Notons qu’avant de lire le quatrième tome de cette série parallèle à "Donjon Zenith" située dans le futur, il vaut mieux lire les tomes 3 et 4 de "Donjon Monsters" (La Carte Majeure et Le Noir Seigneur). Avec le tome précédent, ces deux tomes forment en effet une trilogie consacrée à l’explosion de Terra Amata.
Le lecteur se retrouve donc dans un univers de donjon transformé en un univers post-apocalyptique assez surprenant. Ce nouveau décor composé d’amas d'îlots éclatés à une conséquence importante sur le mode de voyage. Alors qu’avant les personnages se déplaçaient logiquement là où ils voulaient se rendre, ce sont maintenant les endroits qui se déplacent de manière pas si chaotique qu’il n’y paraît. Si cette nouvelle manière de se déplacer ne rend pas le voyage de Marvin Rouge, parti à la recherche de Zakûtu, plus facile, il le rend par contre assez amusant, avec des systèmes de mesure du temps parfois hilarants. Le ton sombre des albums précédents, situés à l’aube de l’apocalypse, fait d’ailleurs à nouveau place à une ambiance plus légère, emplie d’humour ; le périple de nos amis passant même par une île paradisiaque.
Si ce tome aborde l’émancipation des femmes, le rôle des nouveaux pères, ainsi que l’inutilité et l’archaïsme de certains préceptes religieux, ce sont surtout les révélations concernant le Roi Poussière et sa famille qui raviront les fans. L’autre point positif est le travail des Kerascoët (pseudonyme breton du couple d’auteurs Marie Pommepuy et Sébastien Cosset), qui s’inscrit parfaitement dans la lignée graphique du reste de la série.
Avec cet album, j'étais heureux de retrouver la suite de "Donjon Crépuscule", série qui a longtemps été presque ma préférée de l'univers Donjon. Mais j'ai été déçu. Cela reste un bon album, mais comparé aux autres Donjon, cela ne me convient que moyennement.
D'abord à cause du dessin car je n'aime guère le style des Kerascoët. Il est vrai que je n'étais déjà pas fan du dessin de Sfar mais là, je trouve celui-ci encore plus... simple. La technique est là, rien à dire, mais je n'apprécie pas le manque de détail des personnages et de certains décors. Le trait me semble trop lâché, parfois trop épuré, presque inachevé quand je regarde le Roi Poussière par exemple.
Quant à l'histoire, elle est sympa mais j'y ressens trop l'esprit de Sfar et pas assez celui de Trondheim. L'aventure et l'humour laissent trop la place la philosophie Sfarienne. J'y ai ressenti trop de leçons de morale. C'est plaisant, intelligent, mais ce n'est pas ce que je cherche dans la lecture d'un album de Donjon.
Et c'est tout le scénario de cet album que j'ai ressenti comme une grosse pause dans le récit de"Donjon Crépuscule", une récréation des personnages et des auteurs durant laquelle l'intrigue de base n'avance pas ou presque.
Ce sont de bien nombreux reproches que je fais là mais dans les faits j'ai bien aimé ma lecture et je ne suis pas mécontent que cet album soit dans ma bibliothèque. Ce n'est juste pas mon préféré de la série.