Moi qui ne suis pas spécialement friand des histoires d'espionnage, de guerre froide et autres CIA et KGB, je dois dire que j'ai trouvé ce premier opus plutôt convainquant.
Il faut dire que l'auteur fait des efforts pour que l'immersion du lecteur soit la plus grande possible.
Ainsi, on peut parler des flash-backs qui nous font alterner entre deux époques (voire trois) qu'a vécues le héros, Floyd. Ca permet aussi de voir l'évolution du personnage qui va changer en même temps que l'Histoire avec un grand H. Les dialogues aussi sont plutôt bien sentis. On se croirait dans un film noir, d'autant que les cadrages ont quelque chose de cinématographique.
Côté graphique, Labiano nous offre un trait semi-réaliste qui ne me touche pas plus que ça. Ceci dit, il faut reconnaître que ça colle bien à l'ambiance de la BD, et on se croirait vraiment dans les années 50-60 (même si certaines scènes se passent de nos jours).
C'est donc une bonne BD d'espionnage qui commence.
Tout commence en 1945 quand un petit garçon, prénommé Floyd, apprend que son père vient d'être tué par les communistes.
Sa vocation est alors toute tracée : il travaillera pour les services secrets de son pays.
En 1965, il débute sa carrière en Inde. Il y fait la connaissance d'un certain Nechkov, un agent du KGB qui travaille aussi visiblement pour d'autres mystérieux partenaires. Ils collaborent à l'exil d'un savant soviétique dissident. Près de quarante ans plus tard, leurs chemins vont à nouveau se croiser lorsque Floyd, à présent fringuant sexagénaire, découvre qu'il est à la tête du réseau criminel russe installé en Floride...
Dans cet épisode initial, tous les ingrédients sont réunis pour accrocher le lecteur et le tenir en haleine lors des suites prévues. Desberg utilise sa parfaite maîtrise des coulisses de la politique américaine pour peaufiner un scénario en béton, basé sur les relations tissées entre la C.I.A. et la mafia russe. Costaud.
Floyd Whitman, un ex agent de la CIA, enquête sur une fraude électorale de grande envergure. Du coup, Floyd se retrouve avec deux tueurs russes bien décidés à le liquider sur le dos. C’est là qu’il se souvient de Vladen Nechkov qui l’avait aidé à faire passer à l’occident un savant russe et qui est aujourd’hui à la tête de la mafia russe américaine.
A l’aide de flash-back bien dosés, Desberg nous en apprend plus sur les liens entre la CIA et la mafia russe et sur le passé de Floyd, dont le père fût tué par les communistes.
L’ambiance CIA pendant la guerre froide et un scénario accrocheur dès les premières planches ont tout pour convaincre le lecteur de la qualité de ce thriller d’espionnage. L’intrigue est distillée avec soin et l’arrière plan politique augmente l’intérêt d’une histoire d’espionnage plutôt classique.
Du côté du dessin, même si le découpage est irréprochable, la façon de dessiner les personnages rend parfois difficile de reconnaître ceux-ci de loin et c’est bien dommage.
Bref, un thriller classique mais efficace, au scénario et à l’ambiance sympa et qui devrait faire mouche chez beaucoup de lecteurs.