Pour l'internaute qui n'a pas le temps d'en lire plus : "Le sommet des dieux" ne me paraît pas atteindre les hauteurs que son titre laissait espérer, sauf peut-être si on appartient au cercle restreint des passionnés de montagne, et encore.
Pour ceux qui ont le temps d'en lire davantage, je développe un peu mon impression.
On ne présente plus Taniguchi. C'est le mangaka le plus reconnu en Europe dans le grand public, puisque des lecteurs allergiques à la bande dessinée nippone (tous les auteurs sont mis dans le même sac d'une BD pour les bas-du-front... vous avez forcément déjà entendu ce genre de réflexion, non ?) sont prêts à s'enthousiasmer pour l'auteur de "Quartier Lointain". Le ton de "Le sommet des dieux" est différent de pas mal des oeuvres du Japonais, mais on retrouve la fascination pour la nature et ses paysages de "L'homme qui marche" et les personnages ont une psychologie fouillée comme les aime Taniguchi.
Le scénario est assez bien ficelé ; les talents de conteur de l'auteur font même merveille puisqu'on ne s'ennuie jamais. Mais aussi bien raconté soit-il, ce premier tome se heurte à la limite de l'intérêt du lecteur pour la montagne. J'y ai pourtant fait un certain nombre de randonnées, mais je ne me retrouve pas dans ces personnages extrêmes, prêts à mourir pour la montagne et qui se désintéressent du genre humain. En choisissant comme personnage principal un asocial antipathique, Taniguchi ne sombre pas dans la facilité mais il rend difficile toute identification. On lit donc ces événements avec une distance qui empêche l'immersion réelle dans l'histoire. Une action plus soutenue et plus variée aurait sans doute été profitable à l'ensemble.
La lecture n'est pas désagréable mais je ne suis pas parvenu à me passionner pour tout cela. La note globale de l'album montre que d'autres lecteurs ont davantage accroché ; je lirai la suite tout de même, mais on est loin à mon avis du niveau de "Quartier Lointain" ou du "Le journal de mon père".
Jamais une bande dessinée ne m'avait donné une telle sensation de verticalité. Je fais de la grimpette de montagne depuis peu et ce livre est mon livre de chevet. Car il fait vivre ou revivre la montagne et donne envie à chaque humain d'aller au bout de ses rêves et de se dépasser sans cesse. La montagne et ses dangers n'ont jamais été aussi bien rendus, les personnages sont épiques et attachants, le scénario vous met en haleine du début à la fin. Un authentique chef d'oeuvre ! Merci Taniguchi, si vous n'existiez pas, il faudrait vous inventer !
Un ouvrage imposant mais au prix tout de même prohibitif ...
L'histoire commence tout doucement par la découverte d'un appareil photo ancien et glisse doucement sur la vie de celui qui l'a découvert par des flash backs bien amenés et prenants ...
L'histoire m'a immédiatement accroché à la paroi (ho ho ho) et on suit les exploits de Habu avec anxiété .... je me suis imaginé à sa place sur des parois rocheuses ou de glace, puis j'ai vite arrêté d'imaginer (je n'ai pas le mental et le physique qu'il faut !!!!!) ... je connais rien à ce monde de l'alpinisme et à ses "fous", mais ça m'a pris au ventre ... vertige et mal des montagnes étaient là !!!!
Ce personnage de Habu est très charismatique car à la fois antipathique, noble, hautain, solitaire, égoiste aussi ... mais il est assez fascinant !
Du côté des dessins, rien à redire ... c'est du tout bon !
J'attends de lire la suite avec impatience ...
Un récit sur l’alpinisme. Voilà un sujet qui à la base me passionne autant que le bilboquet ! Et pourtant une fois l’album refermé … heureusement que j’habite en Belgique et qu’il n’y a pas de montagnes dans les parages sinon, ce n’est pas l’envie d’en escalader une qui me manque.
A travers l’histoire d’Habu, Taniguchi nous fait découvrir l’alpinisme et à travers un dessin manga au sommet de son art il nous fait grimper sur le toit du monde. A cet extraordinaire combat de l’homme sur la montagne il mêle une histoire de détective via le photographe Fukamachi qui est bien décidé à élucider un des premiers mystères de l’Himalaya.
Vu la passion que Taniguchi parvient à libérer en moi pour l’alpinisme avec ce premier des cinq tomes, j’en viens presque à redouter qu’il écrive un jour un récit sur le tricot, de peur de me retrouver avec des caleçons en laine, faits maison ! Passionnant !
Bon, on va commencer par les quelques défauts qui me sautent particulièrement aux yeux :
1/ Le prix ! Comme le dit CoeurDePat, c'est franchement scandaleux. 18 € pour un album comme ca, c'est presque le double de ce que l'on trouve sur le marché (Les versions noir et blanc de Akira et Gunnm sont un bon exemple, de même format). Mais avec l'arrivée de la collection écritures, tout le monde s'engouffre dans la brêche lucrative du format particulier : et je t'ajoute une liseuse par-ci, et je te glace une couverture par-là. Certes, c'est confortable, mais on retrouve dans ce tome le même papier jauni qui compose la majorité des mangas. Bien évidemment, celà n'influence pas du tout ma note pour cet album : c'est bien la valeur artistique de l'ouvrage sur laquelle je donne mon avis.
2/ La police ridicule (décidemment, CoeurdePat et moi... ) qui compose les moments clés de l'album. c'est bien simple, on croirait lire du Sentai en manga, à certains moment. Vous vous rappelez de vos meilleures parties de Street Fighters 2 ? "Here comes a new challenger !". Voilà le topo.
3/ Le héro : je ne l'aime pas, c'est vicéral. Je n'aime pas son charisme, je n'aime pas son attitude, je n'aime pas son visage. Je parle bien sûr du photographe, l'enquêteur, et non du mystérieux Habu.
Maintenant, parlons de tout ce qui fait que cet album vous sera indispensable
La trame narrative est géniale : sans temps mort, storyboardée avec génie, elle porte bien évidemment la "patte" Taniguchi, du début à la fin.
On se plait à suivre les périples en haute montagne de Habu et des autres personnages - un passage m'a littéralement terrifié : l'accident dont est victime Habu et son second de cordée. Et rare sont les ouvrages qui me scotchent à ce point.
Le dessin est, à mon sens, le plus beau de Taniguchi. L'auteur prend de gros risques, en tentant des prises de vues audacieuses, nous faisant ressentir le vertige des hauteurs. C'est beau, détaillé, et très fin. j'aime beaucoup, malgré un petit manque de dynamisme de l'ensemble (ce qui n'a jamais été le fort de l'auteur, remarquez).
En bref, ce premier album est très prometteur ! Et se priver de la narration de Taniguchi serait une belle erreur, que vous ne ferez pas
Moi je vais proposer une critique du Sommet des dieux plutôt différente de celles des précédentes : celle de l'amateur de montagne et de grimpe. Je fais un peu mon malin, mais je suis plus ou moins mono d'escalade et j'aime beaucoup la montagne
Alors pour commencer parlons un peu du scénario. La base de l'histoire (l'adaptation du roman de Baku) est solide, il s'ancre sur un livre qui semble vraiment très bien documenté, autant je ne connais pas du tout les montagnes japonaises autant les sommet alpin et himalayen cités font tilt et les noms des grands grimpeurs ainsi que leurs palmarès semblent exacte mais les héros de la série et leurs aventures sont inventées. Pour les techniques d'escalade présentées, pas d'incohérences, il dépeint très bien l'état d'esprit montagnard ainsi que la relative folie de ses pratiquants à outrance.
L'aventure est vraiment bien construite, un peu romancée certes, mais des passages de pur frisson sont géniaux, je ne reste pas de marbre devant cette violence des éléments. Le fils conducteur de l'appareil photo est une trouvaille intéressante puisque, se faisant souvent oublié, il permet de joindre les deux bouts de l'histoire et de jongler entre les flash back.
C'est très prenant, aux tripes même!
Le dessin est aussi ici pour agrémenter ce récit mouvementé et haletant. Le style de Taniguchi y est un peu plus piquant que dans les autres séries que j'ai lu (celles parues chez Casterman), plus d'action, de mouvement et de douleur sur les visages des héros. Je le préfère presque au reste de ses créations. On sent toujours ce dessinateur à l'aise dans des décors naturels de montagnes et de neige. Bref du bonheur sur beaucoup de page!!!
Ce que j'ai vraiment apprécié, c'est que la ou le lecteur novice en alpinisme peut se faire un peu chier dans les grandes description d'ascensions, autant moi j'ai pris mon pied! C'est la première fois que je lis une BD sur la montagne aussi prenante et aussi bien renseignée. Je jubile d'avance de lire la suite qui se promet étonnante (on finit vraiment sur notre faim ces 300 et quelques pages).
Un album qui se mets en place doucement. Je trouve même que c'est un peu long au dèbut. L'instant où il achète l'appareil photo jusqu'à ce qu'il découvre à qui il appartenait est assez long, j'ai eu des difficultés à me mettre vraiment dans l'histoire.
Par contre dès que l'on rentre dans le récit de la vie de Habû Joji, l'histoire devient passionnante.
Le dessin de Jirô Taniguchi est vraiment superbe une fois de plus. La façon dont il dessine les montagnes, les scènes, on a vraiment l'impression d'y être. C'est beau.
Taniguchi nous emmène dans cette oeuvre vers les plus hauts sommets du Japon puis du monde entier. Fukamachi est au Népal à la suite de l'échec de l'expédition à laquelle il participait. En se promenant dans les rues de Katmandou, ses pas le mènent dans une petite boutique de revente d'articles de montagnes, souvent dérobés aux grimpeurs. Il y trouve un vieil appareil photo... Intrigué, il l'achète pour essayer d'en percer les mystères. C'est ainsi qu'il va faire la connaissance d'Habu Jôji (appelé également Habu San). Fasciné par cet homme et voulant en savoir plus sur le secret de cet appareil photo, il se lance dans une grande recherche sur la vie d'Habu San. Petit à petit, il rencontre les personnes qui l'ont côtoyé et qui lui raconte leurs souvenirs.
Le roman de Yumemakura Baku sur lequel est basé cette histoire doit être vraiment très intéressant. Le scénario de ce premier tome (sur 5 prévus je crois) est captivant. On est envoûté par les recherches de Fukamachi et on ne sent pas du tout passer le temps. Cet album qui a pourtant plus de 300 pages se lit assez vite, presque trop car une fois que l'on a fini, on regrette d'avoir à refermer ce livre. Petit à petit, on découvre Habu San, sa personnalité, sa vie. On comprend alors aisément l'engouement de Fukamachi et le temps qu'il consacre à cette recherche, cette quête. Toute cette aventure est palpitante et on se demande où elle va nous mener.
Le dessin de Taniguchi... un vrai bonheur. On comprend aisément que l'auteur du roman ait eut envie que ce soit Taniguchi qui adapte en manga son roman. Certaines doubles pages donnent l'impression d'être face à une véritable photo noir et blanc. Les paysages montagneux sont vraiment splendides et donnent envie d'y être. Quant aux personnages, il arrive à faire passez tout leur caractère, leur détermination dans leur visage en quelques traits. Toute l'émotion est bien rendue, la narration est fluide et magnifiquement bien mise en valeur par le dessin. On s'évade avec nos personnages dans ces montagnes.
Une seule petite ombre à ce tableau : beaucoup de noms japonais difficile à retenir et pour un(e) novice de la montagne et de l'escalade, je regrette qu'il n'y ait pas une carte du Japon voir du Monde avec tous les sommets dont ils parlent.
Touchante et émouvante, cette histoire se dévore et nous entraîne sur les plus belles mais aussi les plus difficiles parois à grimper qu'offrent les montagnes sur Terre. Vivement la suite.