L’histoire aurait pu être originale puisqu’Astérix et Obélix n’avaient jamais visité l’Inde, mais voilà cet album est bien représentatif de la lente agonie de la série. Vous me direz Uderzo a fait pire depuis cet album !
Dans cet album, l’humour est lourd, les situations téléphonées, les personnages stéréotypés, le scénario linéaire et sans surprise. On en vient à très vite s’ennuyer.
La scène dans la jungle est d’un intérêt très insuffisant et sert juste à montrer un défilé de fauves dangereux. On peut noter que les jeux de mot ne sont pas du tout fins. Uderzo n’a vraiment pas le talent de dialoguiste de Goscinny.
Le scénario oscille, sans arrêt, entre les contes des milles et une nuits d’origine orientale et les légendes indiennes. On peut, cependant, noter une petite référence amusante à la série "Iznogoud", autre série de Goscinny, avec la présence du rajah qui veut devenir rajah à la place du rajah. Mais que ceci est maigre…
C'est un Astérix bien particulier, il faut en convenir.
Le récit tourne essentiellement autour d'un tapis roulant, et l'histoire est cousue de fil blanc.
Lecteur, te demandes tu si nos héros vont arriver à temps ? Astérix patate le méchant à la dernière seconde, comme il se doit, et dévoiler cette ficelle n'a rien d'un parjure.
A part ça, et même si le récit, la plupart du temps décousu, ne brille ni par son intelligence, ni par son originalité, c'est un livre que l'on peut accepter.
Il est fort imparfait, vous l'avez compris, mais il n'est pas désagréable ni raté non plus, proposant quelques bonnes idées (César à Rome, la pluie du barde- y compris en intérieur, le drive-sanglier) et il reprend des thèmes connus: Idéfix et les arbres, un calife à la place du calife, les romains.
On est loin des GRANDS livres de la série, mais l'esprit est là.
Malgré l'absence (définitive, me suis je laissé dire) de Goscinny, ou à cause de cette dernière, le récit est correct, simplement.
Vu ce à quoi on a eu droit ensuite, c'est déjà ça...
Encore un Astérix signé par Uderzo, et celui-ci est un chef d’œuvre. Tout est bon. L’apparition d’un fakir et de son tapis volant sonne juste (contrairement aux extra-terrestres de l’horrible Le ciel lui tombe sur la tête). Celui-ci vient chercher le gaulois qui fait tomber la pluie et il s’agit … d’Assurancetourix. Voici donc à mes yeux une des bonnes idées de cet album, mettre en avant le personnage du barde (qui ne l’a guère été jusque là).
Une bonne partie de l’histoire raconte le voyage de nos amis vers l’Inde et celui-ci se marque par de nombreux rebondissements. Assurancetourix s’intègre bien au trios formé par nos héros (Astérix, Obélix et Idéfix). Il y’a de bons jeux de mots (« maintenant c’est un ascète garni » « mieux vaut voler avec un tapis persan volé qu’avec un tapis volant percé »).
Le dépaysement de cet album est aussi très bon. C’est d’ailleurs un des seuls que nous offrira Uderzo avec la Mésopotamie dans L’odyssée d’Astérix. Son dessin est, lui, toujours aussi bon. Uderzo maîtrise bien son sujet, et quand on lit un bon album comme celui-ci, on a du mal à comprendre qu’il ait pu signer une horreur comme Le ciel lui tombe sur la tête.
A noter qu’Uderzo fait une petite référence à la BD Iznogoud, personnage inventé par son ami disparu : Goscinny.