Un album qui cherche à sublimer les petits riens de la vie quotidienne de gens tout ce qu'il y a d'ordinaire. Chacun y trouvera de l'intérêt mais "L'immeuble d'en face" n'a rien d'exceptionnel. Expliquons-nous.
L'album a des qualités. Vanyda, en dépit de sa jeunesse et d'une expérience en matière graphique forcément réduite (elle n'a pas l'âge d'un Moebius, autrement dit), s'en sort très honorablement. Elle livre des planches élégantes, faussement simplistes, qui vont à l'essentiel des attitudes et parviennent à créer rapidement une atmosphère intimiste. Elle fait de même en tant que scénariste : son petit monde est attachant et très crédible. Ca sent naturellement le vécu (le sien ou celui de gens qui l'entourent) et cela fait résonnance dans l'esprit du lecteur. Les situations sont racontées avec légéreté mais le ton est plaisant.
"L'immeuble d'en face" est ainsi un ouvrage qui se lit bien. Mais il a aussi du mal à surprendre, s'enlise parfois dans des anecdotes qu'on accuserait facilement d'être sans intérêt et manque globalement d'originalité. Publié quinze ans plus tôt, l'album aurait été enthousiasmant. En le lisant aujourd'hui, on se dit que c'est une lecture parmi pas mal d'autres (le genre intimiste connaît de beaux jours depuis le début des années 1990, ce qui n'est plus tout jeune), et que du même auteur, on a préféré "L'année du dragon", plus drôle et plus percutant.
En bref, c'est agréable à lire mais on espérait un peu plus d'originalité.
Ah enfin je lis cette BD qui bénéficie d'un des meilleurs buzz de ces derniers temps.
Bon alors tout de suite, là, comme ça, je trouve que ce n'est pas très original au niveau du sujet. Des histoires du quotidien, on en a lu, vu, entendu des tonnes, et le premier tome ne sort pas vraiment des sentiers battus. Ensuite, le dessin de Vanyda est quand même un peu hésitant dans ce premier tome, mais je sens que ça va beaucoup changer dans le second, que je vais me procurer dès que possible. Parce que j'ai lu auparavant "L'année du dragon", dessinée par la même personne, et qu'il y a une réelle différence graphique.
Là où "L'immeuble d'en face" se démarque du tout-venant du roman graphique, c'est bel et bien dans son traitement. Un discours et des situations modernes, plutôt dynamiques, des dialogues plutôt bien sentis, je pense qu'il y a une part de vécu dans ces pages, mais aussi une analyse assez fine de notre société occidentale urbaine. C'est frais, c'est intelligent, c'est très sympathique.
Ma note est donc une note d'attente, mais si la qualité se confirme, ça risque de monter.
La vie, la vraie, c'est chiant, souvent. Du moins, dans son insuportable banalité et son quotidien récurrent. C'est pourquoi nous autres misérables humains ponctuons notre courte existance de projets personnels, à courts et à longs termes, mais aussi de culture, de passion, de découverte, rendant notre existence formidable (ou pas, ce critère étant laissé à l'appréciation de chacun).
Et c'est la que Vanyda fait fort : non seulement son récit raconte la vie dans sa banalité la plus envahissante, mais en plus, à l'instar de Trondheim dans "Approximativement", elle le fait avec brio : on se retrouve dans bien des situations, vivant avec les habitants de l'immeuble au jour le jour le temps d'un album (qui pour sa part ne vous prendra que quelques minutes à lire, magie de la relativité). C'est vrai, touchant aussi parfois.
Là ou Boilet parvient à tirer de sa vie tout son côté chiant et à nous l'infliger, pauvres lecteurs que nous sommes, Vanyda par sa narration rend le quotidien extraordinaire et proche de nous.
Son trait, typé manga, n'est finalement qu'à moitié satisfaisant à mon sens. Pourtant, il fonctionne très bien ici, le noir et blanc, lui aussi, jouant pour beaucoup dans les ambiances profondes suggérées par cet album.
Très agréable one-shot pour amateur de sensations pures (et de produits laitiers) (ok j'arrête).
Bon. Commençons par le dessin : je le qualifierais d’honnête noir et blanc, pas transcendant mais assez fin, vivant, et avec un tramage plutôt judicieux, qui le rend assez agréable à l’oeil. Ce n’est donc pas lui qui explique la sévérité de ma note.
Non, c’est l’histoire (ou plutôt -devrais-je écrire- son absence) qui vaut à cet album ce 1/5 bien senti. De quoi s’agit-il ? De la chronique de la vie au quotidien des habitants d’un immeuble. Ce n’est pas palpitant, loin de là. On suit donc au jour le jour, les petites mésaventures de l’étourdie du 3ème, qui claque la porte sans prendre ses clefs, qui, un autre jour s’aperçoit qu’elle a les fesses plates, qui un autre jour encore, se dispute avec son copain la fin d’un tube de dentifrice,...
Enfin, bref, c’est pas passionnant tout ça, et même assez cucul la praline, par moment. Et leurs voisins sont encore moins attachants. Alors, mon impression globale, en refermant l’album : une chronique douce-amère d’un quotidien affligeant de banalité, qui ne s’éloigne que très rarement des contingences bassement matérielles, qui se laisse quand même lire, certes, mais dont je n’attends nullement la suite.
Bref, maintenant que je sais qu’on peut vendre ce genre de... euh... scénario , je me dis que je devrais peut-être m’y mettre. Enfin, si vous aimez ce qu’écrit Philippe Delerm, allez-y, vous y trouverez peut-être votre bonheur. Personnellement, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé, ..euh... ma chope de bière !
Une histoire complètement banale, la vie de tous les jours des locataires d’un immeuble de trois étages, mais tellement bien racontée qu’on prend vraiment plaisir à découvrir cette tranche de voyeurisme.
Tout comme dans le film "Sliver" avec Sharon Stone on va observer la vie de ces locataires, s’amuser de leurs interactions et apprécier surtout les non-dits ! Le dessin de Vanyda, fortement influencé par le dessin manga, se prête parfaitement à la simplicité de l’histoire. Un bon moment de lecture !
J'ai dévoré cette bd. Certaines histoires m'ont vraiment fait rire, d'autres sont plus ou moins émouvantes. J'ai appécié la "cadence" de narration de l'auteur, le rythme est vraiment agréable, c'est dynamique, c'est très réussit. Chaque récit a un charme différent c'est également ce qui m'a séduit.
Le dessin est également réussit.
A découvrir.
J'ai dévoré cet album au beau milieu d'une nuit, sans m'en rendre compte. Je ne devais que le feuilleter un peu, histoire de voir un peu ce que c'était, et zou, je me suis fait happer par ces petites chroniques ordinaires de la vie de cet immeuble.
Oui, ça peut paraître complètement banal, mais le mode narratif est tout simplement génial, y a du génie dans cet auteur !
Chaque habitant a un caractère qui lui est propre et ne nous est pas imposé par des "untel est comme ça", mais plutôt sous-entendu, et finalement on cadre les personnages petit à petit, doucement, au fil des pages...
Et finalement on se laisse glisser tranquillement dans cette espèce de douceur, non sans un certain plaisir...