Je ne crois pas être un "bon client" de ce genre de BD. Les sagas, les familles, les épisodes tsoin tsoin avec rebondissements et listes de protagonistes à rallonge, j'en ai soupé, moi Môssieur !
Mais j'avoue que le scénario est bien monté, ficelé avec délicatesse, réfléchi.
C'est la qualité principale du livre car le dessin de Gillon n'a rien de surprenant ni de particulier: il délivre l'histoire, il communique le récit. Point.
Les couleurs sont aussi peu avenantes que les décors: c'est du réalisme livré aux péripéties.
La lutte familiale, les rivalités, les destins qui se choisissent par les actes, c'est plutôt bien vu, et ça coule bien, comme une vieille liqueur qu'on croit connaître mais dont le goût nous surprend toujours un peu. Le temps qu'on s'en rappelle. Et qu’on se rende compte que la poussière finit par avoir prise sur elle.
Ici, j'ai la même impression: je perds mon chemin mais les cailloux blancs me tendent la main pour me remettre sur ma route. Et je continue, tranquillement, sans grande émotion finalement.
Trop de technicité, un penchant pour la froideur, ça doit être ça qui me gêne.
Une idée intéressante de visiter le monde de la justice et des avocats à travers les aventures de deux familles concurrentes et étroitement mêlées en même temps.
Malka écrit un scénario très documenté et pour cause puisqu’il est lui-même avocat. Le récit est donc très crédible et, très vite, j’ai accroché à ce récit.
Les personnages sont très vite sympathiques ou antipathiques, mais leurs personnalités très marquées les rendent très réels. De plus, Gillon nous offre un dessin fin et très minutieux sur les détails. L’histoire commence en 2002 mais le scénario nous ramène en arrière, exactement en 1938 à Paris. Les couleurs, judicieusement choisies, nous plongent tout de suite dans cette ambiance d’avant guerre ou peu à peu, les choses vont se dramatiser avec la victoire allemande.
Très vite le récit va dépasser le simple cadre du tribunal, pour nous emmener dans une course ambitieuse vers le pouvoir, avec un orgueil démesuré, qui malheureusement va aboutir à une conclusion de ce premier tome très dramatique.
J’ai beaucoup aimé ce récit, poignant et révoltant parfois, surtout la période de l’occupation, qui occupe quasiment tout l’album. Et on a beau savoir beaucoup de choses sur cette période sombre de notre histoire, on ne peut pas s’empêcher d’être révolté en lisant certains passages de cet album.
Tout comme dans la série "Les maîtres de l'orge", ce premier tome de "L'ordre de Cicéron" nous plonge au sein d’une saga familiale à travers plusieurs générations. Mais au lieu d’opposer des brasseurs, Richard Malka opte ici pour un affrontement entre deux bureaux d’avocats, comme laisse présager le titre de cette série.
Le conflit démarre en 2002 avec une tentative de rachat hostile du cabinet français Veyrac-Richemont par le cabinet d'avocats new-yorkais Steiner - Mac Rae. Un conflit qui trouve racine en 1938, lorsque deux jeunes avocats s’affrontent lors d’un procès qui déchaîne les passions sur fond de xénophobie.
On se retrouve donc avec un scénario classique, mais bien ficelé, brillamment narré et très dense qui, grâce à son côté historique, économique et criminologique, fait bien plus que nous livrer d’excellents plaidoyers d’avocats. Jalousie, antisémitisme, rancoeurs, histoire d’amour, trahison, haine, ambition, rivalité à travers l’histoire ... et tout cela déjà dans un premier tome : ça promet !
Le dessin de Paul Gillon, qui approche les 80 ans, est assez classique et colle parfaitement à cette saga historique. Le tout sur un papier de qualité, brillant, lisse et donc anti-dédicaces !
Quelle bonne surprise !
Imaginez un album des Maîtres de l'Orge qui se déroulerait dans le milieu des avocats. Et à Largo Winch qui abandonnerait le monde des affaires pour affronter celui du buziness des juristes.
Tout est impeccablement formaté et précisément ciblé sous une couverture rouge pelliculée et efficace.
Les amateurs de grandes sagas économino-crimino-familiales seront comblés. Il y a le dessin imparable de Gillon, qui touche de la grâce de son trait chaque univers qu'il aborde. Un régal graphique. Rien que pour ça, cette histoire un brin téléphonée de vendetta familiale sur fonds d'OPA sur un cabinet d'avocats prestigieux mérite de s'y arrêter. A déguster comme un bon film.
A quoi, parfois, tient un achat !... C'est la couverture, représentant un avocat en train de plaider, qui m'a attiré. Voici deux ans, lors d'un festival, j'ai été amené à rencontrer Eddy Paape (Marc Dacier, Luc Orient, les Belles Histoires de l'oncle Paul, etc... etc...). Il avait le temps et m'a dessiné un superbe original. Je lui ai laissé le choix du sujet. Il a opté pour un avocat en train de plaider. Le dessin -magnifique- quasi terminé, je l'entends qui y va d'un retentissant "Nom di dju !..". M'inquiétant, il m'avise qu'il a dessiné deux mains GAUCHES. Il s'excuse, me prévient qu'il va "gommer tout ça !". Que nenni, lui ai-je répondu. Et c'est ainsi que je suis vraisemblablement le seul à posséder un original de Mr. Eddy Paape qui représente, au fusain, un avocat du 19ème siècle en train de plaider et affublé de DEUX MAINS GAUCHES.
Basée en partie sur des faits réels, cet album est de bonne facture. L'intrigue y est terriblement passionante (je devrais dire "les intrigues"), on se retrouve face à de grands fléaux de la société d'hier et d'aujourd'hui: le nazisme, le racisme, le colonialisme, l'ambition, la jalousie, la trahison et la haine sous toutes ses autres formes.
C'est vraiment un excellent album qui nous est proposé là!
Et puis, l'histoire se déroule dans un milieu encore peu exploré en BD, celui des avocats, déjà très utilisé à la TV!
Le second tome devrait sortir ces prochains mois! Enfin...