Avec "30 jours de nuit", de Steve Niles et Ben Templesmith, l'amateur de gore peut se mettre à saliver.
Le postulat de départ de ce récit de vampires est extrêmement efficace. Là où les victimes potentielles attendent généralement d’être sauvées par le gong d’un soleil se levant avec la régularité d’une horloge suisse, dans la petite ville de Barrow, Alaska, l’aube se fait souvent désirer. Dans ce trou perdu de l'hémisphère nord, la nuit polaire offre aux chasseurs de sang 30 jours consécutifs d’obscurité : plus de temps qu’il n’en faut pour dévorer cette communauté isolée au milieu d'un désert glacé. Ce terrain de chasse, sans espoir pour les autochtones, est un véritable vivier de nourriture pour Marlow et sa meute.
Enchaînant à grande vitesse les scènes de carnage de ce véritable buffet sanguinaire, Steve Niles ne s’attarde jamais sur la mise en place des personnages, au profit d’un rythme endiablé et d’un one-shot sans longueurs. Passant d’un endroit à un autre, sans véritable notion du temps, le lecteur est totalement immergé dans le chaos installé par les êtres de la nuit : au milieu d’appels à l’aide, de babines sanguinolentes et de scènes de dépeçage, il partage la détresse des habitants de Barlow. Les seules constantes au milieu de ce désordre sont la peur, l’incompréhension et l’abandon. Le seul espoir, lui, n’arrive que dans 30 jours !
La griffe de Templesmith frappe à nouveau très fort dans cet album. Une puissance graphique qui sort de l’ordinaire et accentue l’ambiance macabre, oppressante et malsaine développée par Steve Niles. Un dessin au caractère particulier, assez déconcertant, qui plante un décor approximatif, restituant parfaitement le côté angoissant du scénario. Une ambiance glauque, un monde d'ombres qui semble filtrer la lumière et l’espoir et qui baigne le tout dans un brouillard aux couleurs tamisées. Une pénombre qui oblige le lecteur à se focaliser sur les détails importants et d’où surgissent régulièrement des crocs acérés effrayants et des giclées d’hémoglobine. Des traits hachurés, torturés, irréguliers et des teintes travaillées qui permettent au dessinateur australien de mettre l’horreur en scène avec grande maestria.
Un comics d’ambiance au graphisme atypique et au rythme soutenu, dont l’adaptation cinématographique sort demain en France.
Ah un comics américain qui traite de vampirisme. Que voilà un album intéressant.
Le scénario met en scène une ville d'Alaska où la nuit dure 30 jours en hiver. Voilà un paradis bien attirant pour les suceurs de sang. Et c'est exactement ce qui va se passer, car les vampires prennent le contrôle de la ville, la coupant totalement du monde afin d'entamer leur bacchanale de sang. En fin de compte, le scénario n'est certes pas très fouillé, mais l'idée de départ et certains ressorts dramatiques de cet album contribuent à faire de cette intrigue d'apparence simple une histoire de vampire des plus efficaces.
Le dessin est très original. Mélange de réalisme photographique et de lignés acérées, il met avec merveille en scène l'horreur qui suinte des pages de cet album. Les couleurs sont réellement bien choisies, et contribuent également à installer un climat pesant sur cette histoire.
En bref un album de vampires très accrocheur, qui allie graphisme original et rythme soutenu. A lire
C'est reposant... pas de suspense ni de faux semblant, on est très rapidement dans le vif du sujet, on nous mâche le travail, pas de prise de tête, efficace!
Et un graphisme somme toute assez plaisant, avec des ambiances bien glauques, bien comme il faut!
Rien d'innovant, du tout, c'est même totalement téléphoné, mais moi, j'aime bien 30 jours de nuit!
Grosse ambiance... ou plutôt, sale ambiance ! C'est très sombre, très glauque, très étrange... Donc à ce niveau-là, c'est une franche réussite, rien à dire.
Pourtant, vu le dessin, je m'attendais à un truc un peu moyen. C'est bien trop irrégulier, certaine planches étant tout à fait moyennes (certains persos sont difficilement reconnaissables), d'autres sont de toute beauté.
Alors même si c'est une "La bête" histoire de vampire, et même si la chute est un peu décevante, j'ai bien aimé ce one-shot.
j'ai lu Criminal Macabre (des mêmes auteurs, chez Carabas) avant de m'atteler à la lecture de ce One Shot, que certains de mes proches trouvaient inférieur. Pour ma part, je le trouve meilleur pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, pour le scénario lui-même. Moins complexe que CM, il n'en est pas moins beaucoup plus attractif et attirant, très "Survival horror", et diablement bien rythmé. Comme le dit Coeurdepat, 0 temps mort ici. Tout s'enchaîne très bien, et la lecture de cet album est particulièrement rapide, même pour un escargot de la lecture comme moi.
Puis, pour les personnages. Leur personnalité, qui peut sembler moins poussée que dans CM, me semble aussi beaucoup plus adaptée à la situation. Les victimes sont dépassées, ne comprennent rien, on sent bien l'état de survie psychique dans lequel la plupart d'entre elles se trouvent. Les vampires, quant à eux, d'aspect particulièrement brutal, sont relativement effrayant, entre autre grâce au traitement graphique de ben Templesmith.
Ce dessin, parlons-en. Lors de ma lecture de CM, je n'avais pas vraiment apprécié le traitement. Un peu tape à l'oeil, assez vide, bien foutu, certes, mais qui ne me plaisait pas. Ici, tout va mieux : le choix des teintes est vraiment pertinent, on distingue l'action, les personnages... vraiment, je préfère (sans pour autant adorer).
Enfin, la fin de cet album est très bien vue. Noire, certes, mais... hum, je n'en dit pas plus, lisez le donc
En bref, un album très correct, parfait pour passer un bon moment de lecture.