Voici le premier tome d'un diptyque mémorable... Encore une fois, Hergé nous emmène loin, très loin, avec cette histoire d'archéologues qui tombent les uns après les autres dans un sommeil profond, après avoir découvert le tombeau d'un roi inca. Les Dupondt reprennent leur rôle de policier, avec moins d'effet comique mais ils sont justes dans ce rôle. Le Capitaine Haddock, qui mène la vie de château, reprend vite son uniforme de capitaine, pour partir à la rescousse du professeur Tournesol. On retrouve tous les ingrédients qui font d'un album de Tintin, un grand album de Tintin.
L'enlèvement de Tournesol est énigmatique et prépare le second tome du diptyque, avec le départ de Tintin et du Capitaine vers le Perou...Le scénario est fourni, les détails abondants, les personnages sont justes, le dessin irréprochable, bref un très bon album de Tintin. Je mentionne en plus l’apparition de deux autres héros d’Hergé, Quick et Flupke, dont une farce met Tintin sur la voie des ravisseurs. On se demande ce qu’ils font à La Rochelle mais le clin d’œil est plutôt sympa…
Nouveau diptyque qui s'amorce ici et qui donnera lieu à l'excellent "Le temple du soleil". Dans cette première partie, Hergé ressort un sujet qu'il avait déjà abordé dans "les cigares du pharaon", la malédiction liée à la découverte d'un tombeau (inca cette fois-ci).
Pour la deuxième fois, après "le secret de la Licorne", Hergé situe son action entièrement en France. On notera les descriptions très précises de Saint-Nazaire ou La Rochelle.
Chose amusante aussi ; le capitaine Haddock commence à prendre goût à la vie de chatelain. On retrouve, d'ailleurs, Tournesol qui vit chez lui à Moulinsart et Nestor qui est à son service.
Hergé fait ressurgir d'anciens personnages comme Alcazar qui est devenu lanceur de couteaux ou Bianca Castafiore la diva, dans la scène du music-hall.
L'intrigue est essentiellement policière, mais elle laisse une grande place au fantastique (les 7 boules de cristal). Au final, un album qui met finement en place une intrigue solide et qui annonce une excellente deuxième partie.
Un album que j’adore. Par quoi commencer. L’ambiance mystérieuse et effrayante est très bien rendue. On entre encore plus dans cette histoire de malédiction que dans Les cigares du pharaon, car elle reste longtemps en avant. Rascar Capac nous presque frémir, et la scène dans la villa de Bergamote est effrayante à souhait (voir le cauchemar de Tintin).
A côté, il y’a de nombreuses touches comiques. Le capitaine Haddock et le professeur Tournesol y sont pour beaucoup. Le premier qui veut faire plus classe apparaît encore plus ridicule (voir notamment la scène de la promenade à cheval ou celle avec la tête de bœuf). Le second est excellent quand il s’envole sur sa chaise (il n’y a qu’à regarder la couverture). Les dupondt ne sont pas en reste (la scène ou l’un confond sa canne avec le téléphone).
Un album qui est donc très bon, suivant deux bons albums (Le secret de la Licorne et Le trésor de Rackham-Lerouge) et qui annonce une suite tout aussi bonne.
A peine sorti du dyptique de la chasse au trésor, Hergé replonge dans une histoire ambitieuse en deux volumes. En sachant varier les plaisirs et donc, en livrant un nouvel album prenant.
L'ambiance est à l'occulte, ce qui est nouveau dans la série (le début de "L'étoile mystérieuse" n'étant pas confirmé par le reste de l'épisode). Et cela confère à l'album un réel intérêt ainsi qu'uné évidente efficacité. Rascar Capac fait froid dans le dos et le mystère autour des membres de l'expédition qui se font agresser les uns après les autres est savamment mené par l'auteur.
Le capitaine Haddock peut jouer au chatelain depuis que Tournesol lui a offert Moulinsart et que le trésor a été découvert. Hergé se moque de son personnage qui porte le monocle tout en se rendant parfaitement ridicule au théâtre devant des centaines de personnes. Le général Alcazar fait une réapparition après avoir joué un grand rôle dans "L'oreille cassée" - réutilisation de personnage que Hergé fait finalement assez peu dans la série.
L'album compte plusieurs scènes mémorables. La voyante qui s'évanouit après avoir prédit la maladie du mari d'une des spectatrices (scène notamment parodiée dans "Baston Labaffe", BD pourtant centrée sur le personnage de Franquin !), le professeur Tournesol qui s'élève dans les airs dans son fauteuil (Lucas y a-t-il pensé en faisant s'élever C3PO dans "Le retour du Jedi" ? Mystère...), c'est ici. L'ensemble est rythmé et très prenant.
C'est donc du bon Tintin, joliment poursuivi par "Le temple du soleil" et par sa fameuse scène de l'éclipse...
Ah, Tintin...
Cette soif de l'aventure, ces mondes qu'il défriche, ces domaines si variés où il excelle.
Quel talent !
La force d'Hergé, c'est de nous emporter avec le reporter, de nous faire courir dans son souffle, entre Haddock et les Dupondts.
Il connaît tout, il voit tout, il maîtrise (presque) tout.
Et nous, même si c'est simple, à chaque fois on marche, on a envie de suivre ses pas.
Certes, le récit traîne un peu en longueur parfois, certes ça semble un peu daté par instants, mais ça conserve une force incroyable et un art de faire si construit que ça reste une valeur sûre. Et tant pis si la malédiction nous emporte, où si elle sonne un peu creux.
Peut être ce livre manque t'il d'émotion, peut être Hergé est il victime de "l'effet tome1" qui lui empêche de tout livrer, mais on est en présence quand même d'un bel ouvrage, d'un livre porteur et de personnages si mythiques (quitte à se caricaturer eux-mêmes) qu'il ne faut pas gaspiller notre bonheur.
Un bon livre, donc, mais pas un livre d'exception.
On quitte un dyptique (celui du trésor de la Licorne) pour en retrouver un nouveau, dont voilà le premier album. Et quel album !
Les amitiés du professeur Tournesol vont mettre nos amis sur les traces d’une terrible malédiction inca qui frappe tour à tour les membres d’une expédition revenue depuis peu avec la momie de Rascar Capac. Ce premier album oscille adroitement entre thriller et fantastique, le scénario est très bien amené et ne souffre d’aucun temps mort. C’est intéressant, les personnages bien travaillés, bref une ouverture avec panache de cette série.
Le dessin reste dans la veine des précédents albums. Si vous aimer cette ligne claire dont Hergé est un maîtres les plus célèbre, vous ne pourrez qu’apprécier ce nouvel album, desservi par une mise en couleur toujours aussi simple mais efficace.
En bref, encore un immanquable dans cette série. Mais est-ce réellement une surprise ?
Ce nouveau récit est prépublié dans le journal Le Soir à partir du 16 Décembre 1943.
Après la chasse au trésor des deux précédents opus, Hergé cherche à s'évader de l'actualité qui oppresse l'Europe et le monde (nous sommes en pleine Seconde Guerre Mondiale). Il décide de revenir à une idée déjà utilisée dans Les Cigares du Pharaon : la malédiction d'un tombeau. Mais cet album sera plus sombre : le fantastique et l'occulte seront très présents dans cette nouvelle histoire.
Hergé imagine qu'une malédiction inca, perpétrée au moyen de boules de cristal, s'abat sur les sept membres d'une expédition ethnographique revenue du Pérou.
Par l'intervention du professeur Bergamotte, vieil ami de Tournesol, celui-ci se trouve bientôt mêlé à cette vengeance surnaturelle. Il est enlevé. Tintin, Milou et Haddock partent à sa recherche...
Pour les plus jeunes enfants, cet album a quelque chose d'effrayant, notamment à cause de l'apparition fantomatique de Rascar Capac, inspiré de la photographie d'une momie péruvienne. De même, le climat de la nuit passée dans la villa de Bergamotte atteint des sommets d'angoisse.
Cette histoire se décline en deux albums ; la suite étant Le Temple du Soleil. L'édition originale ne sera éditée qu'en 1948, près de cinq ans après sa prépublication.