J'avoue ma passion pour cette période de l'histoire de France que fut la Guerre de Cent Ans. Débutée le 01 Novembre 1337, elle se terminera en Octobre 1453 par la reddition de Bordeaux aux armées de Charles VII.
Nous sommes ici en 1350 qui verra la mort de Philippe VI de Valois, roi de France, qui aura comme successeur son fils Jean II le Bon (le créateur du Franc Français, si, si !)
C'est dans le n° 61 du mensuel "A suivre" de février 1983 que les lecteurs découvrent le début de ce magnifique triptyque.
Nous sommes en Juillet 1350. La Guerre dure depuis 13 ans entre l'Angleterre et ce qui est la France d'alors. Trois personnages principaux vont se partager la "vedette" de cette longue histoire : un chevalier -au départ- sans nom et sans visage, la malicieuse Mariote et l'Anicet, un jeune homme qui se demande un peu ce qu'il fait là.
Bien documenté, Bourgeon mêle la rigueur historique à une pointe de magie et s'attache surtout à restituer l'authenticité de cette période sombre. Le modus vivendi de l'époque est bien rendu, le langage imagé est souvent truculent. Bourgeon entraîne ainsi son lecteur dans une magnifique geste partagée entre christianisme et paganisme.
Verra-t-on en jour une nouvelle aventure ?... C'est peu sûr. Et, tous comptes faits, ce n'est peut-être pas plus mal...
Trio atypique que celui formé par une pseudo sorcière, un chevalier casqué et un valet moqueur et peureux. Si l’histoire s’engage de manière sanglante, sur fond de guerre de cent ans, où viols et rapines sont légion, l’humour et l’étrange finissent par l’emporter.
Le vocabulaire d’époque nous plonge avec efficacité dans l’ambiance médiévale ; et même s’il subsiste quelques mots dont on ne connaît pas la signification, cela n’entrave en rien la lecture car on devine toujours le sens (enfin presque, soyons honnête ).
Lancés dans une quête dont le but est aussi clair que la traversée du bois des brumes, les 3 compagnons se retrouvent en équilibre sur le fil tendu entre la réalité et le rêve. Le lecteur aussi, par la même occasion...
Chaque personnage a une forte personnalité et les dialogues, en rythme pour les uns, en rimes pour les autres, sont sans doute le point fort de cette aventure.
Il suffira de regarder la couverture pour reconnaitre le trait magnifique de Bourgeon, à la fois réaliste, beaux, mystérieux...
Le scénario est lui aussi très reussi ! Une histoire de sorcière, d'un villageois moqueur echappant à la corde, et d'un chevalier bizarre et distant. Le tout au moyen âge, au temps des guerres sans pitié (ça n'a pas vraiment changé), et des buchers reservés aux soit-disant, sorcières.
Ici, nous avons affaire à La Mariotte, la jolie héroine de Bourgeon, qui vous fera peut-être penser à Marie dans les passagers du vent, et d'un second rôle pas mal joué, par un insensible qui saura montrer ses sentiments au bon moment ! Jusque là tout va bien. on est envouté dans un univers historique mais irréel à la fois.
Et là, cerise sur le gâteau, du fantastique à partir de la page 28. Des petits hommes répugnants, joliment déssinés, très détaillés, très ingenieux. J'ai aimé cet univers qui mélange plusieurs époques et plusieurs réalités. Jamais je n'aurait pensé me retrouver à partir d'une réalité fantaisie après avoir lu les passagers du vent. Mais il l'a fait !
Je pense que cette bd est à lire absolument pour tout les fans de Bourgeon !
L’histoire commence par un mystérieux chevalier qui se trouve deux compagnons de voyage au bout d’une corde : l’Anicet à la limite de la pendaison et Mariotte, prise au piège les jambes en l’air et le cul à l’air (voir couverture).
Bourgeon nous propulse directement au Moyen-âge grâce à un dessin merveilleux, plein de détails et pourvu d’un jeu de lumière somptueux. Grâce à un vocabulaire et une conjugaison adaptés, auxquels il faut certes d’abord s’habituer, il parvient à nous décaler du monde où nous vivons pour nous plonger dans cette ambiance d’antan et nous servir des dialogues poétiques et chantants.
Les personnages, diamétralement opposés se fondent et se complètent magistralement dans cette aventure qui passe du chevaleresque à l’heroïc fantasy avec maestro. Bref, un excellent premier tome d’une série typique Bourgeon.
On croit d’abord être dans un récit moyenâgeux assez violent et puis au bout de quelques pages on bascule dans le fantastique avec un chevalier et une quête mystérieuse puis dans le merveilleux avec l’irruption dans l’histoire de ... chtt ! Vous n’avez qu’à lire cet album !
Les personnages principaux ont une réelle épaisseur, ils ne sont pas très accordés et on a plaisir à suivre leurs joutes verbales. Le charme de cette album réside, entre autre, dans la qualité des dialogues, et le soucis extrême du détail dont fait preuve Bourgeon.