Le roi des mouches est un des albums Trash les plus réussi à ma connaissance. A travers de courtes histoires d’une dizaine de planches, Pirus et Mezzo nous proposent de découvrir la jeunesse décadente d’ados paumés tels qu’Eric qui passe son temps à baiser sous acide. Et à l’image de ce dernier, tous les personnages de l’album sont infects à souhait, tellement cons, bourrés, drogués, impudiques, amoraux et dénués de sentiments qu’ils en deviennent intrigants.
Le dessin de Mezzo, rebutant soit-il au départ, n’est en aucun cas un frein à la lecture de cet album. Au contraire, ce trait gras et ces couleurs très « années 50 » renforcent le côté psychédélique de l’album.
Et que dire de la narration ? Elle est parfaite : les dialogues sonnent justes sans être pornographiques, et les différentes histoires s’entrecoupent entre elles de manière subtile (un grand bravo à Pirus pour ces efforts scénaristiques).
Un album totalement Rock N’Roll, complètement jouissif et surtout incontournable.
Une narration hallucinante, sur le mode de la "BD chorale", des personnages complexes, mal dans leur peau, un réalisme poisseux... Le Roi des Mouches parle de l'éveil dans la douleur à l'âge adulte. On sent que tout cela va nous mener à la catastrophe, sans que l'on puisse encore saisir comment. Du côté graphique, ça regorge de plans somptueux, entre onirisme et réalisme cru.
Cette BD n'est pas mal mais qu'est-ce qu'elle est glauque, ou du moins bizarre. Pas vraiment mon genre de came.
Ayant lu "Black Hole" il y a quelques jours, je rapproche grandement cet album de Mezzo et Pirrus de l'oeuvre de Charles Burns.
C'est déjà le cas au niveau du dessin. Encrage gras, personnages un peu figés, style esthétique et sombre, légèrement dérangeant. Plutôt joli et agréable à lire même si la narration omniprésente me plait moyennement.
Les deux oeuvres se rapprochent aussi au niveau de la thématique et du type de personnages : adolescents ou jeunes adultes décalés, en rébellion avec une société molle et détestable, côtoyant des vieux et des adultes tous aussi glauques ou strange les uns que les autres, mode de vie très américanisé alors que cela se passe en Hollande.
Drogue, alcool, mépris du prochain, prises de tête, petits rituels égocentriques, personnages paumés ou définitivement en marge de la société, impression malsaine. Je n'aime pas trop ce genre de récit qui me rebute généralement mais j'ai pourtant tout de même accroché à cette BD. Sa structure en pseudo histoires courtes permet de tenir un bon rythme de lecture et de garder le lecteur captivé. C'est noir, space, mettant en avant des personnages aux moeurs et à l'état d'esprit que je réprouve, mais ça m'a tout de même intéressé.
A lire si vous n'êtes pas allergique à ce style de récit un peu rock, un peu glauque. Et si vous êtes au contraire accro à ce style, si vous aimez les BDs de Charles Burns ou de Daniel Clowes, vous devriez adorer.
Pour ceux qui comme moi sont habitués à la BD traditionnelle européenne, plonger dans cette album constitue une sorte de rite initiatique.
Le dessin est très particulier ( Mezzo ), assez spécial pour l'oeil. Tout est très sombre et les traits épais peuvent même rebuter un peu au premier abord. La mise en scène des bulles est aussi bien spéciale, bien loin des standards de la BD classique. On a souvent un personnage en premier plan, avec le reste derrière, ou des vues assez originales sur les scènes ...
Alors évidemment, pour qu'un tel dessins ait du sens, il s'agit que le scénario suive. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ici, il est à la hauteur. Personnellement je trouve que la comparaison avec Burns tient moyennement la route car si graphiquement il y a certes des analogies, la façon dont le dessin parle et la façon dont la coloration est faites font que l'impression qui s'en dégage est bien différente.
En réalité, les histoires sont encore plus sombres que les images. Pirus crée son scénario autour de personnages complètement loufoques mais pourtant complètement crédibles. Le genre de paumés qu'on est tous un peu nous-même, ou bien qu'on croise tous les matins dans le métro.
Des adolescents camés, des filles sans repères, des adultes complètement à la ramasse. Ce premier tome du roi des mouches est vraiment étrange à prendre en main, on ne comprends pas forcément tout à la première lecture. Ce qui est génial c'est que chaque histoire recoupe l'autre, et du coup au fil des planches, tout devient si cohérent qu'on s'y croirait.
Et c'est bien là toute la magie de cet album : terriblement glauque ... mais on en redemande. On se reconnait parfois dans certaines attitudes des personnages. Par exemple cet homme, qui s'imagine des histoires incroyables en voyant simplement en retrouvant une canette de bière dans son jardin. Qui n'a jamais divagué ainsi ? Qui n'a jamais failli basculer dans ces folies éphémères ?
Bref vous l'aurez compris, il faut lire ce livre car il est bien trop complexe pour être raconté comme ça. Un vrai OVNI dans la BD européenne, et on attends la suite avec la plus grande impatience.
Cet album a une ambiance très particulière. On se retrouve dans une banlieue allemande où le sordide et la perversion semblent être le lot commun de tous les habitants. Cependant, derrière la noirceur des personnages, on ressent une profonde solitude.
L'atmosphère peut faire penser aux romans de Selby qui montraient ce désespoir permanent, mais aussi aux films de Lynch ou de Cronenberg pour le côté inquiétant des personnages.
J'aurai bien mis 5, mais j'attends de lire la suite ; mon idée générale pourra évoluer.
J'ai beaucoup aimé cette oeuvre pour son côté sombre et pour son absence totale de concession. Mezzo et Pirus ont peut-être réalisé leur meilleur album de bande dessinée. Très vivement conseillé...
J'adore le style de Burns, et j'avoue avoir été attiré par ce premier album de Mezzo que je lis par cette utilisation géniale du noir et blanc, magnifiquement (et le mot est faible) mis en couleur pour donner à l'ensemble un style super glamour des années 50, bien dans le trip Comics américain post-45.
Pirus est doué, c'est sûr. Il décrit ici une histoire amorale, sale, mélangeant baise, drogue, mort, avec un détachement étonnant de la part de ses personnages, qui ne ressentent que peu d'émotions tout en restant particulièrement crédibles.
L'histoire, articulée autour de scènes donnant la parole petit à petit aux différents protagonistes de cette histoire, permet de donner beaucoup de vie à cet univers, chronique sociale sombre et parfois tarantinesque, aux frontières du malsain.
Malsain mais jouissif, finalement !
Car cette histoire noire, sublimée par un trait gras et sombre (sans réel dynamisme certes, mais tellement encré dans le récit qu'une osmose narrative s'expose à nous), saura vous titiller et vous faire participer à cette histoire, mettant à dure épreuve votre curiosité au fil des pages.
Ajoutez à celà un album très beau, doté d'un papier épai et d'une couleur incroyable, et vous obtenez un des albums les plus impressionnants de 2005. Feu !
Derrière cette couverture assez sobre et intrigante se cache une véritable bombe au niveau scénario et graphisme. Si la couverture est orange, le contenu est bien noir: noir, dérangeant, glauque, malsain, envoûtant et parfois morbide.
Après "Lola Cordova", "Le roi des mouches" est mon deuxième trip sur papier de l’année 2005 : sexe, drogues et rock’n’roll. Mais à l’inverse de "Lola Cordova", dont le trip interplanétaire se situe en pleine fiction, ce trip se situe dans la réalité de notre monde et cela, même si on a du mal à localiser l’endroit. Les maisons, les vêtements, le style de la BD et le culte du déguisement font penser aux Etats-Unis, alors que les voitures et la monnaie utilisée font penser à l’Europe.
Sélectionné pour le prix du scénario à Angoulême 2006, cet album est composé de petites histoires qui peuvent se lire séparément. Les différents personnages se croisent au fil des histoires afin de former un tout très cohérent et abouti. On suit les délires quotidiens de jeunes paumés, bordés par l’ennui, les plaisirs artificiels, le sexe et l’alcool. Coincés dans la banalité de leurs existences, ils cherchent à s’enfuir via l’alcool, la drogue, les anti-dépresseurs et le sexe.
La narration à l’humour très noir tranche comme une lame de rasoir. Le cadrage (face caméra) ajoute un côté malsain et dérangeant à l’histoire. Le dessin fait fort penser à la série "Black Hole", les traits sombres et beaucoup de couleurs, mais sans tomber dans le criard. Le tout crée une osmose envoûtante qui se dégage de ce microcosme de personnages désoeuvrés et dépourvus de toute morale.