J'ai déjà eu l'occasion d'écrire sur coinbd que la série "Soda" était d'une qualité assez exceptionnelle dans son ensemble. "Prières et balistique", sans vraiment me faire mentir, est l'un des moins bons albums (avec "Lève-toi et meurs") tout en restant honorable.
Honorable puisque les dessins de Gazzotti sont toujours aussi bons. Le découpage est très dynamique dans les scènes d'action, et le New York recréé au fil des albums par les auteurs conserve toute sa substance.
Honorable aussi, le scénario de Tome se lit sans déplaisir et aborde le thème de la contrebande de produits radioactifs facilitée par la chute du bloc communiste au début des années 1990. Il y a de l'action, des dialogues percutants, autrement dit des qualités qu'on associe au nom de Philippe Tome.
Mais ce 11e Soda est globalement moins réussi. Le ton y est plus grave, comme dans "Lève-toi et meurs", ce qui cadre finalement moins avec l'univers du lieutenant Solomon. Ce dernier connaît une évolution psychologique, pour ne pas dire une transformation, qui désarçonne le lecteur. Que Soda pense à se ranger, passe encore, mais qu'il soit tenté de passer du côté des ripoux ?! Cela cadre mal avec le personnage qu'on a appris à connaître. Du coup, certaines scènes sont douteuses, le sang versé paraît bien plus salir les mains de Soda...
Décidément, Philippe Tome aime se renouveler et se mettre en danger. Espérons tout de même que l'on retrouvera très vite Solomon et Tchaïkowsky dans de meilleures dispositions car ce tome risque de vous laisser sur votre faim.
Usé par la violence qu'il cotoie au quotidien, lassé de jouer un double jeu avec sa mère, cardiaque, en lui faisant croire qu'il est pasteur, le lieutenant Solomon est de plus en plus taraudé par l'idée de quitter New York pour une retraite anticipée tellement plus paisible.
Mais comment la financer ?... Lorsqu'un truand lui parle de l'opération "Mercure Rouge", basée sur un trafic de matières fissiles et pouvant rapporter dix millions de dollars, ce n'est pas seulement l'oreille du flic qui se tend...
Un polar musclé, mené tambour battant, où les couleurs dominantes sont le rouge de l'hémoglobine et le noir de l'humour cynique.
Un opus "speedé", aidé par le trait et la mise en scène de Gazzotti qui sont tout, sauf figés.
Alors celui là, par contre, je n’ai pas vraiment accroché. Pourquoi ? Peut être parce qu’on sent la fin de la série et que Tome cherche à conclure l’histoire ? Mais non, ce n’est pas seulement pour ça.
Cet album a la particularité de changer complètement le héros. Je comprend ses envies, ses espoirs, sa vision des choses et tout mais c’est trop brutal. Soda qui deviendrait un ripou ? Non, je n’y crois pas. Ca change trop le personnage. Et pendant toute la lecture de l’album, je ne le reconnaissais pas, je n’adhérais pas à l’histoire. Y’a une chose qui arrive qu’on attend depuis longtemps mais là, ça sort du récit, ça ne colle pas tellement avec l’histoire, c’est mal amené. Et puis, à la fin, ça devient incohérent.
Bref, une petite déception sur cet album et une belle angoisse sur le futur 12ème et dernier tome annoncé pour bientôt !