Comme les autres albums de la série, j'ai lu ce "Tintin" étant gamin. Et déjà gamin il m'avait paru bien moyen. Je l'ai relu récemment, et je l'ai trouvé toujours aussi moyen.
Alors certes, il est historiquement intéressant sur bien des points (qui ont été énumérés dans les avis précédents) mais concernant l'histoire, c'est une autre paire de manches.
Ce scénario apocalyptique n'a rien de convainquant. Comme dans les premiers albums, c'est très décousu et les situations s'enchainent maladroitement. Comme dans les premiers albums, les gags (rares) ont mal vieilli.
Alors que reste-t-il ? un certain suspense (la compétition entre les deux navires est bien menée), un capitaine Haddock qui évolue par rapport à l'album précédent et des éléments fantastiques qui (il faut le reconnaitre) ont marqué tous les lecteurs (à savoir les champignons et les araignées géantes).
Graphiquement, c'est du Hergé. La ligne claire quoi ! mais c'est encore un peu moins plaisant que dans les albums suivants. Peut-être la colorisation.
C'est vrai, l'étoile mystérieuse n'est pas le meilleur des Tintin, mais c'est aussi loin d'être le moins bon.
Deuxième aventure du capitaine Haddock, et de son florilège d'insultes fleuries et bien senties : ça c'est déjà un élément positif. Dans cet album encore, Haddock fait son métier, à savoir capitaine, et ça aussi, c'est assez rare dans les albums de Tintin, vu qu'il prend sa retraite assez rapidement. Enfin, on découvre que ce brave homme a eu une vie avant de rencontrer Tintin, et qu'il a au moins un ami (un collègue avec qui il a navigué 20ans).
Je trouve le scénario assez bien vu, l'aérolithe qui arrive sur terre étant un prétexte à une course vers le lieu où il est tombé. On n'a rarement vu dans le monde de la BD une course de cargos et cette partie de l'album revêt, selon moi, un certain suspense. Les subterfuges employés par l’équipe adverse pour empêcher nos héros de gagner l’étoile mystérieuse, ainsi que les moyens mis en œuvre par ces derniers pour les déjouer s’inscrivent parfaitement dans le scénario d’ensemble et lui permettent d’avancer.
En revanche, quelques bémols : le séjour de Tintin sur l'étoile, l'histoire du fou évadé de l'asile, qui sont des passages qui me convainquent moins. D'ailleurs, c'est quoi cette histoire avec les araignées ? Hergé était arachnophobe ou quoi? A moins que cette bête immonde qui menace Tintin, et avant cela, qui semble menacer la Terre, ne reflète un mal bien connu qui a secoué le Monde au moment où cet album est sorti (1942), mais peut-être vais-je chercher trop loin....
Le dessin, one ne le présente plus, l'histoire non plus d'ailleurs. Sorti en 1948, il fait toujours l'objet de commentaires sur coincoin en 2008, c'est que forcément, cet album est digne d'intérêt.
Une des caractéristique de cet album est peut-être qu’il fut le premier de la série à être directement paru en couleurs et au format 62 pages. C’est la guerre qui explique cela. Le papier étant réquisitionné, on a demandé à Hergé de réduire la longueur de ses récits, en échange, l’auteur a « obtenu » la couleur. Les pages sont aussi passées de trois a quatre bandes.
Mais la guerre explique d’autres choses que ces changements. Elle explique l’aspect neutre de ce récit. (la Belgique étant à ce moment occupée par l’Allemagne nazie), ton qui était déjà en place dans Le crabe aux pinces d’or et qui se poursuivra jusqu’au Temple du soleil. C’est également en raison du contexte international que Hergé donne comme nationalités aux savants constituant l’équipage auquel participe Tintin, celle des pays de l’Axe ou de pays neutre (à notre d’ailleurs que dans la première édition, l’expédition rivale arborait le drapeau des Etats Unis).
La couleur rend alors les dessins de Hergé plus agréable. Je ne dirais pas forcement plus joli, car si vous relisez certains albums en noir et blanc, vous y verrez des merveilles. L’histoire cependant ne m’a guère enchantée. Certes on retrouve avec joie le capitaine Haddock, mais les Dupond-t sont absents de toute l’histoire. La recherche de ce minerai ne m’a pas autant emballé que le fera la recherche au trésor dans les deux albums suivants. La lecture reste cependant agréable, mais ce n’est pas le meilleur Tintin.
Ce Tintin-là a une belle introduction : au bout de quelques planches, un savant tout ce qu'il y a de sérieux annonce à un héros horrifié l'imminence de la fin du monde ! Alors bien sûr ça n'arrivera pas, mais cela crée un suspense assez réussi et renouvelle efficacement les accroches de la série.
Par ailleurs, l'intrigue n'est peut-être pas extraordinaire mais Hergé sait retenir l'attention de son lecteur dans cette course-poursuite pour être le premier à planter son drapeau sur l'étoile mystérieuse. Coups bas autorisés, manipulations en tout genre, et première occasion pour le capitaine Haddock (apparu, rappelons-le, dans le précédent épisode) de montrer qu'il peut être autre chose qu'un boulet alcoolique ! Le final est plutôt réussi et les champignons et araignées à la taille démesurée avaient durablement marqué ma mémoire d'enfant quand j'avais découvert ce dixième tome.
Graphiquement, ce premier Tintin réalisé en couleurs (eh oui, les autres sont des rééditions, jeunes amis ) est plus qu'honorable. Le trait d'Hergé a tellement marqué le monde de la BD qu'il semble inutile de s'étendre outre-mesure sur son talent : le lecteur ne sera pas déçu par le dessin, voilà tout.
Placé juste avant le mémorable dyptique du "Secret de la Licorne", "L'étoile mystérieuse" est globalement une lecture agréable.
La présente histoire est prépubliée dans le supplément jeunesse du journal Le Soir à partir du 20 Octobre 1941.
L'album, c'est une nouveauté, sortira directement en couleurs en 1942.
1941... nous sommes en pleine Seconde Guerre Mondiale... c'est l'apocalypse sur Terre... Et si, pour qu'enfin tous les peuples puissent s'unifier contre une menace unique, l'apocalypse ne viendrait-elle pas du ciel ?...
Hergé imagine alors un mystérieux aérolithe qui se dirige droit vers la Terre. Les rats sortent des égoûts, le macadam fond sous la chaleur de plus en plus suffocante et un prophète prédit "la fin du monde". Heureusement, la météorite tombe dans l'Arctique. Une expédition s'organise rapidement. Un navire, l'Aurore, qui regroupe des savants de pays occupés par l'Allemagne ou neutres et le Peary, qui arbore le drapeau américain, vont se livrer une course impitoyable. Leur but ?... récupérer un précieux et très rare métal venu de l'espace : le calystène.
Le méchant de l'album, dans sa première version, est un financier juif américain du nom de Blumenstein. Ultérieurement, cette allusion à une rivalité euro-américaine disparaîtra. Et le scélérat s'appellera ainsi Bohlwinkel (traduction en patois bruxellois de "confiserie").
La fin de l'histoire dans le Soir paraît le 20 Mai 1942. Une semaine plus tard, le 27, les Juifs belges seront obligés de porter une étoile jaune cousue. Pas du tout mystérieuse celle-là...
Pénurie de papier, l'édition originale ne sera tirée qu'à 11.887 exemplaires... devenus très rares.
Pas le meilleur Tintin, c'est sûr, mais quelque chose de solide quand même, un opus avec des trouvailles.
L'histoire est parfois un peu longue à démarrer, s'avère un peu figée (voire artificielle), mais le suspense reste haletant jusqu'au bout, j'ai été pris par le rythme de l'action pour la seconde partie du livre.
On ne peut pas lire Tintin comme une BD quelconque, savoir son époque, d'où elle vient, ce qu'elle a donné à la BD influence, forcément.
Quelques audaces graphiques m'ont scié: la première page avec le fond bleu uni: c'est ça exactement ça et tant pis pour la précision millimétrée du coup de crayon: trouver l'équilibre graphique entre réel et beauté, la solution d'Hergé.
Certaines ficelles sont grosses, c'est vrai, mais vite pardonnées devant l'ampleur des trouvailles: page 24 le découpage du haut avec les savants et le bateau, le parallèle, la liberté, m'a bien plu.
Et puis Milou est attachant, et ses tenues de bateau rigolotes.
L'île et ses pouvoirs: c'est quand même une bonne idée aussi, sur un thème un peu rabâché, c'est vrai (même sans doute à l'époque) mais ça fonctionne.
Bref, un ouvrage qu'on oubliera peut être (mais qui peut aussi laisser dans l'imaginaire du lecteur du journaliste reporter des traces: les champignons explosifs par exemple !) mais avec lequel un bon moment est garanti.
Pourquoi se refuser ce plaisir ?
Ne soyons pas vieux jeu.
Mais qu'était il arrivé à hergé quand il a écrit cette bd ? Attention, je ne conteste pas le talent d'hergé ( je le considère comme l'un des plus grand auteur de bd du siècle) mais j'ai vraiment du mal avec ce tome la.
Tout d'abord et surtout à cause du scénario. La fin du monde, les météorites...pff... et le dénouement est un peu rapide.
Au niveau des dessins c'est toujours un hergé égal à lui même: c'est à dire avec son style mais c'est beau. Si je tiendrai compte seulement du dessin, j'auré mis 4.5, mais avec le scénario, je met 1 . Ca me fait mal même à moi de mettre une telle note à une bd d'hergé.
Si quelqu'un découvre tintin ( ce qui est très rarissime je pense) je ne lui recommendrai pas ce tome la.