Quelle serait notre réaction si l’on apprenait que nous allions être le dernier mort de la Grande Guerre ? Voilà le point de départ de ce roman graphique signé Dumontheuil qui narre le sort de Simon Virjusse dernier « sacrifié national » de la guerre 14-18.
Comme toujours avec l’auteur de qui a tué l’idiot : on flirte avec l’absurde et le surréalisme.
Le Roi cassé c’est l’histoire de la schizophrénie d’un homme qui oscille entre le rôle de lâche et de déserteur qu’il se donne au combat et celui de héros national (dernier mort pour la patrie « tout un symbole ») que le gouvernement essaye de lui attribuer.
Dumontheuil lorgne du côté de Tardi, autre grand spécialiste de la Première Guerre mondiale. Son propos est tout aussi sombre : dénonciation de la guerre, rôle trouble des officiers et des politiques, glorification d’un faux héros, réflexion sur la mort et le sens de la vie.
Si l’histoire est plutôt originale, je dois, cependant, avouer avoir été moyennement passionné. Le titre de roi cassé n’étant pas, à mon avis, le plus adéquat. En réalité, il n’est que peu question de ce royaume souterrain où règnent les gueules cassées (moins d’une dizaine de pages dans le livre). Le dessin de Dumontheuil ne m’a pas toujours convaincu. La narration souffre parfois de quelques lenteurs (normal sur 96 pages).
Malgré ces quelques défauts, cela vaut quand même la peine qu’on se penche sur la vie et la mort de Simon Virjusse.
Premier album que je lis, de Dumontheuil, et, je l’espère, pas mon “préféré”.
En effet, si au début j’ai accepté le postulat de départ, loufoque mais pour le moins original, par la suite, je n’ai plus joué le jeu. Trop absurde pour moi, et surtout exploité de façon trop outrancière, trop systématique et caricaturale.
Etonnant tous ces auteurs qui représentent la première guerre mondiale de cette façon, à la fois absurde et cynique : Larcenet (“Une aventure rocambolesque de ...” Van Gogh, en l’occurrence), David B. (“La lecture des ruines”), Tardi ( “La Véritable histoire du soldat inconnu” ). Est-ce le sujet, trop grave, trop monstrueux, trop sujet à cinglante critique à l’égard des états-majors, qui fait prendre à ces auteurs le chemin de traverse du fantastique et de l’invraisemblance ?
J’ai aussi découvert le style graphique de Dumontheuil, avec cet album, et je dois dire que j’aime assez sa façon de dessiner Paris. C’est déjà ça.
Et si j'avais fait ceci, et si il y avait cela,... on pourrait en dire des dizaines comme ceci, la question étant ici et si l'on décidait qu'il y ait un dernier mort, et que pendant 9 mois jusqu'à novembre 1918 on ne fasse plus la guerre pour sauver ainsi des milliers de vie. Cela "tombe" sur un poilu qui devra attendre le 11 novembre, jour qui symbolisera pour lui et pour la france, la mort d'un héro et la naissance d'un inconnu.
Dès les premiers cases, j'ai tout de suite aimé le dessin qui me rappelle par certains cotés celui de Manu Larcenet. C'est la première bd de Dumontheuil que je lis et cela me donne bien envie de lire ses autres bds. On est embarqué avec plaisir dans ce monde absurde, et l'on s'émerveillle des différentes rencontres absurdes que fait le héro.
Le scénario est pour le moins original et il fallait y penser. Il est d'ailleurs amusant de regarder les conséquences que cela entraine pour notre héro dans sa vie de tout les jours, mais aussi lorsqu'il "meurt" et la nouvelle vie qui lui est offerte. J'ai bien apprécié la longeur de cette bande desinée (96 pages).
La fin m'a par contre un peu déçu, je m'attendait à une fin plus magistrale par rapport au reste de la bande dessinée, mais en même temps cette bd trempe dans l'absurde et la fin nous le rappelle bien. Voila sans doute une des meilleurs bd que j'ai lue depuis longtemps et que je conseille à tout le monde.
Dans cet album, Dumontheuil nous balance une invraisemblable histoire d'un poilu de 14-18 à qui on propose de devenir le "dernier mort" de la Grande Guerre, et d'ainsi épargner les vies de tous les autres.
Une fois rentré dans la capitale, chez son père tenancier de bistrot, il est accueilli en héros, avant de provoquer le rejet d'une population qui supporte mal la culpabilité que ce "sacrifice" leur renvoie.
Cet album, c'est un peu le "Voyage au bout de la nuit" de Céline. Le Paris d'entre-deux-guerres ressemble à l'urbanisme d'un Nestor Burma ; et les catacombes ont un relent d'Adèle Blanc-Sec de Tardi.
Le dessin de l'auteur est dégingandé et fait merveille. Dumontheuil dégage une aptitude à faire fleurir l'irréel. Il nous balance un scénario dont certains bons auteurs oseraient à peine en rêver.
Petit bémol personnel : il manque juste une sorte de final qui aurait pu être flamboyant. Un final qui aurait assuré à cette oeuvre sa pérennité totale. N'empêche, c'est vraiment bien imaginé et réalisé.
Nous sommes le jours de l'armistice, les soldat attendent impatiemment que les cloches tintinnabulent l'heure de la libération, l'heure de la fin de la guerre.
Loins d'eux, caché dans une maison en ruine qui a la forme géographique de la France, le déserteur simon Virjusse attend lui aussi. Mais voilà, deux soldats ennemis s'approchent, il les tue, mais par mesgardes… il y passe aussi. La Mort dégoutée par la boucherie de la guerre propose un deal à Virjusse.
Dumontheuil, l'auteur de "Qui a tué l'idiot?" et de "La femme floue" nous offre encore une foi un bel album, exceptionnel, unique et proche de l'onirisme. Il utilise ici la première guerre mondiale pour reprocher la stupidité et l'horreur de celle-ci mais hors des champs de bataille. L'histoire se passe à l'arrière des front, dans Paris, et montre clairement la bêtise humaine et l'imbécillité des gens à vouloir faire de Virjusse un héros de guerre. Dumontheuil nous gâte vraiment et nous offre scénariquement et graphiquement tout ce qu'il sait faire, du plus horrible et dérangeant au plus incroyable et humoristique.
Dumontheuil nous propose un point de depart absurde: a quoi bon continuer de se battre lorsque l'on connait le dernier mort de la guerre? Alors commence le cauchemard de Simon Virjusse, d'abord considéré en héros puis harcelé. Il perd sa liberté et peu à peu sa raison face au monde qui veut le voir mort le 11 novembre 1918.
Plus raisonnable que dans la femme floue, l'auteur nous livre une bien etrange destinée à ce soldat qui, par son nom et sa mort, se perd.
L’idée de départ est très originale : considérant que seuls le premier et le dernier mort d’une guerre ont une réelle portée, puisqu’ils marquent le début et la fin, pourquoi s’entretuer entre-temps ? C’est à la Mort elle-même, dégoûtée par cette grande boucherie, que l’on doit la proposition de revenir 9 mois avant l’armistice, d’annoncer au chef d’état le nom du dernier mort et d‘attendre sagement la date fatidique.
En sacrifiant symboliquement son nom sur l’autel du patriotisme, le (mal)heureux élu, nouveau héros national, s’expose aux réactions exacerbées de tout un peuple. Le récit est une suite intelligente de situations décalées, dans lesquelles les dialogues occupent une place prépondérante. L’occasion pour l’auteur de nous livrer quelques réflexions sur la bêtise et la folie humaine.
La fin est géniale d’absurdité. Le 11 novembre, la mise en scène concoctée par le président de la République débouche sur une situation surréaliste, à tel point que Simon et le lecteur se retrouvent seuls devant l’inexplicable. Et le pire est encore à venir pour le poilu…
Graphiquement, le dessin privilégie l’expressivité des personnages à l’esthétique. Les décors sont assez détaillés. Les couleurs sont malheureusement fades.
En résumé : un très bon début, une excellente fin et un bon développement entre les deux (quoique souffrant de quelques longueurs).
Voilà qui me donne envie de découvrir d’autres œuvres de Dumontheuil.
Etant donné que "Qui a Tué l'Idiot" figure toujours sur la liste de mes BDs à lire absolument, cet album est la première œuvre de Nicolas Dumontheuil que j’ai lu.
A la lecture des premières planches c’est surtout l’absurdité et l’originalité du scénario qui m’a attiré. On se retrouve en compagnie de Simon Virjusse, dernier mort de la Première Guerre Mondiale avant l’armistice du 11 novembre. Seulement, la Mort en personne est écœurée par le carnage de cette guerre et décide de remonter le temps de 9 mois, tout en présentant un Simon Virjusse (ignorant tout de son futur) comme le dernier mort de cette guerre. La mort signe un pacte avec les autorités afin d’éviter tout meurtre jusqu’à l’armistice, propulsant Simon en véritable héros national et symbole de l’armistice qui arrivera dans 9 mois.
Un scénario complètement déjanté, une narration excellente et surtout un personnage de la Mort qui m’a totalement séduit. Cela m’a donc navré de voir ce personnage cocasse disparaître après quelques planches et abandonner Simon face à la société. C’est à ce moment que Dumontheuil prend plaisir à mettre en évidence la stupidité de la guerre, de ses dirigeants, l’absurdité de la société face à ses idoles et les péripéties de ce héros malgré lui.
C’est avec brio que Dumontheuil met à nu ces héros qui naissent malgré eux, qui ne parviennent pas à vivre avec leur nouveau statut qui s’avère souvent éphémère. Malgré un scénario absurde à la base Dumontheuil parvient donc à mettre à jour un phénomène de héros soudains, qui est de plus en plus fréquent de nos jours depuis le boum de la télé réalité.
Personnellement j’ai fort apprécié les passages qui incluent le personnage de la mort, le dialogue avec Jésus et les scènes au Paradis. Le reste, même si c’est très bien narré et abordé, m’a moins accroché pour une raison que j’ignore.
J’ai trouvé le dessin très agréable et je trouve qu’il sied parfaitement à ce récit très copieux (plus de 90 pages) et original.