EXCELLENT !! L'intrigue est totalement tordue, sans pour autant être lourde, et prend tout d'abord comme fil conducteur un élément que l'on pensait anodin du tome 8 (j'ai d'ailleurs dû refeuilleter l'album pour savoir qui était ce Sharp). De plus, le fait que les Sioux et les Cheyennes se retirent dans les Black Hills uniquement à cause du sabotage de Red Neck et Jimmy est génial !! Et en plus, tous les personnages sont dupes, même Blueberry !!
Steelfingers, quant à lui, monte un cran au-dessus dans la méchanceté, et on en redemande !! Bon, l'ennui, c'est qu'il meure au milieu de l'album, tué par Sitting-Bull. J'ai d'ailleurs particulièrement apprécié ce passage : on se croirait devant un film, assistant aux dernières minutes de vie du grand méchant, grâce aux cadrages et aux dessins parfaits de Giraud, mais aussi grâce à la narration de Charlier, elle aussi parfaite !
Enfin, Charlier fait prendre un virage à 180° à son intrigue 7 pages avant la fin, pour lancer le cliffangher annonçant le tome 10, qui sera à contre-pied de tout ce qu'on a pu voir jusqu'alors dans la série !!
Bref, un excellent album, qui m'a fait devenir définitivement fan de "Blueberry" !!
Jimmy Mc Clure et Red Neck ont rejoint JulesBurg, alors que Blueberry s'est sacrifié en entraînant derrière lui Steelfinger et les Apaches. Mais Sharp, le chef de poste de l'Union Pacfic, ne croit pas à leur histoire et accuse tout bonnement le Lieutenant d'avoir gardé les trois cent mille dollars de la paie des ouvriers pour lui. Jimmy et Red Neck lui filent une bonne raclée pour lui faire ravaler ses insultes, mais pendant ce temps, Blueberry a été retrouvé par Jethro et ses alliés indiens. Comme il ne veut pas leur dévoiler la cachette de l'or, il est attaché au poteau de torture .....
Voilà un bref résumé du scénario qui nous rappelle bien des choses, et qui en annonce aussi beaucoup. Encore une fois le scénariste revisite ses propres thèmes sous un angle nouveau pour en tirer une histoire originale, mais qui continue de plaire aux amateurs de Western. Cette fois, les indiens sont sur le pied de guerre, et l'irréparable a été commis. Rien ne pourra plus ramener la paix, sauf Blueberry, bien sûr, mais comment ? Par contre, le rôle de Jethro Steelfinger est beaucoup plus ambigu, parce qu'au départ, il était censé freiner l'avancée du chemin de fer, côté Union Pacific, et il se transforme en un hors-la-loi seulement attiré par l'appât du gain. Il faut dire, que bon, 300,000$, c'est pas tous les jours, hein ? Et même au moment du partage, on n'échappe pas au classique règlement de compte entre les bandits qui ne veulent pas partager. Un grand classique.
On ne décrit plus le talent de Giraud, qui nous brosse les grandes étendues sauvages de l'ouest comme si on y était, qui dessine des peaux-rouges comme il en est seul capable, des ambiances de jour, de nuit, dans la plaine ou au bord d'une rivière, du haut de la montagne ou en pleine ville, qui sont un plaisir pour la lecture. Quand on sait qu'en plus le prochain épisode se déroule en plein hiver dans la neige, on en salive d'avance. Le dessin est aussi au service de l'humour, comme par exemple la scène où le barman, un métis indien, vole un cheval pour aller prévenir ses "frères" de l'arrivée de l'armée, sous les yeux ébahis du garçon d'écurie noir qui parle sans les "r", comme le vigie du bateau pirate dans "Asterix" . Malheureusement, mon édition, qui date de 74, est desservie par une exécrable qualité de papier, mais nul doute que les éditions plus récentes auront réglé ce problème.
Encore une fois, cet album vient ajouter une pierre au mythe de la série. Blueberry, figure incontournable du Western en bande dessinée, ajoute une marque à la crosse de son revolver pour notre plus grand plaisir.
Il y a de quoi se rejouir !
effectivement, je pense que c'est l'un des meilleurs de la série...
De l'intrigue, de l'action, des personnages toujours aussi attachants, des dessins sublimes...Je fais peut être vite, mais il est vrai que Blueberry me laissera toujours bouché bée....