Taniguchi occupe une place particulière en Europe. C'est certainement l'auteur de manga qui a su le premier s'imposer au-delà du cercle habituel des amateurs du genre, ayant même séduit avec "Quartier Lointain" ou "Le journal de mon père" des lecteurs hostiles à la prétendue naiaiserie de la bande dessinée nipppone. Si la réputation élogieuse de Taniguchi n'a rien d'usurpé, il vaut mieux ne pas découvrir cet auteur avec "Terre de rêves".
Cet album est un recueil de cinq histoires, souvent liées les unes aux autres si l'on excepte la dernière, qu'il aurait semblé plus judicieux de publier en complément au "Le sommet des dieux". On retrouve l'ambiance Taniguchi, en particulier celle de "L'homme qui marche" : l'auteur est dans le contemplatif, dans la sublimation de scènes et de gestes de la vie quotidienne. Le côté plus inventif et plus émotif de "Quartier Lointain" n'apparaît pas ici. C'est lié au thème choisi par Taniguchi : la relation d'un couple fadasse avec les animaux, écrite et dessinée à une époque où l'auteur avait perdu un chien auquel il était très attaché.
Le thème est donc nettement moins universel que celui de la relation avec les humains développée dans d'autres albums. Et sans le vouloir, Taniguchi frôle plusieurs fois le ridicule. Les personnages principaux, déjà, manquent vraiment de relief et leur rapport excessif aux animaux paraît tellement être un pis-aller à l'absence d'enfant dans leur couple que cela en devient pathétique. Il me paraît difficile de rester sérieux quand on voit la femme se mettre à mi-temps parce que son chien est malade ! Les chatons, désignés comme un "garçon très vif" et "une petite fille un peu timide", mettent mal à l'aise car Taniguchi ne cherche pas à montrer une relation démesurée : pour lui, c'est au contraire admirable. Difficile d'adhérer au propos...
L'album, au final, est assez ennuyeux et me semble le moins réussi de tous ceux que j'ai pu lire de cet auteur talentueux. A réserver à ceux qui veulent lire l'intégralité de sa production, pendant que les néophytes iront vers des valeurs plus sûres ("Quartier Lointain", pourquoi pas !).
Je ne suis pas fan de Manga, mais à force de lire que Taniguchi était un auteur génial, j'ai voulu essayer de lire un de ses récits. Il se trouve que je suis tombé par hasard à la bibliothèque sur "Terre de rêve". Bon, je suis un peu déçu. Franchement faire 45 pages sur l'agonie d'un chien m'a semblé bien long. Non pas que la manière de raconter soit en cause, ni même le dessin plutôt simple mais en même temps précis, mais je me suis ennuyé tout simplement. Quand j'ai vu ensuite que l'histoire continuait avec les chats, j'ai stoppé cette lecture sans relief. pourtant, l'auteur émet des messages, parfois tendres ou tragiques, parfois même accusateurs mais ce n'est pas suffisant pour donner un intérêt fort à ce récit. C'est rare que je ne finisse pas un livre ou une Bd mais là je bloque.
Jirô Taniguchi est un auteur d’exception qui n’a pas besoin de parler de guerre, cataclysme ou génocide pour nous émouvoir. C’est avec les petits détails du quotidien qu’il parvient à libérer l’émotion, que ce soit une simple balade en rue ou un repas au restaurant : il ne lui faut pas plus, et c’est ce qui fait la grandeur de ce narrateur hors paire.
Dans cet album qui regroupe cinq nouvelles initialement parues au Japon entre 1991 et 1992 dans Big Comic, Taiguchi va chercher son inspiration dans le quotidien d’un couple sans enfants, tout en s’inspirant de sa vie personnelle et des derniers instants passés aux côtés de son vieux chien.
Ce sont des histoires toutes simples, mais comme d’habitude Taniguchi parvient à en extraire ce qu’il y a de plus profond. En abordant l’affection que porte ce couple à leur chien, à leurs chats ou à leur petite nièce, de façon intimiste, il parvient à aborder des sujets profonds comme la vieillesse, la mort et le rapport entre l’homme et l’animal.
Le dernier récit, lui, s’éloigne du style contemplatif que l’on retrouve également dans ses chef-d’œuvres "Quartier Lointain", "Le journal de mon père" ou "Un ciel radieux", pour aborder deux thèmes que Taniguchi maîtrise également à merveille : la montagne et la nature. Ce dernier récit qui se déroule dans un environnement totalement différent que les quatre précédents peut donc ne pas paraître à sa place à première vue, mais étant donné le rapport qui s’installe entre l’alpiniste dont il est question et la panthère des neiges, on y retrouve également ce rapport entre l’homme et l’animal, même si ici cet animal n’est pas vraiment domestique.
Ce n’est peut-être pas le meilleur Taniguchi, mais c’est du Taniguchi et cela suffit amplement à mon bonheur. Notons également que dans la postface de "Un ciel radieux", on apprend ce qu’est devenu le chat de Taniguchi qui se nomme Boro, et dont il est question dans une de ces cinq nouvelles.
Mouais.... bof bof. Bon, je n'ai en fait vraiment pas accrocher avec le sujet . Faire tout un album sur l'histoire de la fin de vie d'un animal, je ne trouve personellemment pas ceci super passionant, et même presque parfois à la limite du "pathetique".
Ceci est peut être du au fait que je n'ai pas de chiens, je ne sais pas.... mais pour la première fois dans un album de Taniguchi , eh bien je me suis embêté. Pour la première fois sans doute dans une bd, je ne'ai pas réussi à lire jusqu'au bout, et j'ai sauté la moitié de l'album, afin de voire une fin qui m'a franchement déçu; on a vraiment l'impression qu'il a puisé dans ses albums précédents afin de faire un tel final.
Bon, on ne peut tout de même contester la qualité de narration de Taniguchi, la qualité des dessins, mais tout ceci ne m'a pas suffit pour que je puisse accrocher à l'histoire. Bref, un album qui m'a rééelement déçu, et que je considère come l'un des moins bons, d'un de mes auteurs préféré qu'est Jirô Taniguchi.
Tanigushi est vraisemblablement le dessinateur japonais qui se rapproche le plus du style de la BD occidentale.
Ce mangaka est l'auteur d'une oeuvre d'exception... si on avait la chance de la voir entièrement traduite en français ; ce qui n'est pas le cas.
Tanigushi, c'est une sorte d'expérience de la contemplation mise sur papier. Un auteur dont les récits, au dessin d'une grande clarté, sont imaginés avec rien... ou presque. Un arbre qui fait de l'ombre sur le jardin, un détail anodin de la vie quotidienne...
Cet album nous présente cinq chapitres et autant d'histoires, dont la plus éloquente s'attache à raconter les derniers jours de Tam Tam, le vieux chien d'un couple sans enfants.
L'émotion suinte, la poésie nous parle, la tristesse se tait.
Cet album est une subtile rencontre entre l'Occident et l'Extrême-Orient. 175 pages d'un auteur à l'humanité internationale. Du grand art.
Pfft ! C'est magistral !
Réussir un livre avec des récits quotidiens simples, des aventures qui ne bougent pas dans tous les sens, du calme, de la réflexion, des valeurs sentimentales et des choix de vie: c'est fort.
Taniguchi m'impressionne une fois encore par ses récits (ici 5 courtes histoires, quand même chronologiquement liées) et par la manière dont il sait toucher le lecteur.
J'ai toujours le sentiment qu'il s'agit d'un moment de lecture privilégiée, d'un passage de bien être où l'on se ressource en prenant le temps.
Pause de nos vies, l'atmosphère du livre nous gagne, une fois encore chez ce magicien du récit des choses simples et sa manière de parler des animaux (chien, chat, panthère) est époustouflante.
Le dessin, détaillé, les personnages, un peu toujours les mêmes (mais il existe aussi des nuances) reposent aussi, mais l'émotion est plus au niveau du scénario.
un livre important, assez unique pour le ton et la justesse des descriptions.
Un auteur essentiel, absolument.
Je ne suis franchement pas un adorateur d’animaux domestiques. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse être attaché à un chien au point de le faire survivre le plus longtemps possible, et l’idée même de chirurgie pour chats me rend perplexe. C’est donc avec un a priori plutôt négatif que je me suis lancé dans la lecture de « Terre de rêves ».
Et en refermant l’ouvrage, j’étais bien obligé de reconnaître que Jiro Taniguchi avait réussi à m’émouvoir une fois de plus. Il en faut du talent, pour prendre une bête histoire de chien et chat, et la tourner en philosophie sur la vie… C’est frais, c’est beau, c’est original (forcement), bref, j’ai passé un très bon moment de lecture. Le dessin est magnifique et précis (comme d’habitude avec cet auteur).
Allez 4/5, comme pour « Quartier Lointain » et « Le journal de mon père ». Merci Taniguchi-san !