Non, franchement non. Déjà, ce n’était certainement pas le dessin qui aurait pu m’inciter à emprunter cet album, car ce n’est vraiment pas ma tasse de thé, ce trait réaliste et ces contours noirs bien gras. De plus, il y a quelques défauts de proportions au niveau de la représentation des corps, assez gênants. Les couleurs, ternes, sont au diapason, donc, non, sans moi, le dessin.
Le scénario ? Disons que je n’ai pas accroché à cette histoire ; hormis le premier narrateur, les personnages me semblent assez creux, et ce qu’il leur arrive m’a totalement indifférée. Quant à savoir, s’il s’agit d‘un dédoublement de la personnalité ou bien d’une jumelle, peu m’importe là encore.
A quoi est-ce dû ? Problème de rythme ? De mode de narration ? Je n’en sais rien, peut-être un peu des deux.
En fait, je commence à me demander si ce n’est pas carrément l’esprit de la collection Aire libre qui ne me correspond pas du tout, car je constate que ce n’est pas la première fois qu’un de ses titres me déçoit.
Jean-Claude Denis est un véritable artiste, qui sait raconter des histoires d’adultes et d’Amour avec beaucoup de finesse et de sensibilité.
Le scénario est bien construit avec une idée originale, consistant à mettre en scène en même temps les deux personnalités d’une femme, dont deux hommes sont amoureux en même temps, sans le savoir.
Sans trop dévoiler le récit, j’ai aimé l’ambiguité des rapports existants entre les personnages, pouvant aller de la passion à la colère voir la haine, en passant par la jalousie.
L’auteur décrit les sentiments humains avec beaucoup d’acuité, et son histoire est tout à fait crédible.
Son dessin s’est affiné depuis Bonbon Piment, même si le trait reste simple et dépouillé. Le trait épais et les couleurs donnent une atmosphère ancienne qui n’est pas désagréable. Les corps ne sont pas très sensuels, mais l’accent est plutôt mis sur le ressenti des différents personnages.
Marginal, original et agréable à lire si vous aimez ce genre de huis clos, centré sur les sentiments des personnages.
Jeff est confronté à l'expérience inédite du coup de foudre. L'envie de suivre une jeune et jolie femme, de lui dire que le simple fait de la voir l'émeut et le touche.
C'est le début d'une belle histoire. Comment pareille complicité peut-elle naître entre deux êtres qui se connaissent à peine ? C'est le mystère de l'amour. Jeff aime Angela qui aime Jeff.
Ce serait si simple si Angela ne devenait pas subitement autre. De gentille elle devient cassante. D'aimante elle se fait blessante. De proche elle apparaît étrangement lointaine.
Où se cache ce secret ? Où se situe la frontière entre la raison et l'obsession ? Sosie ? Schizophrénie ? Hallucination ?...
Un volume intimiste. Ce serait faire la fine bouche que de bouder son plaisir en partant sur les traces de ces amours croisées. Denis réussit à émouvoir son lecteur en procédant par touches de vie impressionnistes. Il joue avec les sentiments et atteint un style graphique presque magistral.
Après le très bon "Quelques Mois à l'Amélie", je ne pouvais pas passer à côté de cet album-ci.
Bon, que ce soit dit, j'ai moins apprécié "La beauté à domicile" que "l'Amélie", mais il reste un bon album.
On retrouve avec plaisir la délicatesse de Jean-Claude Denis, tout est ici traité d'une manière simple et sans fioriture. Ca se lit donc tout seul, c'est paisible...
Par contre, j'ai quand même eu du mal avec cette fin un peu trop ouverte... Tellement ouverte que ça fait un petit flop. On ne comprend jamais qui est Angela, son caractère reste un mystère jusqu'au bout...
Dommage.