Certes, les dessins sont magnifiques, on a du plaisir à retrouver Cochise et Blueberry, dont on sentait la future amitié à la fin du tome 5. On trouve aussi de nouveaux personnages, dont Vittorio, Wild Bill Hicock et Chini, le second amour de Blueberry, beaucoup plus sage que Pearl. Mais voilà, l'histoire ne m'a pas plus emballé que ça. Il est en effet interressant de voir Blueberry protéger clairement les Indiens, mais je trouve l'histoire moins halletante et moins passionante que dans les précédents tomes. Et le final n'est pas très spectaculaire. Heureusement, on sent qu'il y a matière à faire une excellente suite, ce qui a été confirmé pour ma part à ma lecture du tome 19.
Un album étrange et spécial à plus d'un titre. Certaines particularités sont dues aux changement de parution de la série, qui a quitté le mensuel Pilote après l'album "Le hors la loi" (annoncé et publié d'ailleurs dans ce magazine sous le titre l'Outlaw), pour raconter l'épisode "Angel Face" dans l'hébdomadaire "Le nouveau Tintin". Cinq ans après, le 13 février 1979 exactement, on avait enfin des nouvelles du plus célèbre lieutenant de cavalerie de l'Ouest de la bande dessinée grâce à l'hebdomadaire Super-As (qui publiait également "Michel Vaillant", "Tanguy et Laverdure", "Barbe Rouge", et un peu plus tard "Jeremiah"). Deux pages de résumé ont été offertes aux lecteurs du magazine qui n'ont jamais été publiée dans l'album.
Autre particularité qui nous fait découvrir un Gir au mieux de sa forme, Blueberry se met en tête de capturer un aigle à mains nues (l'épisode est fabuleux), et si le scénariste prévoit cette péripétie en deux pages, le dessinateur décide d'en rajouter une troisième (la page 21, en principe), sans aucun dialogue, uniquement basée sur le combat entre l'homme et le rapace. C'est magnifique. Mais le hic, c'est que la parution ne peut excéder 46 pages, aussi faudra t-il tronquer un maximum la première page pour y caser les mentions obligatoires (dépôt légal, achevé d'imprimer le, et autres), là où d'ordinaire on a une magnifique page blanche.
Nez Cassé, c'est le nom indien de Blueberry, Tsi-na-pah. C'est un album exceptionnel qui relance la série avec de nouveaux personnages (Chini, Vittorio, et surtout le célèbre "Wild" Bill Hicock), et surtout qui renoue avec la trame principale, qu'on avait perdue de vue. Maintenant, non seulement Blueberry est recherché pour le détournement des 500,000$ des confédérés, mais de plus pour tentative d'assassinat sur le président Grant. Et puis, enfin une histoire de coeur pour le Lieutenant, on attendait un peu ça depuis "L'homme à l'étoile d'Argent". Cet album enfin est le tournant qui va obliger Blueberry à sortir de sa retraite au milieu des indiens, et se lancer à la poursuite de son honneur perdu et des vrais coupables de l'attentat contre le président sur encore une dizaine d'épisodes.
Il serait donc dommage de découvrir Blueberry avec ce tome, si ce n'est pour en apprécier la qualité du dessin et la richesse du scénario. Mais il ne peut que vous donner envie de prendre toute la collection par le début, ce qui est tout le malheur que je vous souhaite.
Après 5 ans d’absence, Blueberry ressurgit dans le mensuel Métal Hurlant. On ressent donc fortement l’influence de Moebius au dessin.
A la même époque Charlier et Giraud avaient lancé dans le même magazine la série Jim Cutlass se déroulant dans le Sud des Etats-Unis.
L’histoire semble marquer un temps d’arrêt, Blueberry s’est caché chez les Apaches de Cochise. Encore une fois, on notera l’influence du cinéma américain chez Charlier qui change de regard sur les Indiens. Blueberry, le paria, choisit de s’allier avec les Apaches. De nouveaux personnages font leur apparition que ce soit Chini ou Vittorio, chez les Indiens. Mais aussi, un personnage ayant réellement existé Wild Bill Hickock qui se retrouve à la poursuite des Indiens. Un bon tome qui marque le début du cycle Indien, peut-être un peu moins dynamique que les précédents. La couverture est très belle.