sans trop se mouiller que c’est le meilleur tome de Thorgal de ce point de vue depuis le début de cette série. Mais côté dessin, en revanche je ne trouve pas de changement « majeur », certes depuis maintenant un ou deux albums, Rosinski maîtrise mieux son trait, et nous offre quelques cases très réussies, mais les couleurs restent assez fades. Alors bien sûr, cet album étant assez sombre, le manque de nuances des couleurs passe plus aisément, et cela donne un ensemble plus homogène…
Ce cinquième tome de Thorgal est sans conteste un très très bon album (le meilleur depuis le début de la série).
D'une part, Van Hamme réalise plusieurs coups de maître. Retrouver Thorgal en véritable loque humaine, se faisant marcher dessus, en pleine dépression apporte à ce héro jusqu'alors toujours parfait (beau, généreux, gentil, et fort) une nouvelle dimension qui n'est pas sans nous déplaire. De plus, j'ai adoré le final de cet album (je n'en dis pas plus).
D'autre part, c'est le premier tome que je prends plaisir à regarder. Rosinski maîtrise parfaitement son sujet. Même les couleurs, jusqu'alors pas vraiment top, collent bien avec le ton de l'album. Un cinquième tome surprenant, beau, émouvant, indispensable.
C'est, chronologiquement, le premier Thorgal majeur. "Au-delà des ombres" est un album particulièrement réussi, qui annonce déjà la superbe période qu'entamera le huitième tome.
Nous sommes au milieu de la trilogie de Brek Zarith. "La galère noire" a laissé Aaricia pour morte et a profondément marqué la vie de Thorgal, qu'on retrouve ici dans la peau d'une loque humaine ayant renoncé à une existence dont il ne percçoit plus le sens. On retrouve aussi Shaniah, la jeune écervelée à l'origine de drames et de morts multiples, qui tente d'expier sa faute. On voit à nouveau la gardienne des clés. Autant dire que si vous n'avez pas lu les précédents volumes, plusieurs élements vont vous échapper !
La représentation de la mort entourée de ses fils et le rebondissement final sont vraiment bien vus. Van Hamme est de plus en plus à l'aise dans l'univers de Thorgal et livre une intrigue passionnante et émouvante.
Rosinski, lui, est déjà au sommet ou presque : le trait est beau, précis, réaliste, avec un encrage tellement soigné qu'on aurait pu se passer de couleur (regardez la première planche...).
Incontournable, donc, cet album, et franchement plaisant à lire et relire.