J'aime vraiment ce genre de bd, que l'on peut lire par petit bout, et qui se lisent sur plusieurs jours (bon, faut pas lire trop vite, tout de même); on a vraiment le temps de rentrer dans la peau du personnage, et ainsi de pouvoir "voyager avec lui". Il était également intéressant d'avoir un autre regard sur notre pays, et même sur les autres pays.
Les dessins sont plutot simples d'apparence, certains sont beaucoup plus travaillés que les autres, notamment pour les paysages; et même si les dessins restent simples, cela ne sent absolument pas pour autant le travail baclé. Après au niveau du scénario en lui même, il s'agit d'un carnet de voyage, donc peut on seulement en faire une critique? L'auteur a réussit à ne pas laisser tomber ses lecteurs dans l'ennui et ca, c'est déjà un bon point.
J'ai apprécié également que l'auteur nous ait entrouvert les portes du monde des auteurs de bd (ou olympe () ), et il était amusant de le voir rencontrer de grands auteurs, même si les entretiens entre auteurs de bds, ne se sont pas montrés vraiment enrichissant.... Cette bd très agréable à lire, est un pur moment de détente, de voyage, et de bohneur.... A LIRE!
Craig Thompson débarque en France pour assurer la promotion de "Blankets".
Ayant toujours sont cahier de croquis sous le bras, il dessine tout ce qu'il voit et croise. Son trait souple, capable de s'adapter à toutes les situations ou d'évoquer les émotions qu'il ressent, est à l'origine de cet insolite carnet de voyage.
En le parcourant, nous suivons ses pérégrinations au jour le jour, agrémentées de ses pensées, tantôt sombres (il vit un chagrin d'amour) tantôt joviales et souvent étonnées.
Il ne se contente pas non plus d'alterner interviews et épuisantes séances de dédicaces. Il en profite aussi pour voir des amis dessinateurs, aller à la rencontre des gens et découvrir le Maroc et l'Espagne.
De subtiles touches impressionnistes et teintées d'humour nous permettent ici de mieux connaître cet artiste, un des "meneurs" de la nouvelle BD américaine.
En préambule, je dois bien avouer que j’avais un énorme à priori, celui de penser que Casterman puisse se dire "Tiens, mais c’est pas si mal ce que fait le petit Craig, on va pouvoir en faire de l’argent". Je craignais effectivement que la publication de ce carnet de voyage, non destiné à cette fin à l’origine, soit "forcée" par l’éditeur pour des raisons d’ordre financier (au vu du succès de Blankets), risquant ainsi de fausser les propos de son auteur. Cette réaction épidermique s’explique par ma méconnaissance de ce type d’oeuvres. J’étais dans le faux, je le reconnais (mea culpa). En effet, à la lecture, on ne peut douter de la sincérité de l’auteur, à la fois si forte, si touchante et si "vraie".
Ce carnet de voyage s’est tout simplement révélé passionnant ! Il permet de suivre Craig, débarquant de son Midwest et découvrant l’Europe et le Maroc à l'occasion de la tournée promotionnelle de "Blankets". Cet auteur est un boulimique du crayon, croquant sur le vif tout ce qui l’entoure (et avec quel talent !). Ces instantanés témoignent de sa passion pour les choses simples de la vie. Cela m’a permis aussi de mieux appréhender la personnalité de cet auteur, confronté à d’autres cultures (marocaine en particulier). Malgré que rien ne lui soit épargné en tant que touriste, il a la volonté d’aller vers les gens, de s’immiscer dans le quotidien d’inconnus. Ses rencontres ne sont d’ailleurs pas toujours heureuses. Je me suis un peu retrouvé lorsqu’il aborde le passage relatif à la visite des souks plutôt chahutée, ayant vécu à peu près la même chose dans un autre pays. Comme le souligne Craig, il est sans doute bon de rappeler que les endroits les plus touristiques ne sont pas propices pour se faire une idée vraie de l’hospitalité de la population.
Craig aborde aussi son "obsession de la religion" durant son enfance, sans doute influencée par l'éducation fondamentaliste reçue, ainsi que ses déceptions amoureuses . . . éléments centraux sur lesquels repose la trame de son oeuvre autobiographique. Ainsi, je vois Blankets avec un regard neuf et plus éclairé.
Sa propension à s’intéresser aux autres cultures que la sienne fait incontestablement de Craig un américain pas comme les autres.
Pour conclure, je dirais que si cette initiative de l’éditeur n’avait pas vu jour, de nombreux lecteurs auraient été privés de ce superbe ouvrage.
... et puis merci à Elveen qui, en me faisant découvrir d’autres styles narratifs, permet d’élargir mon champs de lecture (très limité il est vrai).
Sympa !
Même si finalement l'ensemble reste anecdotique et sans réel intérêt (certains passages peuvent en effet sembler assez long), la lecture de cette ouvrage est distrayante.
Lorsque comme moi on est Lyonnais, que l'on connait la librairie Expérience dont il est question dans l'album, ainsi que la libraire Agathe, et que l'on a visité Barcelone une semaine durant, on trouve en effet bien des références personnelles dans cet album Mais j'ai bien peur que le seul réel attrait de ce livre soit celui-ci, mon concernant.
Finalement, les divers entretiens qu'il a eu avec d'autres grands noms de la BD (Blutch, Trondheim, Burns (argh !!)) sont tellement vite traités qu'il n'en ressort hélas pas grand chose.
Toutefois, on découvre l'auteur sous un nouvel angle. Mal dans sa peau la plupart du temps, mais aussi très auto-critique et adepte de l'auto-dérision, il parvient à nous peiner, nous faire sourire, nous émouvoir sur finalement pas mal de petits riens.
J'ai particulièrement aimé sa "Diarrhée du voyageur" :
1) Réveil avec le ventre en furie
2) Pepto Bismol = bonbon !
3) Aux toilettes, bruit de pipi, mais ça vient bien de mon derrière !
4) Un violent robinet anal !
Sa-vou-reux
Par contre, je trouve la qualité graphique impressionnante, pour un carnet de croquis. Que l'auteur prenne autant de temps sur la finition de ce genre d'ouvrages me parait presque étrange - maintenant, il savait qu'il éditerait cet album 222 pages plus tard, donc...
Bref, un ensemble qui se tient, malgré des longueurs vraiment évitables... mais c'est le lot de bien des carnets de croquis. Une seule question me travaille : au vu des quelques couplets de chansons particulièrement mal traduits que contient l'album, l'ensemble de l'ouvrage "bénéficierait"-il d'une adaptation désastreuse ?
Si c'est le cas, cherchez la VO, c'est mon conseil du soir.