J'ai lu une version originale de la BD, qui s'appelait alors 'le voyage de Caboto' aux éditions Albin Michel.
Quand je l'ai emprunté, je me suis laissé guidé par le graphisme qui sort vraiment de l'ordinaire. Le talent du dessinateur est vraiment exceptionnel. Il y a une finesse du trait, un soucis du détail fabuleux.
Les couleurs sont chaudes, sont belles, les contrastes maniés avec brio. Vraiment, ce livre mérite d'être ouvert uniquement pour être regardé et admiré.
Malheureusement, le scénario a du mal à suivre.
"La vérité, une affaire de vivants". Je suis vivant, mais je dois dire que la vérité est ailleurs que dans ce livre. On ne savait pas vraiment qui était Jean Cabot, Giovanni Caboto, et à la fin de cette ouvrage on ne le sait pas plus. L'histoire est frustrante. De plus, le récit décousu, presque haché est difficile à suivre. A plusieurs reprises on se demande où on est, où on en est.
Caboto a réellement existé, sa vie reste un mystère malgré le fait qu'il fut l'un des premiers grands navigateurs.
Alors afin de calmer un peu la détresse et la frustration de ceux qui auraient lu le livre ou voudrait le faire, voici ce que j'ai pu trouver sur Internet à son sujet :
"John Cabot (Jean Cabot, Giovanni Caboto) (1440 - 1498), était un navigateur et explorateur vénitien au service de l'Angleterre.
Le lieu de naissance de Cabot est incertain, certains pensent qu'il est originaire de Gênes (Italie) alors que d'autres le font naître à Gaète près de Naples. Il part vivre pour Venise encore enfant et y obtient la nationalité. Il épouse une Vénitienne qui lui donne trois fils.
À la recherche d'une route vers l'Asie, Henri VII d'Angleterre s'attache les services de Jean Cabot par lettre patente du 5 mars 1496. Ayant persuadé ce roi qu'il était possible d'aller aux Indes orientales par le nord-ouest de l'Amérique, il est chargé d'entreprendre une expédition dans ce but. Sa première tentative est un échec : Cabot ne va pas au-delà de l'Islande à cause de disputes avec son équipage.
Le 2 mai 1497, l'explorateur quitte Bristol à bord du Matthew, un navire de 50 tonneaux disposant d'un équipage de 18 personnes dont son fils Sébastien Cabot. Il touche terre le 24 juin et explore la côte pendant quelque temps avant de repartir pour l'Angleterre. L'endroit précis de son premier accostage est controversé, mais les gouvernements canadiens et britanniques considèrent qu'il est arrivé à Bonavista. Dans ce cas, il est probable qu'il a été le premier Européen à mettre les pieds sur le continent nord-américain, mais l'absence de cartographie ou de journal de voyage pose des questions quant à la véracité des faits, et Gaspar Corte-Real serait alors le premier à découvrir la « nouvelle terre ».
Dans le planisphère de Cantino de 1502 (pièce cartographique sur laquelle figure pour la première fois, avec une annotation claire, la partie la plus significative des contours orientaux du Nouveau Monde) surgissent représentés sous des drapeaux portugais, le Groenland et Terre-Neuve. La carte de Pedro Reinel, pièce datant de 1504, atteste clairement de la domination des connaissances Portugaises en réference à Terre Neuve par son abondante toponymie.
L'année suivante, en mai 1498, Cabot repart de Bristol pour une nouvelle expédition et disparaît en mer. Depuis cette date, plus rien n'apparaît concernant Cabot et les références postérieures ont quasiment toutes pour origine son fils Sébastien.
Cabot est commémoré à Bristol par la « Tour Cabot », une tour de 30 mètres de haut en grès rouge bâtie en 1897 (le 400e anniversaire de son débarquement) sur « Brandon Hill » près du centre de la ville ainsi que par une réplique du Matthew construite dans la ville et par une statue de l'explorateur dans le quartier du port.
Les deux points de ma note sont à porter exclusivement au crédit du très talentueux Mattotti. La sensualité de son trait et sa mise en couleurs font merveille, et évitent, d'extrême justesse, de refermer l'album d'un coup sec, en cours de lecture. En effet, côté scénario, on reste dans le flou du début à la fin, à tel point que l'on ne se sent plus du tout concerné par ce qu'il arrive aux protagonistes de l'histoire. C'est dommage car il semble que l'on touche à un point d'histoire important, mais de cela on ne retiendra seulement que le sieur Caboto, cartographe de son état, est un personnage mystérieux. Ouiiiich
Une BD assez spéciale dans son traitement scénaristique. Effectivement, elle porte sur l'histoire d'un explorateur célèbre en insistant bien sur le flou qu'apporte l'Histoire en elle-même puisque la vie de Caboto a été rapportée de diverses manières par divers historiens de l'époque. Le début de la BD insiste donc bien sur le fait que les auteurs ont du choisir eux-mêmes un visage pour leur personnage puisque plusieurs représentations de lui existaient, qu'ils ont dû choisir une portion infime seulement de sa vie à raconter (un voyage) et que même dans ce voyage, il y a des zones d'ombre qu'ils ont dû imaginer et dont ils nous font ensuite part des différentes possibilités durant le récit en nous disant "voilà ce qui aurait pu se passer par exemple".
Ca donne un récit particulier, un peu surprenant, mais au final, j'ai bien aimé ce traitement de l'Histoire et de ses flous à la manière justement d'un explorateur qui tente de remplir de son mieux des zones d'ombre sur une carte inachevée.
Pour autant, l'histoire en elle-même de cette BD ne m'a vraiment pas captivé ni marqué. L'ayant lu hier soir, j'en ai déjà oublié la moitié, c'est dire si ça m'a marqué... C'est plus son traitement et sa reflexion sur les flous de l'Histoire et de l'exploration qui m'a marqué.
Quant au graphisme si particulier de Mattoti, il faut aimer. Je persiste à lui trouver un côté angoissant, comme dans Feux ou Labyrinthes du même auteur, mais j'arrive également à ressentir son côté esthétique dans les oeuvres précédentes comme ici. Ceci dit, même si je trouve ces planches esthétiques, je ne les trouve pas pour autant vraiment belles. Leurs couleurs, la force de Mattoti, ne me plaisent justement pas trop. Et je trouve que le côté volontairement épuré de ces dessins réduit à mes yeux la profondeur du récit.
C'est vraiment une question de goût.
Une oeuvre particulière et intéressante mais pas totalement réussie pour moi.
Cet album est rempli d'incertitudes commentées par l'auteur dans sa préface et ressassées à chaque page ou presque. Qui est Caboto ? On ne le sait pas vraiment ; Zentner se contentant de maintenir un flou narratif sur l'exploration du Rio de la Plata par Caboto.
La seule certitude qui apparaît à la lecture de CABOTO est le talent manifeste de Mattotti.
Beauté graphique sans grand intérêt scénaristique, Caboto déçoit.
Dés les premières pages de l'album, il est cité que Caboto, sebastian de son prénom, est un personnage dur à discerner… j'ai eu l'impression, perso, que cette difficultée s'est ressentie sur le scénario - lui même très dur à discerner ! En bref je n'ai pas tout compris. Mis à part qu'il s'agit d'un commerçant et cartographe vénitien qui, pour son engouement de découverte de nouveau monde, décide de prendre la tête d'une expédition vers l'amérique du sud. Ce long voyage le ménera, lui et son équipage, vers d'autres peuples, les indigènes, d'autres richesses …et beaucoup d'ennuis. En effet les rencontres entres deux peuples aux cultures très distinctes ne se font pas pacifiquement et sont parfois très cruelle et ignoble !
Le scénario parait très simple vu sous cet angle, mais lorsque l'on voit un phylactère toutes les 10 pages, je vous avouerai qu'il est très difficile de suivre. Le mystère et la découverte de l'inconnu remplissent le scénar tout comme ce fut le cas lors de l'expédition de Caboto.
Mais à vrai dire, le dessin de Lorenzo Mattotti est si expressif que le scénario passe au second plan !
Je ne suis pas trop fan du graphisme de Mattotti, car je trouve que sa facture s'adapte plus à l'illustration qu'à la bd… mais avec "Caboto" j'ai complétement changé d'avis. Déjà, je n'aurais acheté l'album que pour la beauté de la couverture (heureusement balunga se l'était acheté !). Ici sa touche s'adapte bien à l'histoire et son dessin devient une véritable invitation au voyage. Ses choix chromatiques sont judicieux et nous fait dépasser moult frontières. Il est très loin de ce que nous pouvons trouver dans la bd européenne traditionnelle et conventionnelle.
Bref, un très très beau carnet de voyage sur l'expédition de Caboto signé Mattotti.