Après la tragédie de fin du premier tome, on retrouve Lupus et la charmante Sanaa en fuite et celle-ci va les emmener sur la planète Necros où la nature est fleurissante, pour le bonheur de Sanaa.
Je n'avais pas franchement accroché au premier tome (trop lent, trop inintéressant), mais ce deuxième opus est vraiment bien meilleure. L'histoire devient résolument plus intimiste et les relations entre Lupus et Sanaa sont décrites avec justesse. Cet album transpire de sentiments complexes et me réconcilie avec cette série.
Même au niveau des dessins noir et blanc de Peeters, je trouve cet album bien meilleur. Certainement parce que je trouve le trait de l'auteur plus propice au genre roman graphique (où le dessin aura toute son importance dans l'expression des sentiments des protagonistes) qu'au genre science fiction (je n'adhère pas trop à la vision de l'espace et aux dessins de vaisseaux spatiaux proposés dans le tome 1).
J'espère que la suite va continuer dans cette lignée.
Toujours cette fuite en avant, cette fois à deux, sans Tony.
Ce tome est plus introspectif, mais on sent que Lupus et Sanaa construisent une vraie relation, particulière certes, mais forte (c'est vrai, les événements l'exigent).
Ca bouge un peu moins, mais l'intensité est toujours là et ces dessins tourmentés apportent au duo une échappée saccadée, loin d'une route tranquille, même quand ils se posent.
J'aime bien la fragilité des personnages, j'aime bien le trait de Peeters.
Pourtant, je trouve qu'il manque quelque chose par rapport au tome1.
Un léger manque d'effet de surprise ? Une habitude qui s'installe ?
Cela dit, il ne faut pas non plus gâcher son plaisir, car malgré une situation qui semble se stabiliser sur la fin (mais le lecteur n'est pas dupe), ça reste un condensé d'inventivité.
Bref, un livre de qualité, n'en doutez pas, une suite... à suivre.
Frederik Peeters ("Pilules Bleues", "RG") poursuit cette série de science-fiction bien surprenante.
La fin du tome précédent avait mis de solides bâtons dans les roues du plan initial du voyage galactique de Tony et Lupus : plus de Tony, plus de dope, mais une riche fugueuse nommée Sanaa qui accompagne dorénavant un Lupus en cavale pour meurtre.
Il n’en fallait pas plus pour perturber le bel équilibre de cette vie au côté j’m’enfoutiste de Lupus. Du coup, malgré cette balade interplanétaire et cette fuite vers la planète Nécro, notre ami va retomber les pieds sur terre et devoir affronter son destin sans hallucinogènes et sans Tony pour le guider.
Peeters continue donc de centrer son récit sur les personnages et sur leurs interactions. Lupus commence à revenir à la réalité des choses et apprend lentement à apprécier cette "parenthèse de bonheur" bien réelle.
Si Peeters construit son récit autour de ses personnages, cela ne l’empêche pas d’utiliser son environnement de science-fiction afin de critiquer notre société contemporaine qui parque ses vieux dans des lieux isolés, à l’image de cette planète Nécro où viennent s’éteindre les vieux riches de la galaxie. Mais il va également utiliser cet univers afin d’insérer un peu d’humour à son récit, comme le t-shirt de Sanaa qui reflète les idées ambiantes ou cette flore et faune amusante.
Peeters termine à nouveau son récit par un rebondissement qui relance parfaitement l’intrigue, alors que son graphisme vient accentuer le côté contemplatif et riche en réflexions de cette aventure, grâce à un découpage efficace et quelques regards et passages muets qui en disent souvent plus long que les mots.
L'auteur nous emmène dans une contrée sauvage où les personnages respirent apres la fin du premier tome. Les sujets deviennent plus lègers, les personnages rencontrés sont attachants et notre regard est posé sur la faune et la flore. L'auteur choisit à pousser ici le caractère loufoque
de l'oeuvre avec des animaux plus ou moins ridicules et d'enormes plantes. La fille est de plus en plus attachante. Une idée m'a particulierement plu: elle arbhorre un t-shirt qui reflète les idées ambiantes.
C'est avec un sentiment d'évasion que l'on lit ce tome qui est probablement le plus râfraichissant des 4.
C'est marrant ce tome 2 m'a fait exactement la même impression en cours de lecture que le tome 1.
Le commencement ne me plaisait pas trop, une fois de plus, car j'y retrouvais le personnage principal angoissé, noir, en manque de drogue, représentant à nouveau d'un style de vie qui me déplait (et puis après "Constellation", je me rends compte que Peeters fait une petite fixation sur les scènes dans les toilettes ).
Puis ensuite, avec l'arrivée sur cette planète forestière, je suis entré dans l'ambiance et l'histoire, j'ai été envouté par la vie dans ce village de vieux coupés du monde moderne (même si j'ai trouvé un peu lourd le coup des anciens du Carzal/Larzac et compagnons d'un José Bové manchot), je suis rentré totalement dans cette "parenthèse de bonheur" comme la définit Lupus lui-même.
Et une fois de plus, il y a ce moment fort en fin d'album, un peu moins fort que pour le tome 1 mais toujours aussi empli d'émotion.
Une fois de plus, même si j'ai eu du mal à accrocher dans les premières pages, j'ai trouvé cette histoire, cette ambiance, cette narration excellente. Très fort.
Par ce second tome, Frederick Peeters confirme le tournant très "roman graphique" que prend cette série de science-fiction pas comme les autres.
En effet, l'ensemble est particulièrement porté sur les relations de Lupus et Sanaa, nos deux héros qui se sentent si seuls, si vulnérables. Lupus, qui n'arrive pas à oublier le meurtre qu'il a perpétré, et Sanaa, qui pour d'obscures raisons encore n'est pas heureuse malgré son masque joyeux.
C'est, comme toujours chez Peeters, très "vrai" : l'analyse des relations humaines, poussée, rend l'album touchant, et le déroulement de l'histoire de fond est véritablement maîtrisé, sans temps mort.
Le dessin de Peeters exerce un charme particulier sur mon humble personne. Tout en douceur, tout en noir et blanc très personnel et particulièrement lisible, il sait se faire discret pour laisser la part belle aux sentiments, aux émotions, mais peut devenir très dynamique lors de rares scènes d'actions.
Du tout bon... et le troisième tome est encore meilleur
C'est une réussite. Frederik Peeters réussit à livrer un deuxième tome qui dépasse la qualité du volume d'introduction. Si le troisième parvient à se maintenir à ce niveau, voire à progresser encore, "Lupus" s'inscrira comme un indispensable du début du millénaire.
Rappelons que nous sommes dans un univers futuriste mais qu'il est exploité de manière quasiment inédite en bande dessinée. Peeters imagine en effet une intrigue qui fait la part belle aux relations entre les personnages, qui se rapproche du courant intimiste de la nouvelle bande dessinée tout en le renouvelant. Point d'attaque de l'étoile noire avec moult chasseurs, donc. Mais une exploitation d'un univers différent du nôtre.
Cette approche de la science-fiction était déjà séduisante dans le premier volume, mais elle était aussi déroutante. Dans ce deuxième épisode, la démarche est plus aboutie, mieux maîtrisée, et le lecteur accroche peut-être plus parce qu'il est familiarisé avec l'univers. Il me semble aussi que Peeters est plus à l'aise avec son duo de personnages principaux qu'avec le trio du temps de Tony. Les relations entre Lupus et Sanaa sont vraiment bien senties, joilment mises en scène, et les nouveaux personnages qui gravitent autour d'eux donnent beaucoup de corps aux dialogues et aux différentes scènes.
"Pilules Bleues" était un très bon album. "Lupus", dans un autre genre (quoique...), mérite également que vous vous y attardiez. Peeters est décidément un auteur à suivre de très près.