Nous plongeons ici dans les landes perdues de la perfide Albion.
Un médecin surdoué, mais atteint de différentes faiblesses physiques, éprouve bien du mal à affronter son quotidien.
Mais si ses semblables le fuient un peu, il a le don de s'attirer la sympathie de tout ce qui compte d'étrange dans cet univers truffé de croyances populaires tenaces...
Et de la réalité au fantastique, il n'y a souvent qu'un pas que cet homme va franchir.
Un récit d'une belle puissance graphique qui permet à Sorel de nous démontrer toute l'étendue de son talent.
Quand vous voyez ‘seconde partie’ sur un tome d’Algernon Woodcock cela veut dire qu’Algernon va élucider les mystères du tome précédent, faire tomber vos questions une à une et vous emmenez un peu plus dans ce monde parallèle dont il détient la clef.
Et malgré la fin en apothéose du tome précédent Algernon Woodcock va ouvrir un œil sur la réalité et revenir parmi notre monde afin d’honorer la promesse qu’il a fait à Keridwen. Il va ensuite ouvrir l’autre œil et jeter un regard sur le monde fantastique et mystérieux qui entoure la réalité et qui semble gérer sa destinée.
Ce tome va ouvrir les yeux du lecteur et lever le voile sur une partie de la magie et du mystère du monde d’Algernon Woodcock, car un grand destin attend probablement cet homme de petite taille.
Ce tome boucle non seulement brillamment ce second diptyque, il élargit également notre vision du premier cycle «œil Fé». L’ambiance, la narration posée et fine et le graphisme somptueux nous plongent dans une aventure fantastique au milieu des légendes écossaises.
Comment, que vois-je, je n'ai pas encore avisé ce 4e opus de la série Algernon Woodcock ? Je vais de ce pas corriger cette monumentale erreur.
Cette deuxième partie de 7 cœurs d’Arran clôt avec une incroyable maîtrise le scénario entamé dans le précédent volet.
Autant les premiers albums pouvaient sembler parfois un peu confus et obscur au niveau du scénario, autant ce deuxième diptyque hisse cet album au rang des perles de la bibliographie des deux auteurs. On en apprend ici davantage sur les pouvoirs que l’œil fée octroie à Algernon, même si les auteurs en profitent pour soulever d’autres questions et de nouveaux mystères, ce qui nous fait attendre avec impatience le prochain album.
Le dessin… comment dire … je suis déjà tout sauf objectif avec le travail de Sorel, mais là c’est au-delà de tout ce que j’ai pu voir jusque là. Son trait torturé et vif est parfait pour nous plonger dans cette ambiance de mystère et de magie, magnifié par des cadrages et une mise en couleur sans précédent, notamment dans la mise en scène des landes verdoyantes.