Deux bonne raisons d'avoir envie de lire la série Bruno Brazil : la nostalgie de cette série phare du journal Tintin, dans les années soixante-dix, et la réunion d'un scénariste et d'un dessinateur de renom : Greg et Vance. Greg n'est pas uniquement connu pour le célébrissime "Achille Talon", mais aussi pour sa colaboration à "Comanche" et "Bernard Prince" (avec Hermann), "Luc Orient", (avec Eddy Paape), "Olivier Rameau" (avec Dany), etc ... On ne présente plus nom plus Vance, dessinateur de "XIII", "Marshall Blueberry", "Bob Morane" etc...
Pour commencer la série, attaquons-nous au premier tome : "Le requin qui mourut deux fois", bien que se soit loin d'être le meilleur. Je ne vous le recommande que si vous voulez absolument commencer votre lecture dans l'ordre chronologique. Son plus gros défaut est, à mon avis, le scénario, qui est très (trop) compliqué. Un ancien espion Nazi, présumé mort, retrouvé vivant 15 ans plus tard (nous sommes en 1970), qui connaît le secret d'une épave sous-marine remplie d'or, dont tout le monde connaît l'existence, mais que personne n'a cherché jusque-là. Il est bien plus logique d'attendre que le Nazi refasse surface pour lui coller Bruno Brazil aux trousses. De plus, ce scénario est affligé de ruses, tricheries, marché de dupes, tout le monde pense tromper tout le monde, sauf bien entendu Bruno Brazil qui avait tout compris, mais qui faisait semblant pour ... quoi au fait ? On se le demande ? Non, il fait semblant parce que sinon il n'y a pas d'histoire ....
Le dessin fait sourire les fans de Vance qui reconnaissent déjà les traits inimitables de ses personnages, à la mode des années 70. Le pauvre Bruno en maillot de bain de l'époque a autant de sex-appeal qu'une huitre, mais c'est l'époque qui veut ça. Le coloriage de Pétra est honnête, sans plus, peut-être même un peu trop sombre.
Bref, cet album n'est peut-être pas idéal pour faire connaissance avec Bruno Brazil, mais il faut un peu laisser aux auteurs le temps de mettre leurs idées en place. En dehors du manque de qualité de l'album, Bruno Brazil est un héros mythique. Lancez-vous avec lui dans l'aventure, vous ne le regretterez pas !!!
Le Ier tome de Bruno Brazil est d'un grand classicisme.
Le scénario mêle espionnage et chasse au trésor dans un pays d'Amérique latine. Rien de transcendant mais un récit intelligent et plutôt bien mené par Greg. C'est surtout l'occasion de découvrir les caractéristiques du héros : charmeur, sûr de lui, d'un sang froid à toute épreuve mais également battant.
Au niveau du dessin Vance étale déjà une maîtrise certaine du découpage et du cadrage. Les séquences de poursuites automobiles notamment, sont très réussies.
On peut tout de même noter que son trait est un peu raide pour ce qui est des corps et des attitudes des personnages. Mine de rien ce défaut de fluidité s'avère regrettable car il nuit à l'immersion. Ainsi l'aventure se lit avec plaisir mais sans excitation ou émotion particulière. Heureusement, par la suite Vance va peu à peu progesser dans ce domaine.
Le bien bel et bon héros que voilà !...
Lorsqu'il fait sa première apparition dans l'hebdomadaire "Tintin" n° 3, 22ème année, du 17 Janvier 1967, les lecteurs découvrent un solide gaillard, bien de sa personne, cultivé, élancé, la chevelure -curieusement- prématurément blanchie... ce qui lui donne un certain charme. Tel James Bond il travaille seul... au départ. Il s'entourera, dans la suite de ses aventures, d'une équipe de "baroudeurs" dont chacun a sa spécialité.
Ensemble, ils vivront de nombreuses -et souvent dramatiques- péripéties sous la houlette d'un scénariste en grande forme.
Vance, dans ce premier opus, fait déjà montre d'une grande maturité graphique. Le trait est soigné, le cadrage est audacieux, la "mise en scène" du scénario de grande qualité.
Scénario bien construit, dessin fort qui nous en met -déjà- "plein la vue", mise en page de qualité... que vous-faut'il de plus pour re(découvrir) ce personnage ?...
NOTICE INFO :
L'édition originale de cet album est brochée (souple) et paraît en 1969 au Lombard.
Le scénariste, Michel Regnier dit "Greg" signe ici l'album d'un autre pseudo : Louis Albert.