J'ai été déçu par cet... album. Certes, l'ironie y est présente, et quelque part, elle est réconfortante. L'analyse et le récit faits par Spiegelmann sont intéressants, du point de vue psychanalytique. Car sur les autres plans, cela n'apport rien de neuf sur l'édifice construit sur les ruines du World Trade Center. On pourra trouver originaux l'analyse (extrêmement succincte, au final) de l'événement et les échos que Spiegelmann en trouvera dans des comics vieux de 70 à 100 ans. Mais ce que l'on retient de l'ensemble, c'est quand même une précipitation et un brouillon assez décevants, Spiegelmann n'ayant, au final, dessiné qu'une dizaine de planches.
A lire uniquement si vous écrivez une thèse sur le 11 septembre.
La couverture est marquante. Ces tours noires sur fond noir: une sacrée trouvaille.
Le 4ème de couverture, avec les petits personnages noirs brillants sur noir mat, sont splendides aussi.
Le format déroute un peu, mais on peut le comprendre, vue la publication en journaux (die Zeit, Courrier International).
C'est vrai, l'épaisseur des pages cartonnées rend le livre plus facile à lire, mais il vaut mieux être bien installé (c'est vrai aussi que ça tranche avec la petite taille des livres de Maus).
Quand au contenu, j'avoue avoir été porté par les récits sur les tours, les pages devenant de plus en plus vivantes au fur et à mesure. C'est un tout, homogène, qui se complète morceau par morceau. C'est intéressant, presque captivant même.
Mais, c'est vrai, il n'y a que 10 (grandes) planches de BD de Spiegelman, au découpage original et travaillé, varié, osé parfois.
Le reste relève plus du documentaire que de l'ouvrage nouveau: une anthologie des débuts de la BD américaine, avec les premiers personnages (déjà publiés dans des journaux, comme les planches post 11 septembre de Spiegelman, tiens tiens...) dont Little Nemo.
J'ai eu plus de mal à rentrer dans cette partie du livre (je ne crois pas y être vraiment parvenu d'ailleurs) qui relève essentiellement de l'anthologie d'un style.
Je ne nie pas que ce soit bien fait, mais je trouve l'intérêt (et la force) moindre par rapport aux planches relatives aux tours mortes.
C'est clair, ce livre témoigne, mais en 2 temps: 1- des tours. 2- de l'historique de la BD américaine.
De plus, c'est vrai Spiegelman s'engage (un peu) par rapport à l'élection américaine 2004 (et 2000 d'ailleurs). Mais je suis resté sur ma faim: ses avis et ses contestations ne vont pas bien loin. C'est vrai qu'aux States, c'est peut être déjà beaucoup ...
Je persiste à croire que quelque chose de plus modeste sur les tours seules m'aurait davantage touché.