Bon, eh ben moi qui croyais qu'"Adèle Blanc-sec" était une série policière sérieuse, j'en suis pour mes frais !
En effet, à partir d'un cadre géographique et historique bien précis (le Paris de 1912), Tardi laisse libre cours à son imagination débridée, qui le mène aux portes du fantastique et du steampunk. Tout cela sans s'embarrasser de fioritures au niveau de la crédibilité de ses histoires.
Cela donne un ton bien particulier aux aventures d'Adèle, comme dans ce tome 3 où, aux prises avec un savant fou, elle croise la route d'un pithécanthrope miraculeusement ramené à la vie, mais aussi d'une drôle de machine que l'on croirait sortie tout droit d'un roman de Jules Verne ou d'une BD d'Edgar P. jacobs...
C'est le big bordel dans cet album, et même Adèle le reconnaît, elle qui n'aspire qu'à dormir en paix. Mais pourtant, ça se laisse lire, contre toute attente, parce que le talent de Tardi est là, et qu'on aime bien ses histoires.
Encore un excellent tome de cette série, qui va nous proposer une nouvelle dimension à laquelle on ne s'attendait vraiment pas. En effet, on pouvait croire que le ptérodactyle ressuscité, qui est un peu la base de l'histoire, était simplement le fruit de l'expérience d'un savant un peu excentrique, on dont on ne saura pas grand chose dans l'ensemble. Il n'en est rien. Dans ce tome, l'auteur nous explique avec beaucoup de talent pour une parenthèse qui n'arrive qu'au troisième tome, le pourquoi et le comment.
Loin de trouver que cette suite est un moyen de "tirer sur la ficelle", je trouve moi qu'elle donne une autre dimension à l'histoire, et même que, du coup, les deux premiers tomes prennent encore plus de saveur. Mais il est évident qu'il ne faut surtout pas lire cet album avant les autres. Adèle Blanc-sec est une série avant tout chronologique.
Le dessin de tardi a encore changé, les lignes sont plus rapides, l'action l'est aussi. Il y a de plus en plus de gros plans sur Adèle, qui servent admirablement le scénario. En effet, notre héroïne est de plus en plus dépassée par tous ces évènements, et en plus elle commence à en avoir marre et aimerait simplement qu'on lui foute la paix. Mais il y a trop de gens à qui elle fait ombrage, ou dans le destin desquels elle s'est immiscée, elle ne peut donc pas se dégager de l'intrigue aussi facilement.
Un très bon album à lire après les deux premiers, une valeur sure.
Tardi se livre avec cette série au petit jeu du feuilleton début XXe : on y croise et recroise des personnages souvent animés de mauvais sentiments à l’égard de l’héroïne. « Le savant fou » permet donc, dès les premières planches, de retrouver Espérandieu, le Ptérodactyle, Boutardieu ou encore Ménard. Autant dire qu’il ne serait pas forcément très judicieux de ne pas lire les épisodes dans l’ordre.
Ce troisième album, comme son titre l’indique, fait la part belle aux scientifiques en blouse blanche. Et comme l’indique toujours le titre, ces messieurs ont en commun d’avoir un petit grain. Adèle se retrouve de nouveau embringuée dans une histoire abracadabrantesque qui réunit nombre de personnages déjà aperçus. On sent que Tardi se fait plaisir en faisant réapparaître ces Méchants, dans une ambiance légère et second degré qui rend le lecteur complice de du divertissement.
N’empêche : l’intrigue manque un peu de profondeur cette fois-ci et « Le savant fou » est moins réussi que les tomes précédents. Lisez-le tout de même puisque le suivant, « Momies en folie », mérite le détour et que cette série sympathique vous fera passer de bons moments.
Je trouve ce tome d'Adèle Blanc Sec un peu plus tiré par les cheveux que les 2 premiers.
Le scénario est plus scabreux, avec quelques péripéties fort improbables, et une récupération d'anciens personnages de la série (1er Tome).
Avec tous les rappels et les retours (et d'autres choses pas si variées, qui sentent un peu la redite), on se demande si le but de Tardi, pour le scénario, n'était pas de réutiliser nombre de personnages du Tome 1.
Le dessin reste superbe, mais l'ouvrage est "un peu plat", trop c'est trop. C'est vrai que c'est loufoque et imprévu, mais, à force, ça devient aussi improbable !
Il y a moins de profondeur aussi pour les personnages que dans Le Démon de la Tour Eiffel.
Sans préjuger de la suite, on est à un tournant des Aventures d'Adèle, et Tardi doit absolument se renouveler s'il désire réussir le Tome 4 de la série.
Je voudrais tant mettre une note satisfaisante à ce tome mais beaucoup trop de choses sur le plan de la narration et l'histoire en elle même me gêne.
Si on prend en compte l'humour un peu décalé de l'auteur on peut concidèrer qu'il donne un petit bonus à l'album (même si il m'a fallu attendre le 3e tome pour l'adopter, ce qui n'est pas facile car l'humour est un peu lourd par moment), donc un petit plus.
En ce qui concerne le scénario je ne change pas d'avis c'est un peu trop étrange pour moi mais ceci est mon avis perso, si vous aimez le genre fantastique/policier n'ésitez pas une seconde.
Tardi met en oeuvre tout son art, Paris est remarquablement décrit (comme toujours).
Troisième aventure d'Adèle Blanc-Sec…
Je reste un peu perplexe pour attribuer une note à cet album, tant certains détails m'ont vraiment horripilé, notamment le ton de la narration qui semble avoir été écrite pour une bande de dégénérés. Blague à part, j'ai réellement été gêné par la redondance image / texte qui est très lourde par moments. Tardi dessine très bien, le trait est clair et l'image se suffit à elle-même, pas besoin de nous décrire à nouveau la scène avec le texte… C'est franchement pénible.
Autre détail pénible par moments aussi : les dialogues sont en décalage avec l'ambiance que le dessin suggère. Encore une fois le dessin est franchement bien, positionne de façon impeccable l'histoire dans le décor 1917. Les principaux personnages sont les mêmes que dans les aventures précédentes, sans grande surprise, mais l'arrivée de nouveaux visages est bien ficelée. La force de Tardi est quand même d'arriver à inventer un truc assez invraisemblable et de le faire passer pour plausible, là oui c'est quand même bien réussi. Mais ces dialogues bon sang, c'est risible de ridicule! A moins que Tardi n'ait voulu faire du second (ou troisième) degré et que je sois passé à côté (c'est possible après tout), mais par moments on frôle l'humour potache des humoristes les moins inspirés du petit écran. Le terrible "Elle est morte Adèle - mortadelle" est assez significatif… Dans le contexte ça ne va pas du tout, en tous cas ça m'a vraiment gêné.
Voilà donc la balance des qualités et des défauts que j'ai pu relever dans cette BD, et pour les deux éléments narratifs évoqués ci-dessus je fais tomber la note d'1 point...