Sacrée oeuvre que celle-là.
Raconter une bataille célèbre de l'Antiquité grecque a dû être un sacré défi pour un auteur de comics. Même lorsqu'il s'appelle Frank Miller et qu'il n'a peur de rien.
Le résultat est quand même très fort. On saisit bien la dimension dramatique des évènements, même si aucun rappel historique, ou presque, n'est là pour nous resituer dans le contexte. Oh, bien sûr, l'auteur a dû faire des raccourcis, s'arranger avec certains détails... Mais le résultat est là : graphiquement, c'est hors normes !
Cadrages éclatés, personnages surexposés, narration baroque... Mais c'est dans l'expression de la violence que meilleur est le Miller. En effet, ces combats sont exceptionnels, avec des arrêts sur images hallucinants.
Un style qui convient tout à fait au cinéma, cinéma qui va rendre justice à cette belle oeuvre, que je trouve toutefois un peu prétentieuse. Mais comment vont-ils faire avec toutes ces quéquettes à Hollywood ?
Titanesque ! Il n'y a pas d'autres mots pour définir l'oeuvre "300" de Frank Miller.
Tout en effet dans cet album respire la puissance, la force : Les spartiates qui combattent pour la liberté, les monstrueux Perses, mais aussi et surtout l'affrontement des deux factions.
Alors bien sûr, n'allez pas chercher ici de scénario sophistiqué ou de profondeur intrinsèque. C'est avant tout une ambiance, un univers hostile, baroque et féroce, qu'assume Frank Miller de bout en bout. C'est la gloire des Grecs que le lecteur trouvera ici, non un traité philosophique complexe.
La narration est en béton armée, comme toujours chez cet auteur. Evidemment, pas du niveau d'un "Sin City", mais tout de même : le lecteur est litérallement hapé dans ce combat pour la liberté, au point de se sentir appartenant de ces 300 guerriers. Excellent.
Le dessin de Miller joue énormément sur le noir et le blanc. A la limite, on pourra regretter la mise en couleur (pourtant de qualité) de Lynn Varley, tant le travail en amont réalisé par le dessinateur est de qualité. Le rendu est bluffant, mais aussi très proche des habitudes de l'auteur, que connaissent bien les amateurs de Miller.
En bref, "300" est un one-shot de fureur et de sang, parcouru d'une haine et d'une violence telle que vous serez complètement happé dans cette guerre historique. A priori, l'album le plus efficace qu'il m'ait été donné de lire.
"300" est tiré de la bataille des Thermopyles et de la résistance d’une poignée de Spartiates à l’invasion de l’armée Perse en Grèce, mais n’a cependant pas du tout l’ambition d’être un récit historique.
"300" est un hommage à la guerre et au courage des guerriers, mais pas n’importe quels guerriers : les Spartiates. Et qui de mieux que l’auteur de "Sin City" pour rendre hommage à la violence, à l’héroïsme et à l’état d’esprit des hommes de Leonidas lors de cette bataille dont l’issue importe finalement peu, car peu importe le flacon … du moment qu’on ait l’ivresse !
Car l’issue de ce récit est en effet sans surprises, le scénario prévisible et la profondeur obsolète. Par contre la force dégagée par cette œuvre est impressionnante. Le ciel, la terre, les hommes, les armes, les ombres et les couleurs baignent dans la brutalité, la violence et dans le sang.
Les vrais héros, ceux qui n’ont pas de collants ridicules, se trouvent à l’intérieur de cet ouvrage au format aussi judicieux qu’onéreux et Miller leur rend merveilleusement hommage.
L’adaptation cinématographique de "300" vient juste de sortir sur nos écrans ! J’irai certainement voir : pour l'honneur, pour la gloire, pour Sparte, mais surtout pour ... Miller !
Voilà un album de belle qualité autant par son contenu que par son physique (format à part, belle qualité, etc.) et malgré son prix élevé, je pense qu'on peut l'acheter sans soucis.
Concernant son dessin, certaines planches et cases sont belles, c'est certain. Les compositions offrent parfois de très belles images, pleines de force et d'émotion.
Néanmoins, je n'ai pas accroché totalement à ce dessin.
D'une part, j'ai du mal avec son obscurité ambiante : je reconnais la qualité de son dessin faits d'ombres et d'obscurité, mais je ne peux pas m'empêcher de ne pas apprécier un album qui reste ainsi sombre sur toute sa longueur. Je ne suis pas un esthète de l'obscurité (obscurité relative ici, ceci dit : ça donne juste l'impression que tout se passe de nuit ou dans un soleil couchant).
De même, j'ai eu l'impression de retrouver certaines caractéristiques du dessin de Batman - Dark Knight et d'autres comics plus américains par leur décor que le décor de Grèce Antique de 300, notamment au niveau des personnages musclés et parfois proches du style super héros, des chevaux aussi musclés et trapus qu'eux. D'où une légère impression de retrouver des super héros de comics dans un décor antique qui m'a gêné de manière diffuse. Mais ce n'est pas très important et c'est sans doute une impression très personnelle.
Concernant l'histoire, elle est entièrement basée sur l'état d'esprit spartiate : leur honneur, leur force, leur dureté, leur implacabilité. C'est un très bel hommage et la force des hommes de Leonidas rejaillit dans la force de la BD elle-même. C'est dense, c'est puissant.
Ceci étant dit, je n'ai pas été subjugué par cette oeuvre. Je comprends l'hommage mais l'histoire en elle-même ne m'a pas particulièrement semblé prenante. C'est le genre d'histoire dont on connait la fin et qu'on lit par curiosité, pour voir comment elle a été traitée, mais sans vraiment de surprise, d'autant qu'il n'y en a aucune dans le scénario ici. La narration est aussi droite et implacable que les spartiates et le résultat est donc fort mais sans surprise à mes yeux.