Quelle ingéniosité M.Hergé! On ne reviendra pas sur le côté visionnaire de ce grand monsieur de la BD, mais il fallait quand même le faire : inventer cette fusée ainsi que tous les équipements qui vont avec, c'est du grand art.
Au-delà de ces aspects techniques, cet album reste une histoire de Tintin, avec tous les éléments et protagonistes qui font le succès de cette série, succès qui ne se dément pas avec le nombre des années. Le capitaine, les dupondt, Tryphon, tous ces personnages désormais bien définis concourent au succès de cet album. En plus de ces personnages, la personnalité de Wolf est intéressante à découvrir.
Sans compter bien sûr l'aventure et le suspense qui s'en dégage. Une grande aventure pour un grand Tintin, qui reste un classique et un must de la BD franco belge.
L’odyssée spatiale de tintin continue avec ce deuxième tome. Sorti en 1954, Hergé nous montre vraiment qu’il est un visionnaire (Armstrong ne marchera sur la Lune qu’en 1969, soit quinze ans après).
On retrouve nos héros où on les avait quitté, c’est à dire inconscient dans la fusée du professeur Tournesol se rendant sur la Lune. Les quatre passagers (et Milou) reprennent connaissance, et se rendent compte très vite de la présence de deux passagers clandestins : Les dupond-t. Me direz vous peut on faire un album sans eux ? Moi j’ai envie de répondre non tout de suite. Ils sont d’ailleurs excellent, surtout dans la scène où ils font des sauts sur la Lune (« Si des gens nous voyaient »). Ils font malheureusement leur dernière grande apparition. Leur role dans les albums suivants se limitera presque qu’à de la figuration. Ils seront même absents de deux albums (Tintin au Tibet, Vol 714 pour Sydney).
Le professeur Tournesol est ici différent. Grâce à son appareil auditif, il perd temporairement sa surdité ( Oups, pardon il n’est pas sourd. Il est juste seulement un peu dur d’une oreille). Le capitaine reste lui égale à lui même. Il n’hésite pas à se moquer des dupond-t (le cirque Hipparque cherche deux clowns, et les dupond-t devraient faire l’affaire), à se mettre en colère (on lui reproche de postillonner). Il va même jusqu’à compliquer les choses en sortant de la fusée en route.
L’histoire sert aussi à éclaircir une personnalité trouble (Wolf), et à faire revenir un ancien méchant le colonel Jorgen (le sceptre d’Ottokar) qui vient ici prendre sa revanche. Wolf montre une personnalité hors du commun (presque assez rare dans l’univers de Tintin) et on pourrait se surprendre à presque verser une larme après son départ.
Le récit, bien que aussi bien que le précédent, montre le génie de Hergé qui réussit à se sortir des nombreuses difficultés de ce genre d’histoire (notamment les problèmes d’oxygène dans l’espace). L’auteur à la fin de l’histoire en sortira soulagé et pourra dès l’album suivant revenir au style qu’il affectionne. Ne boudons donc pas ce tome ne serait ce que par son aspect unique, mais aussi par son excellente histoire.
Un album très important dans l'oeuvre d'Hergé, puisque cette fois nos héros sont vraiment sur la Lune. L'histoire est intéressante, puisqu'on voit qu'Hergé s'est parfaitement documenté. On ne trouve pas d'extra-terrestres, Hergé voulait éviter de sombrer dans le space opera. Tournesol est particulièrement attachant dans cet album.
On notera le retour du colonel Boris qui revient sous le nom de Jorgen, sans doute agent de la Bordurie. Chose intéressante aussi le personnage de Wolf, l'agent double qui dans un dernier sursaut choisira la mort pour sauver l'équipage.
Un bon album qui n'est pas mon préféré mais qui tient une place très importante dans l'histoire de la série.
"On a marché sur la Lune" est l'un des plus fameux albums de Tintin. Ce n'est pourtant pas mon préféré.
Certes, le thème du voyage sur la Lune avant l'heure (Neil Armstrong était loin de poser le pied sur la Lune, puisque quand l'album est paru, les Soviétiques n'avaient même pas encore envoyé leur satellite Spoutnik vers les étoiles), ce thème, donc, est porteur et l'on a beaucoup glosé sur le caractère visionnaire du dyptique. Le design de la fusée, simple mais marquant, a été tellement repris dans des produits dérivés que c'est devenu un élément marquant de l'ensemble de la série. La couverture elle-même est ultra-célèbre et a été maintes fois pastichée (notamment par Tronchet avec son Raymond Calbuth dans "On a marché dans la merde" ).
L'album n'est évidemment pas mauvais. Hergé y maîtrise pleinement son fameux style ligne claire et prend un plaisir visible à dessiner l'espace et les vastes étendues lunaires autour de sa fusée rouge et blanche. Le découpage est dense, tout comme les phylactères qu'un auteur du XXIe siècle n'ose plus remplir autant ! Et c'est d'ailleurs à l'épreuve du temps que l'album ne me paraît pas (ou plus ?) exceptionnel.
Il y a des longueurs dans l'album. Là où certains chroniqueurs voient un sens du rythme remarquable, je trouve plutôt que le récit peine à s'accomoder de l'étroitesse du huis-clos : les scènes dans la fusée sont longuettes et ont du mal à se renouveler. L'exploration de la Lune manque aussi de dynamisme : difficile de se passionner pour un Milou qui tombe dans un trou ou pour un char qui s'arrête au dernier moment. Hergé paraît presque dépassé par l'ampleur de son sujet et le côté prouesse technique prend le pas sur l'aventure, ce que je trouve dommage.
Un bédéphile averti ne peut pas ignorer cet album célébrissime. Mais apprécier Tintin, c'est aussi remettre en cause les idées communes sur la série : pour moi, "On a marché sur la Lune" n'est pas un album essentiel et si je devais n'en choisir qu'un ou deux pour faire découvrir Tintin, ce ne serait pas celui-là.
Bon, cette BD, ça remue, ça ne manque pas de rythme et d'événements.
C'est sans doute facile aussi, car j'imagine que narrer un récit spatial est plus simple que compter sa préparation.
Mais ce livre est agréable, et les personnages s'élèvent à la hauteur de leur réputation.
Même Wolff termine en beauté, avec une grandeur d'âme que l'on ne lui soupçonnait pas, finalement.
D'accord, Haddock boit, trop, et c'est classique. D'accord les Dupond/t ne comprennent rien à rien et ratent tout, comme d'habitude. D'accord, Tintin mène le jeu, avec toujours un coup d'avance.
Rien de bien surprenant, chacun étant dans son rôle. Mais après tout, quand c'est bien rendu, quand c'est narré avec talent, comme ici, pourquoi se priver d'une recette simple ayant déjà fait ses preuves ?
D'ailleurs Tournesol est essentiellement le scientifique responsable et non pas le savant déjanté que l'on connaît à Moulinsart. Ca, c'est différent.
Et puis, en terme de huis clos (comme pour le tome précédent), avec une fusée, on n'est pas mal servis, non ?
Hergé s'en sort en maître, en homme de talent.
Rien de surprenant, oui, mais nous livrer encore une belle histoire, un récit qui nous captive, préservant le suspense jusqu'au bout, chapeau !
(Et là encore, bravo à la réédition fac-similé du livre original: que c'est beau, quelle qualité !).
Une héroïne dans cet album... et ce n'est pas une femme...
Elle est à damier rouge et blanc... elle ?... c'est la fusée qui va emmener nos amis sur la Lune ; inspirée de la fusée V-2 allemande conçue par Wernher von Braun au début de la Seconde Guerre Mondiale.
Dans ce deuxième épisode, Hergé dessine plusieurs séquences que les lecteurs n'oublieront pas : le whisky "en boule" obtenu durant un moment d'apesanteur et, surtout, cette phrase que Hergé fait dire à Tintin : "Ca y est !... J'ai fait quelques pas !... Pour la première fois sans doute dans l'histoire de l'humanité, on a marché sur la Lune !"
Quasi 20 ans plus tard, le 21 Juillet 1969, Neil Armstrong prononcera ces mots : "Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité !" Etonnant, non ?...
On a dit tellement de choses sur ces deux albums, on les a tellement décortiqués que ce qu'il y a de mieux à faire, ami lecteur, est de les (re)lire. Imaginée par "un monsieur qui dessine", cette extraordianire odyssée spatiale est vécue au quotidien, dans ses tous petits détails, sans grandiloquence aucune.
On est loin des space opera hollywoodiens "à la Star Wars" mais c'est tout aussi prenant... et beaucoup plus comique !
Une histoire majeure dans la Bande Dessinée. Incontournable. A posséder !
Mon "Tintin" préféré ... regardez moi cette couverture !!!!!!!!
Avec un mythe comme ça, on n'est plus dans le rationnel mais dans l'affectif.
J'adore Tintin, c'est inexplicable ... mais cet album m'a emmené pile là où je voulais aller.
Petit, j'ai lu "De la Terre à la Lune" de Jules Vernes des dizaines de fois ... Hergé a su mettre en image ce que j'imaginais : c'est beau, réaliste et bien documenté ...
Au niveau du scénario, c'est également parfait : de l'humour (vive Haddock, les Dupond/t, Tournesol ...), du suspense, des rebondissements et de l'émotion (ah Wolf !!!!) ...
Pour moi sans conteste le point d'orgue de la série, l'album qui a pour moi élevé la série au rang de mythe. J'ai une nette préférence pour les dyptiques des aventures de Tintin (Les 7 boules de cristal/Le temple du soleil, Objectif lune/On a Marché sur la lune), et force est d'avouer que là Hergé s'est surpassé.
15 ans avant Appollo 11 et les premiers pas de l'homme sur l'astre lunaire, Hergé propulse son héros de toujours à travers le ciel. La série prend une tournure SF pour 2 albums donc, mais cette tournure ne se fait pas de manière irréfléchie. Hergé s'est longtemps documenté sur la technologie de son époque avant de se lancer dans l'écriture de cet album.
L'histoire mèle donc exploration spatiale, enquête policière, retournement de situation, personnages récurrents de la série et bourdes des duponts. En bref on est à nouveau plongé dans l'univers de Tintin que nous connaissons si bien. Mais Hergé montre icic qu'il sait aussi sortir des sentiers battus et aborder des sujets auxquels il ne nous avait pas habitué.
Le dessin est dans la continuité des précédents albums, cette ligne claire qui a aujourd'hui fait école, mais Hergé fait preuve d'une certaine dexterité sur les paysages lunaires, ce qui joue beaucoup à poser l'ambiance de cet album.
N'hésitez plus, si ce n'est pas déjà fait, montez avec Tintin dans la fusée au damier rouge et blanc et allez marcher sur la lune.