Déconcertant. Mais positivement... Comme le premier tome…
Un format carré (rare) et une édition haut de gamme pour des travaux relativement audacieux, en marge de la production, voilà qui n'est pas courant.
D'où mon attrait...
Un nouveau travail d'Hippolyte qui est un véritable coup de maître.
Plutôt que de se perdre dans les affres de la variation plus ou moins inspirée de l'oeuvre de Bram Stoker, Hippolyte a choisi de coller au plus près du récit original (je l'ai lu "pour l'école", dans le milieu des années 60. Une "brique" de l'éditeur Marabout). Il éclaire ainsi, judicieusement, quelques pans d'une histoire qu'on croit abusivement limitée aux films avec Christopher Lee.
L'intérêt majeur de ce Dracula vient en l'occurrence d'une minutieuse et surprenante technique de mise en images. Il s'agit d'un travail appelé "de gravure inversée" (une feuille noire qu'on gratte pour faire apparaître des lignes claires). Le résultat ainsi obtenu est mordoré et inquiétant, aux frontières de l'expressionnisme. Souvenirs souvenirs, j'avais appris cette technique alors qu'étudiant aux Beaux-Arts il y a de cela... euh...longtemps.
A noter : une différence quand même avec le premier tome. Le premier offrait plutôt des ambiances assez oppressantes de par son ton général orangé ; ce second tome, lui, montre un univers fait de contrastes entre du blanc « de chez blanc » et du rouge profond. Le tout parsemé –occasionnellement- de planches peintes qui assurent une sorte de transition.
Que dire que c’est bien bon SAUF : le narratif qui –parfois- m’a quand même été difficile à suivre dans sa première approche.
Mais à part ça, c’est du grand art.
Le comte de Dracula vient de débarquer en Angleterre... Et le début des ennuis commence.
Alors oui, c'est beau. C'est même très très beau ce que fait Hippolyte. Chaque planche est un régal pour les yeux.
Malheureusement, ce deuxième tome de l'adaptation du roman de Stoker m'a assez ennuyé. En effet, je trouve le récit un peu trop confus. On passe de scènes en scènes sans bien tout comprendre.
Au final, j'ai décroché de l'histoire. Alors oui, le travail d'Hyppolite est graphiquement remarquable. Mais c'est tout ce que je vais en retenir.
Un second tome à la mesure du premier, c'est à dire époustouflant sur tous les aspects.
Jamais il ne m'a été donné de lire une adaptation aussi fidèle et pour autant aussi originale du roman de Bram Stoker. Le sens de la mise en page d'Hyppolite permet à celui-ci de donner un rythme diabolique au scénario. Le côté "épistolaire" du roman original est conservé davantage pour le découpage du récit que pour le côté "recueil de points de vue" du roman original. Les scènes naguères décrites par Bram Stoker sont très bien adaptées par un Hippolyte décidémment très maître de son sujet.
Le dessin quant à lui est exceptionnel. L'utilisation de la carte à gratter, adaptée ici à la bande dessinée, donne une saveur incomparable à cet ouvrage, entre la modernité du support et le classicisme de la technique, ce qui dessert à merveille l'ambiance "gothique" du récit. Certaines pages semblent même avoir été griffées par les les ongles acérés de l'antique vampire.
En définitive une adaptation du roman original visuellement hors-norme qui ne dénature en rien le récit original et lui donne ici ses lettres de noblesse dans le 9e art.