Le premier tome du Combat Ordinaire est une petite merveille de sensibilité, une BD particulièrement forte. Le deuxième tome poursuit sur la lancée en mettant un peu plus d’emphase cette fois sur la relation entre Marco et son père.
Et c’est de nouveau la claque, Larcenet est décidément en grande forme dans cette série qui me séduit un peu plus à chaque lecture. Entre son père malade et vieillissant, son frère qui tourne un peu en rond dans sa banlieue, les ouvriers de l’atelier 22 qu’il photographie en vue d’une expo et Emilie son adorable copine, Marco nous promène dans son monde où la vie ordinaire prend une nouvelle profondeur lorsque les aléas du quotidien touchent les proches, où les positions dogmatiques (à propos du vote FN par exemple) vascillent sur leur socle lorsqu’elles sont confrontées au désespoir et à l’amitié.
Côté dessin, c’est du Larcenet, efficace et expressif derrière l’apparente légèreté du trait. Le travail sur l’émotion à travers les yeux des personnages, par exemple, est remarquable. Ajoutons à cela, de temps à autres, une page de « photos » des ouvriers de l’atelier 22, sur laquelle Marco, à moins que ce ne soit Larcenet, nous livre quelques réflexions sur son combat ; j’aime particulièrement bien celle où, faisant référence à une star de la photo plutôt médiocre au quotidien, il parle de l’artiste dépassé par son oeuvre...
Si vous n’avez pas encore découvert le Combat Ordinaire, jetez vous dessus, lisez-le, dévorez-le, méditez-le et surtout relisez-le.
Pour résumer je dirai que ce livre est tout simplement magnifique:
les dessins sont plein de sensibilité et collent parfaitement a l ambiance, l histoire est a la fois drole et émouvante bref on prend vraiment plaisir à le lire et on ne le lache pas tant qu'on ne la pas fini .Du grand art!
Ce deuxième tome du combat ordinaire transforme un album incontournable en série culte. Manu Larcenet nous entraine dans un univers plus sombre que pour le premier album.
Marco grandi, évolue, Comme chacun de nous. Dans » les quantités négligeables » il est confronté a ces propres paradoxes. Il se rend compte que l’on ne considère pas les actes de la même façon selon la relation et l’histoire qui nous lie à celui qui le réalise. C’est bête mais c’est humain, nous ne sommes pas capable d’impartialité.
Autre point de réflexion intéressant la dissociation entre l’œuvre d’art et l’artiste ou comment quelqu’un de particulièrement laid à l’intérieur est capable de créer des œuvres magnifiques. Cela nous ouvre les yeux et nous apprend a dissocié le génie de l’être humain. Il est parfois mieux de se contenter du génie.
L’histoire quand à elle est dur. Marco s’obstine à vouloir rendre hommage aux hommes travaillant dans l’atelier de son père qui sont près à disparaître ce qui lui ferme des portes. Sa vie familiale est bouleversée, les personnages secondaires prennent plus de place.
Coté dessins les émotions passent toujours aussi bien et son fidèle a ceux du premier tome. Je reste toujours aussi marqué par les yeux des personnages.
Je laisserais Manu Larcenet conclure ma chronique : « C'est l'histoire d'un photographe convalescent, d'un génie médiocre, d'un cargo qui sombre et du cheval de Zorro »
Enormément d'avis ont déjà été postés sur ce deuxième tome. La note moyenne est restée remarquablement élevée. Ce n'est pas moi qui vais la faire baisser : l'album mérite effctivement tous les éloges dont les internautes l'ont couvert.
Le premier tome était très bon. "Les quantités négligeables" réussit l'exploit de ne pas être en-dessous et même de surpasser l'album initial. On y retrouve toute la justesse du ton, l'émotion, l'humour qui ont fait le succès de cette oeuvre.
Larcenet livre un scénario impeccable, qui semble couler de source tant il est bien équilibré. La tendresse de Marco pour les ouvriers et pour son père malade trouveront une résonnance en tout lecteur normalement constitué. La réflexion sur l'art autour du personnage du photographe imbuvable est intéressante et convaincante - on sent que c'est très certainement Larcenet lui-même qui livre sa pensée à travers son personnage.
Larcenet est encore jeune. Il a déjà produit un chef d'oeuvre : c'est cet album. Lisez, relisez et faites découvrir à ceux que vous aimez "Le combat ordinaire", album indispensable de ce début de millénaire.
Beaucoup, beaucoup mieux qu'au tome 1, Larcenet nous délivre un livre de réflexion, de regard sur la vie, puissant.
Autant j'étais un peu resté sur ma faim et sur mes interrogations pour le tome 1, autant ici j'ai été entraîné par le récit et par les craintes des personnages, leurs faiblesses, et leur regard sur eux-mêmes, leur manque de confiance en eux.
Cette fragilité, et c'est ce qui fait la force du livre, avec des personnages attachants et des liens particuliers que Larcenet nous permet de tisser avec eux, comme si nous les connaissions intimement.
Le dessin, assez "tendance" est bien associé au récit, et mêle lui aussi des univers différents: les chantiers, la famille, le souvenir, la maladie.
Larcenet trouve des trucs visuels pour insérer nettement les catégories qu'il veut nous fournir et il ne laisse rien passer, ne pardonnant aucune concession, ni aucune faiblesse.
Un peu philosophique, cet ouvrage nous en apprend sur nous.
Il s'agit évidemment d'une belle réussite.
Je me considère comme un amateur de BD (650 en bibliothèque) dans des genres très divers. Dans ce petit chef d'oeuvre, j'ai été scotché d'émotion avec un oeil qui s'embrume à certains moments et le coeur qui se serre comme le héros.
C'est simple, c'est beau, c'est juste, çà va droit au coeur et je file d'urgence chez mon libraire de Cayenne pour me faire prescrire le N°3 !!!
Un album plus puissant, plus sombre, plus fort que le premier tome.
Pourtant, Larcenet avait fait fort dans "Le combat ordinaire" : récit humble, proche du lecteur, loin de sa production générale comique, irrésistible, mais moins sensible.
Dans cet album, on perçoit le travail de l'auteur sur tous les recueils publiés chez les Rêveurs, et qui donne à l'ensemble une maturité remarquable. Différents thèmes sont abordés, de l'exclusion à la montée du FN, en passant par la maladie du père de Marco et la relation amoureuse de notre ''héros''.
C'est touchant, poignant même parfois, et surtout jamais prétentieux ni moralisateur.
Le dessin de Larcenet, simple et efficace, possède bien des codes graphiques que tout amateur de l'auteur connait bien. Toutefois, ici, le noir vient parfois envahir les pages pour mieux symboliser les crises d'angoisse de Marco... superbe.
Quel album, quelle série ! Il y a bien longtemps que je ne m'étais senti aussi proche des sujets abordés par l'auteur... A consommer sans modération.
Je viens de relire ce deuxième tome (mais à qui ai-je prêté le "1" ?...).
Marco prépare à Paris une exposition de ses photos dans une galerie très chic. Il découvre le snobisme des artistes trop contents d'eux-mêmes, ces sortes de personnages que certains admirent et que l'on ferait mieux de ne pas rencontrer pour ne pas être déçus. Il partage des moments de franche connivence avec son frère, traverse des moments d'angoisse, avale des pilules et est confronté à la maladie d'Alzheimer de son père. Pendant ce temps, sa copine Emilie rêve de trouver une maison pour y loger bébé. Bref, notre ami mène une vie comme beaucoup d'entre-nous.
Il décide de photographier les anciens ouvriers de son père et se confronte à leur destin brisé. De plus il s'aperçoit qu'un homme qu'il respectait vote FN. Et il n'arrive même pas à lui en vouloir...
Que faire face au désespoir quand il ne reste plus que les fausses promesses et le rejet de l'autre pour s'empêcher de sombrer ?...
Beaucoup de sensibilité et de profondeur dans ce deuxième opus. A noter une galerie de personnages qui possèdent une véritable profondeur, une réelle authenticité, même si -parfois- ils ne sont qu'esquissés.
Du beau travail d'artiste.
La lecture de ce tome 2 m'a laissé la même impression que le tome 1. Je n'accroche toujours pas au personnage, pas à sa façon de vivre et que très légèrement à sa façon de penser. Ce 2e tome pose quelques questions intéressantes, notamment sur l'ancien ami qui a "viré FN", sur la maladie du père, mais il affiche également quelques sujets plus basiques et moins originaux, comme l'artiste réputé qui se révèle être un con ou encore l'envie de bébé (qu'on trouvait déjà dans le "Le retour à la terre"). Je n'ai pas ressenti grand chose à la lecture de cet album, si ce n'est la fin qui m'a fait mal mais que j'ai trouvée trop abrupte. Trop abrupte non pas la nouvelle qu'apprend le héros, mais les simples 3 pages qui suivent : ça m'a donné l'impression d'être un coup de massue donné gratuitement au lecteur (et au héros) similaire au coup du chat dans le tome 1 mais qui arrive presque comme un cheveu sur la soupe, trop proche de la fin de l'album, comme pas assez exploité...
Bref, sur deux tomes, je ne suis toujours pas aussi convaincu que d'autres semblent l'être par cette série.
Manu Larcenet est un auteur très à part de la bande dessinée francophone actuelle. Il alterne des ouvrages "légers", avec d’autres plus graves, qui démontrent une immersion impressionnante dans son moi intérieur. Le Combat ordinaire fait partie de cette catégorie. Il raconte le parcours de Marco, jeune photographe qui a "décroché", et qui cherche, tout simplement à trouver sa place dans la vie, entre la révélation des pensées des uns, le conflit des générations qui se veut sans heurts, mais plein de non-dits, la question familiale, entre disparition des parents et naissance des enfants, l’actualité politique et sociale vue sous différents angles... Il réalise que chacun de nous renferme ses blessures, ses cicatrices, son passé inavouable, mais aussi que l’on peut survivre à tout, même au pire. C’est cela le combat ordinaire du titre. Larcenet contrebalance le coup de bambou de cette vérité universelle par une inventivité hallucinante, des phrases-culte telles que "tout est mieux avec toi que sans toi". Et tout ça en panachant avec une incroyable facilité un humour simple, ravageur, avec un discours grave et pourtant très accessible.
On imagine bien quelle est la position de Larcenet sur tous ces sujets, mais il se garde bien de donner des leçons de morale. Marco continue son apprentissage de la vie, qui est compliqué, et le lecteur suit avec un intérêt grandissant.
Sous des airs de ne pas y toucher, avec un dessin faussement naïf, Larcenet est en train d’écrire l’oeuvre de référence de tous les trentenaires.
Ce second tome aurait pu s’appeler « Le retour de Marco », Larcenet a préféré « Les quantités négligeables », sans doute a-t-il eu raison…
Comme le dit si bien son auteur, cet album c’est l’histoire d’un photographe convalescent, d’un génie médiocre, d’un cargo qui sombre et du cheval de Zorro… N’ayant pas été totalement convaincu par le premier tome, je dois dire que Larcenet va encore plus loin avec ce second album. Il sait aborder des sujets graves et difficiles avec un tel tact, que l’on ne peut qu’être que touché par son récit, ce récit, notre récit … ?
Avec son style enfantin, si particulier, il donne une dimension nouvelle à ses propos, qui sont tout sauf enfantins, et cela renforce encore l’émotion produite par cet album…
Je ne sais comment décrire cet album comme il se doit, mais ce que je peut dire, c’est qu’il surpasse le premier à mon avis, et que de toute façon, que l’on aime ou pas Larcenet, cette série ce doit d’être lue par n’importe quel bédéphile, par n’importe qui d’ailleurs…
Encore meilleur, plus profond, plus incisif et un peu plus sombre que le premier tome, avec des sujets plus graves (la maladie, la mort, le racisme) toujours abordés avec le même tact et la même intelligence.
Et vous avez intérêt à terminer cette BD avec le sourire, "sinon ji ramène li boulaouane !"
Suite à mes commentaires sur le premier tome je me vois donc obligé de donner la note maximale pour celui-ci.
Suite du sublime "Le combat ordinaire" de manu Larcenet et son frère. Une suite très à fleurs de peau. Il ne manquerait pas grand chose pour en resortir tout bouleversé, les joues trempées, les yeux noyés et le nez en immertion total tentant en vain de se reprendre… j'en rajoute peut-être un peu trop mais il vrai qu'à force de voir les yeux du personnage principales pleurant, on fini par se dire qu'il n'ai pas normal que nous ne fasions pas pareil.
La lecture de ce second opus m'a donc -vous l'aurez deviné- beaucoup touché… déjà la fin du premier annonçait clairement la suite avec la mort horrible du chat (j'en suis resté sur le cul un bon moment à me dire, bon sang, c'est pas vrai, c'est pas possible, pas le chat ! snif !). Le scénario retrace sans aucunes préventions les meilleurs moments d'une vie et les pires situations dût aux difficultés de la vie. Dans ce tome il est question de changement, d'évolution (de comportements, d'éthique) et sur tout ce que ça peut engendrer : regret ?
En effet dans ce tome Marco vit avec sa copine, son père lui apprend qu'il est atteint d'alzheimer, qu'il en a plus pour très longtemps. Il prépare aussi une expo photo sur les ouvriers du chantier naval où travaillait son père. Des amis qui ont changés, totalement perdus…regret du passé, états d'âmes ! peur du futur ? Bref pas très gai tout ça !
Heureusement quelques doses d'humour dans le dessin et dans le scénario ne sont pas négligeables et donnent de la finesse.
Quand au dessin de larcenet, bah c'est très simple et très efficace. Bravo.
Bêtement, presque comme un réflexe, je me suis dit "après un premier tome d'une telle qualité, celui-ci sera moins bon". Et bien j'avoue (avec joie) que je me suis trompée et que ce tome 2, non seulement ne fait pas honte au premier, mais serait même plutôt de qualité supérieure encore, si tant est que cela soit possible.
Le trait de Larcenet évolue, et moi qui ne l'aimait que modérément au début, j'en viens à l'apprécier, pour son apparente simplicité et sa sensibilité. Larcenet rend les expressions de ses personnages très crédibles, c'est assez impressionnant...
On retrouve avec bonheur tous ces personnages, chacun avec leur caractère, tous plus riches les uns que les autres, et on se délecte à les regarder évoluer, changer, se poser des questions... Du pur bonheur.
Il y a également toujours ce ton si particulier, propre à Larcenet, qui nous touche indéniablement, nous transporte.... Magnifique.
Néanmoins celui ci se révèle plus incisif en abordant des sujets survolés dans le premier tome comme la maladie de son père, l'élection de Jean Marie Le Pen, ce qu'est un artiste..
Sans jamais tomber dans le manicheisme ni la surenchère.
Je ne m'attendais pas à ce que le combat ordinaire fasse l'objet d'un 2ème tome. Et Manu Larcenet a bien fait de me surprendre sur le coup. En effet, ce tome 2 fait parti de mon best of personnel et égale le niveau de qualité du premier. En fait, « les quantités négligeables » est tout simplement un prolongement du combat ordinaire 1, les ingrédients sont les mêmes et on se régale.
La vie de Marco suit toujours son cours avec son lot d’angoisses, de peines, mais aussi de joies. Le plus de ce deuxième tome réside dans le message « politique » plus marqué qu’il dégage. Lorsque Larcenet évoque, à travers ses personnages, le désespoir de la « France d’en bas » et la poussée extrémiste liée à ce sentiment, personnellement je suis touché. Et que dire sur la réflexion autour de l’amitié et du pardon !
Une BD indispensable vraiment pleine d’émotions, de réflexions, qui nous touche par l’universalité des thèmes évoqués. En espérant prochainement un 3ème tome…
Après la lecture du premier tome, je dois dire que je n’avais été plus convaincu que cela. Néanmoins, désireux de connaître la suite des aventures de Marco, j’ai décidé de persévérer. Bien m’en a pris !
Ce nouvel opus du « Combat Ordinaire » fait mouche. Manu Larcenet réussit le tour de force de nous renvoyer en toute simplicité l’image de nos propres vies, nous les « Quantités Négligeables ».
Les personnages transpirent la crédibilité dans leurs angoisses, leurs désillusions, leurs peurs. N’allez surtout pas croire que cet album constitue une litanie de situations tristes. L’un des autres talents de l’auteur est de savoir à quels moments placer les situations de gaieté et de fantaisie qui évitent au récit de sombrer dans le misérabilisme.
Deux points m’ont particulièrement touché. Le premier concerne les efforts du personnage pour présenter à travers ses photographies les acteurs du quotidien et éviter de les voir sombrer dans l’oubli et l’indifférence. A l’heure des délocalisations et des fermetures d’entreprises, cela donne à réfléchir. Le second concerne la sénescence et la disparition plus ou moins prochaine de nos parents. Le genre de considérations auxquelles ont évite généralement de penser.
Une réussite qui ne vous laissera pas indifférents !
"Le combat ordinaire" premier du nom a marqué nombre d'entre nous, n'en déplaise à certains grincheux pour qui toute Bd dépassant les 50 exemplaires vendus est suspecte!!! Aussi je dois avouer que même en étant fan de Larcenet c'est avec quelque inquiétude que j'apprenais la sortie d'un second tome.
Comment diable cet auteur, certes talentueux, allait il pouvoir égaler ce que d'aucuns considèrent comme un must ? J'en étais là de ces considérations lorsque j'ouvrais l'objet du délit et là ... Hé bien là je me suis repris la même claque que pour le premier !!!
Non seulement les dessins sont toujours aussi bons (si on aime le style Larcenet) mais en plus je trouve l'histoire nettement plus prenante et les personnages plus approfondis.
Je dirais même que la principale critique que je faisais à l'encontre du premier tome, à savoir qu'il s'adressait avant tout aux trentenaires, est ici obsolète car Larcenet aborde des thèmes universels en se débarrassant du côté "clins d'oeils générationnels". A ce titre je dois avouer que les dernières pages sont très émouvantes ce qui est de plus en plus rare dans la Bd actuelle.
Enfin pour terminer je voudrais réitérer mon admiration pour ce dessinateur qui sait si bien capter les émotions sur les visages de ses personnages et ce avec un minimum d'effets graphiques. Bien souvent les traits sont réduits à leur plus simple expression mais il s'en dégage une force évocatrice rare que ne renierait pas le grand Bill Watterson (Calvin et Hobbes).
Chapeaux bas Monsieur Larcenet.
Dans ce deuxième tome Marco retrouve un petit peu de joie de vivre, il a reprit goût à la photograhie, mais cette fois-ci, il se lance dans les portraits, ceux de ses amis et amis de son père travaillant au chantier de l'Atelier 22... il s'intéresse beaucoup aux autres et est sensible à leur histoire.
Mais c'est de son père et de la triste maladie qui le guette que viendront de nouvelles crises d'angoisse... et en plus de cela, les photographes professionnels dénigrent son travail, ce qui fait redescendre sa confiance en lui.
Marco est un homme qui se cherche, et le récit de Larcenet face à cet homme est troublant de vérité et d'émotions sincères. D'ailleurs, j'ai beaucoup apprécié les pages où l'on voit une série de portraits au graphisme très partiiculier rappelant des photographies (celles de Marco...) et où l'on entre dans les pensées et les reflexions sur la vie, l'amour, les autres... de Marco. C'est très poignant et émouvant.
Manu Larcenet m'a touché grâce à ce récit emprunt de réalité et de noirceur de l'âme.
Tiens ? Un deuxieme tome du combat ordinaire ? Moi qui pensait que le 1er tome se suffisait à lui meme...
Mais enfin voyons quand même cet album, Larcenet a tellement de talent que si une suite sort, c'est qu'il juge qu'elle a toute sa raison d'etre...
On reprend donc l'histoire ou elle s'etait arreté, on continue de voir la vie de Marco, un heros comme les autres... C'est ca qui est fort, c'est que ca raconte l'histoire d'un mec normal, sa psychologie, ses envies, ses peurs, ses doutes...
Et c'est raconté avec tellement de justesse...
Certainement un des meilleurs album 2004, et c'est une habitude avec Larcenet
Je pensais personnellement que si un jour Larcenet sortait une suite au Combat Ordinaire, il lui serait presqu'impossible d'aboutir à un album aussi bluffant que le premier opus. Voilà que le deuxième Combat Ordinaire viens contredire ce que je pensais. Larcenet confirme ses indéniables qualités de conteur et nous offre ici l'un des albums les plus poignant et les plus prenant de sa carrière (seul Presque est ici en mesure de l'égaler).
Niveau dessin, on se retrouve avec le style de Larcenet, ce trait épuré caractéristique mais ô combien efficace qui a fait son succès. Seulement, au fur et à mesure des cases, une chose est sûre: le style de Larcenet évolue. Il mèle de plus en plus son trait épuré avec le style qu'il emploie dans ses séries plus mainstream (comme Presque ou Dallas Cowboy). Et on aboutit donc à des planches où la maîtrise graphique est bluffante, où Larcenet arrive à mettre en scène comme jamais auparavant les troubles qui secouent ses personnages.
A la différence du premier tome, la couleur est ici assuré par le frère de Larcenet, et là aussi on ne peut que s'incliner devant un accord aussi fort entre les couleurs et le dessin.
Le scénario de ce deuxième tome nous fait renouer avec les personnages si attachant du tome 1: Marco, Emilie, Les parents de Marco, son frère, le vieux Mesribes. Tous ces personnages qui font de la série de Manu Larcenet l'une des plus vibrantes, vraies et touchantes qu'il m'ait été donné de lire.
Ce deuxième tome laisse quelque peu de côté les touches humoristiques présentes dans le premier, mais c'est pour aboutir à 62 pages bourrées d'émotions que vous n'étes pas prêt d'oublier. Acheté il y a trois jours, déjà lu trois fois, je referme toujours les dernières pages avec autant de respect pour l'auteur qui en est à l'origine.
Cet album aborde des sujets aussi variés que la maladie, les difficultés du monde ouvrier, le monde artistique, le racisme, la montée des extrémismes, le tout sans jamais tomber ni dans la facilité ni dans la fatalité. Bravo Mr Larcenet !
Si vous ne deviez acheter qu'un album cette année, ce serait nécessairement celui-là.