Giraud, peu inspiré par cette série parallèle, passe les pinceaux à Wilson avec ce tome. Personne ne s'en plaindra! Le nouveau venu donne un coup de fouet à "La Jeunesse..." avec un dessin fouillé et des cadrages audacieux. Le gaillard semble doué pour dessiné des "gueules" de cow-boys sales et puants. C'est encourageant pour la suite.
Au scénario, Charlier retrouve le niveau de la série régulière avec des personnages au background épais, des dialogues ciselés et un ton pessimiste et assez violent.
La série prend son envol avec ce tome.
Ce qui rassure en lisant ce tome, c'est que c'est un vrai album de BD, pas une opération commerciale comme les trois premiers. Par contre l'histoire s'annonce sombre, très sombre, voire glauque. En même temps c'est le sujet qui veut ça, la guerre c'est pas beau. Bien, bien, bien. Mais le rêve dans tout ça ? Y'en a pas. Mais une BD n'est-elle pas là pour faire un peu réver, justement ? Bein, pas celle-là. En fait, Wilson et Charlier nous entreînent dans une BD très noire, où on a du mal à reconnaître le Blueberry de la série principale. C'est peut-être fait exprès, mais du coup on reste dubitatif. Bon, d'un autre coté, c'est le premier tome de la série (je répette que les trois autres sont de la m..., j'ai même pas envie d'aller faire un commentaire). Alors on va attendre la suite.
Objectivement, le scénario part bien, et on fait confiance à Charlier qui a déjà montré bien des facettes de son talent (cet album sort à l'époque de "La dernière carte", de la série principale). Par contre les dessins ont du mal à correspondre à l'ambiance, Wilson joue un peu trop avec les ombres, et l'encrage et quelquefois abusif. Mais surtout, dans cet épisode, Wilson a une façon de dessiner Blueberry telle qu'il en est méconnaissable. Bon, c'est la jeunesse, on veut bien, mais on le reconnaît à peine. C'est dommage.