En jetant l’ancre du navire «La Marie-Caroline» à Fort Grégory, Bourgeon entre dans le vif du sujet en abordant l’esclavagisme et les négriers à la fin du 18ème siècle. Bourgeon parvient à décrire la dureté de cet abominable commerce d’êtres humains, enchaînés et marqués comme du bétail, dans un contexte historique.
Graphiquement on retrouve ce dessin détaillé, le respect des coutumes, des vêtements, des mœurs et des décors, avec les plans annotés du «Marie-Caroline» et du Fort Grégory en début d’album. Même les dernières phrases de ce tome, sans manquer d’humour, vont contribuer à l’authenticité de ce merveilleux voyage.
Isa, Mary, Hoel et John se retrouvent dans des situations délicates et pleines de rebondissements, au milieu d’une aventure africaine mêlant amour, barbarie, sensualité, trahison et exotisme. Les nouveaux personnages sont à nouveau d’une authenticité surprenante, avec une mention spéciale pour l’abbé qui a su me séduire en même temps qu’Isa.
Et si dans ce troisième tome, les trois principaux dirigeants du Fort ne se préoccupent que de leur richesse personnelle et de la séduction acharnée d’Isa et de Mary, la vraie richesse se trouve dans les planches et c’est surtout le lecteur qui s’en retrouve séduit.
Même si le fond est révoltant, la narration est d’une justesse et d’une finesse incroyable et le dessin d’une beauté étonnante. Quand la barbarie est décrite par un poète et grand artiste d’une manière aussi grandiose et authentique, le lecteur se retrouve au milieu d’un série culte à grande valeur didactique.
La suite irréfutable des passagers du vents est mieux que le deuxième tome.
Tout d'abord, quelle belle couverture! Les couleurs sont là, le graphisme est très beau, et il s'en dégage une athmosphère agréable qui nous embarque en Afrique, quand les européens se croyaient au dessus de tout.
Bourgeon se montre dans cette Bd, un tantinet engagé, ce qui n'enlève rien au charme de l'histoire.
Isa et Mary découvrent le monde obscur de l'esclavage, pendant que leurs maris perdent tour à tour la raison.
On découvre dans ce troisième tome, une nouvelle facette des aristocrates français, qui ne sont ni plus ni moins l'oeuvre parfaite du mal.
On partage l'émotion des héros, et Bourgeon à le don de mettre de l'humour là ou il n'y en a pas.
L'histoire se déroule bien, et la fin n'en est qu'alléchante.
Le graphisme et les couleurs sont superbes, bien mieux que dans le deuxième tome.
Vite, je fonce lire la suite, qui ne risque pas d'être ratée!