J'aime toujours autant le dessin de Tardi, même si ce n'est pas le plus original et le plus renouvelé qui soit.
Mais, autant il colle bien à Paris, aux architectures, autant je l'ai trouvé inaproprié à ce récit antique.
Certes, il y a de beaux passages entre les roches, dans les sous-sols.
Certes, le noir et blanc est intense et force le trait, force l'émotion.
L'histoire, aussi est belle, tragique comme il faut, comme il se doit.
Et pourtant, je n'ai pas été gagné par l'émotion outre mesure.
Ce livre m'a laissé un peu froid, je n'y ai pas puisé la substantifique moelle.
Quel est le manque ?
Un peu le récit, un peu le dessin, un peu les deux ensemble, qui ne correspondent pas à merveille. Un peu aussi la froideur de l'époque, la dureté des croisements, la tristesse des conditions.
Et puis, un peu aussi mon recul envers la chose antique, entre fable et légende.
Alors, que conclure ?
Qu'il s'agit d'un beau livre, à conseiller, assurément, mais d'un ouvrage qui ne joue plus de l'insensibilité, du destin, que de la passion, et de la confiance en l'autre.
Une brisure, un espace ouvert. Vers l'(in)humain, et ce n'est pas beau à voir... (déjà).