Ce Dracula est une adaptation qui se veut fidèle du roman de Bram Stoker. N'ayant pas lu le roman, je fais confiance à ce qui en est dit et je m'attache surtout à juger si j'ai passé un bon moment à la lecture de cet album.
L'originalité de l'labum réside dans son format un peu spécial (grand format carré) mais surtout sur la technique de dessin utilisé (expliquée dans le résumé). Hippolyte réalise ainsi un album au graphisme très original, qui s'accorde à merveille avec l'ambiance du récit. Rien que pour cela, l'album vaut le coup d'oeil.
En revanche, je ne suis pas un fan absolue de la narration. Par moment, c'est un peu lourd et quelques passages sont un peu confus. Cet album est donc avant tout à découvrir pour l'originalité de son graphisme.
Mon avis sera complètement moins enthousiaste que celui de tous mes confrères BDistes ayant posté précédemment.
Déjà, globalement, je n'ai pas apprécié cette BD. Je ne connais pas l'œuvre initiale. Je comptais donc sur cette BD pour me la faire découvrir. Au final, je n'ai pas réussi à tout suivre et à comprendre toutes les sautes scénaristiques. Je suis intimement convaincu que si on ne connaît pas le roman ou le film déjà paru, on ne peut pas suivre cette BD sans y perdre son latin à plusieurs reprises.
J'ajoute une remarque qu'un autre lecteur m'a transmise suite à ma critique
''juste pour apporter une correction : avoir vu le film de Coppola ne t'aurait en rien aidé, car Coppola a complètement modifié l'intrigue du Roman.'' Je pense cependant que cela m'aurait donné les bases des différents intervenants afin de suivre plus aisément la trame même si elle n'est pas ultra fidèle.
Pour moi, une BD est un tout et ce qui m'intéresse avant tout c'est plus le scénario et la manière de conter, de narrer l'histoire qui m'importe.
Le graphisme est un plus indéniable, mais reste un plus.
Or, cette BD, je l'ai vécu à l'inverse. Un graphisme merveilleusement déroutant et innovant. D'ailleurs, peut-on encore appeler cela BD ? C'est une œuvre graphique et le graphisme fait cette BD.
Le graphisme ne complète pas l'ensemble, scénario/narration/graphisme, il porte l'ensemble à bout de bras. Je ne reviendrai pas sur la technique largement décrite par les précédentes critiques.
Mais, si la technique est belle, convient elle à l'œuvre ? J'ai trouvé le graphisme pesant à la longue. Souvent difficile à lire, me m'étant en difficulté dans ma lecture. En tout cas très sombre et déprimant sur le long.
Coté scénario, certains ont dit que c'était la meilleure adaptation du roman. Justement, j'avais l'impression de part le style et la narration de tenir un roman dans mes mains. On a par exemple le carnet de bord du capitaine ou l'article de journal qui remplissent une pleine page de petits caractères qui renforce cette impression de tenir un roman en main et non pas une BD.
Le mélange de style est intéressant. Mais je n'ai pas aimé.
Au final, ce n'est donc pas super innovant. On reprend ce qui est connu et qui a déjà marché…
Bref, aujourd'hui, cette lecture de cette BD ne m'a pas ému, pas emballée, rien. Lue comme tant d'autres du temps de midi afin de me sortir la tête du boulot, le but n'est pas atteint.
Pourtant, si je l'ai choisi au milieu des rayonnages de la médiathèque c'est justement pour son graphisme intriguant. Le reste n'a pas suivi. Dommage.
Déconcertant. Positivement.
Un format carré (rare) et une édition haut de gamme pour des travaux relativement audacieux, en marge de la production.
Première apparition, ici, dans le 9ème Art, d'Hippolyte ; et apparition qui est un véritable coup de maître. Plutôt que de se perdre dans les affres de la variation plus ou moins inspirée de l'oeuvre de Bram Stoker, Hippolyte a choisi de coller au plus près du récit original (je l'ai lu "pour l'école", dans le milieu des années 60. Une "brique" de l'éditeur Marabout), éclairant judicieusement quelques pans d'une histoire qu'on croit abusivement limitée aux films avec Christopher Lee.
L'intérêt majeur de ce Dracula vient en l'occurence d'une minutieuse et saisissante technique de mise en images. Il s'agit d'un travail de gravure "inversée" (une feuille noire qu'on gratte pour faire apparaître des lignes claires) pour un résultat mordoré et inquiétant, aux frontières de l'expressionnisme.
Dans la mythologie Dracula, tout comme celui de Druillet, il y aura un avant et un après Hippolyte.
A la différence de Mignola, qui s'était déjà attaqué, certes dans un autre style, à la relecture du scénario du Film de Coppola (lui-même adapté du roman de Stoker), Hyppolite entreprends avec cet album d'adapter fidèlement le roman de Bram Stoker: Dracula. J'avoue être un inconditionnel du roman, et c'est donc avec une certaine méfiance que j'ai commencé la lecture de cet ouvrage...
Graphiquement déjà, Hyppolite va loin, très loin. La technique de la carte à gratter qu'il utilise rend honneur et retranscrit avec un brio rarement égalé l'ambiance gothique de l’œuvre originale. Les jeux de lumière sont superbes, le découpage efficace, et l'auteur se permet parfois de laisser la carte à gratter pour nous offrir de sublimes cases réalisées à l'aquarelle.
Pour reprendre c-drik, il y a quelque chose d'expressionniste dans ces planches, quelque chose qui permet à cet album de faire le trait d'union entre l'ouvrage original et les premiers films consacrés aux vampires, comme ceux de Murnau (Nosferatu) et Dreyer (l'étrange aventure de David Gray). Un exercice de style dont l'auteur se sort ici avec une maîtrise sans pareille. De mon point de vue, aucune autre technique picturale n'aurait pu donner à un album le souffle épique du roman original.
Niveau scénario, on se retrouve avec une des plus fidèles adaptations du roman de Stocker qu'il m'ait été donné de lire, la première partie du roman (la nouvelle l'invité de Dracula) ayant même été replacée dans la trame de l'histoire. Le style épistolaire employé par Stoker a été conservé de façon à coller le plus près possible au texte original, et cette
alternance de point de vue et de protagonistes n'entame absolument pas la puissance romantique de cet album.
En définitive, un album sur lequel j'avais de sérieux doute mais qui se sont vite envolés devant tant de maîtrise. Approcher votre oreille de ces magnifiques planches, vous pourrez sans doute entendre le comte vous convier à "entrez ici et laissez y un peu du bonheur que vous apportez", de son inimitable accent slave.
Je n'ai jamais lu l'oeuvre originale de Bram Stoker, mais bien évidemment qu'avec toutes les adpatations qu'il y a eu par la suite, quelles soient cinématographiques, théâtrales ou littéraires, il m'est impossible de ne pas connaître ce célèbre comte.
Et je dois dire qu'une adaptation en bande dessinée, et qui plus est, d'un dessinateur tel qu'Hippolyte, formidable graphiste et illustrateur ne peut être qu'une bonne... et même excellente surprise.
Par contre, on se perd largement dans le récit vers la fin du tome, des éléments de l'histoire ayant été enlevés (forcément, sinon on ne s'en sort plus). Mais cela ne m'a en aucun cas empêché d'admirer les magnifiques illustrations d'Hippolyte, d'autant que je n'avais vu cette technique utilisée dans le domaine de la bande dessinée. Il maîtrise parfaitement l'outil du carton à gratter mais aussi la peinture; les jeux d'ombre et lumière sont époustouflants...on voit nettement tous les traits et la masse de travail et de précision engendrée par ce type d'outil.
J'aime aussi énormément l'illustration pleine page de Dracula (sa première apparition) où les couleurs sont éclatantes (rouge sang) et caractérisent parfaitement le personnage.
J'ai beaucoup plus apprécier cette bd pour la qualité la sensualité et l'étrangeté de ses images, que pour le récit parfois confus.