Peut-être pas aussi fort que "Quartier Lointain" mais tout de même très émouvant. Une émotion qui va crescendo, au fur et à mesure que l’on prend la ... hum... mesure du fossé qui s’est creusé entre un père et son fils, à cause d’un non-dit et de ce qu’il s’en est suivi -épisode qui nous est relaté à deux reprise, car épisode-clef.
Tout est raconté avec finesse ; un soucis du détail qui se retrouve aussi dans le dessin, celui des paysages du moins, car côté visages, c’est bien du Taniguchi, c’est-à-dire, pas terrible.
Un album d’une grande sensibilité donc, meilleur à mon avis que "Un ciel radieux" car tout est beaucoup plus profond, plus complexe, abordé avec plus de soin ; rien n’est factice.
La première chose qui vient à l'esprit quand on lit le Journal de mon Père, c'est de le comparer à "Quartier Lointain" du même auteur. On y retrouve effectivement le même thème : un retour dans la jeunesse du narrateur (même si ce n'est ici qu'un retour dans ses souvenirs) et l'histoire du départ d'un de ses parents et de ce qui s'en suit.
Bien que l'histoire soit touchante, notamment sur la fin quand le narrateur réalise combien il aimait en réalité son père, je trouve ce manga de moins bon niveau que "Quartier Lointain".
Déjà, je trouve le dessin plus stoïque, moins fin.
Puis le scénario n'est ici qu'une suite de souvenirs engendrés par un enterrement, sans l'attrait d'un vrai voyage temporel comme dans "Quartier Lointain".
Et de manière générale, je trouve le narrateur et son entourage bien moins attachants, et l'histoire moins prenante.
Le tout reste néanmoins de bon niveau.
La perception que l’on a du comportement de ses parents se modifie avec l’âge et c’est ainsi que petit à petit l’on commence à mieux comprendre leurs actions et leurs décisions. Mais que se passerait-il si au moment d’arriver à la maturité nécessaire pour comprendre des actions parentales que l’on désapprouvait au départ, on coupait tous les ponts, figeant ainsi ce processus de compréhension en plein berceau de l’adolescence.
C’est ce qui arrive à Yoichi, qui en désaccord total avec les actions de son père, quitte le domicile parental avant de vouloir/pouvoir comprendre son père. Ce n’est que 30 ans plus tard, lors de l’enterrement de son père, que ces yeux et son coeur s’ouvriront sur la véritable nature de son père. L’addition sera lourde pour Yoichi et ses 30 années d’aveuglement/isolement.
Si le scénario est moins original que celui de "Quartier Lointain", ce chef-d’oeuvre n’en est pas moins émouvant. Une ode à la famille, une prise de conscience et la douleur d’un homme qui ne rencontre son père qu’après la mort de ce dernier. Emouvant, attention aux larmes.
Et bien moi cette BD m’a apporté autant de plaisir que « Quartier Lointain », autre chef-d’œuvre de Jiro Taniguchi. Les thèmes abordés y sont similaires (problèmes de famille), mais traités ici de façon un peu plus austère (on perd le coté fantastique du retour dans le passé).
Reste que l’ensemble est bouleversant, surtout les derniers chapitres. Certes les thèmes abordés ne sont pas spécialement originaux (incompréhension face à un divorce, puis éloignement de sa famille, et enfin regret à cause de cet éloignement), mais ils ont l’avantage de toucher beaucoup de monde. Par contre, je me demande s’il ne faut pas avoir un certain âge pour bien tout saisir… moi-même à 28 ans je me trouve un peu jeune pour me mettre dans la peau d’un adulte qui regrette sa relation avec ses parents. Bref, à mon avis une BD qui sera plus appréciée par nos amis les moins jeunes
Le dessin est superbe. Par contre comme cela a déjà été noté plus bas, la lecture est un peu fastidieuse à cause d’un découpage moitié européen, moitié japonais… enfin ça ne gâche pas la lecture hein.
Notez aussi que les traditions japonaises lors de la mort d’un proche sont décrites avec beaucoup de précision, ce qui est très intéressant et instructif.
Aller, un bon 4/5, comme pour « Quartier Lointain ». A lire !
Premier manga et première oeuvre que je lis de Taniguchi.
L'histoire de ce jeune homme qui repense à ses vertes années et, en particulier, à la relation avec son père, est racontée avec justesse et sensibilité.
Malheureusement, si les premières pages me laissaient une bonne impression, la suite s'est avérée peu emballante. Au bout des quelque 270 pages, je ne suis pas parvenu à m'attacher à cette famille. Le personnage principal a tendance à ressasser les mêmes réflexions, les mêmes prises de conscience.
L'ensemble m'a paru assez froid, distant. C'est peut-être ça le style japonais ?
Cela dit, certains chapitres sont plutôt agréables à lire et le trait est plaisant.
De quoi parle ce manga ? des relations entre les gens, des non-dits et des regrets, du temps qui passe inlassablement, des souvenirs (qui ne sont pas LA réalité mais UN reflet de la réalité selon le point de vue ou selon qui en parle)... bref, ça parle de la vie !!!
Ca se passe au Japon, mais ça pourrait se passer n'importe où et chez n'importe qui... c'est UNIVERSEL ! et c'est là que l'auteur gagne son pari : tout le monde est concerné, tout le monde peut se reconnaitre et tout le monde peut en sortir changé (on a une furieuse envie d'aller dire à nos proches qu'on les aime après cette lecture...).
De plus, tout celà est servi par un dessin très clair et très propre (une maitrise vraiment parfaite de la perspective). Le seul défaut que je vois , ce serait au niveau des visages qui se ressemblent un peu tous... On se perd un peu dans les personnages entre le père et le fils au début... puis on s'habitue et on se laisse porter...
Et en plus, on a droit à tout ça dans une superbe édition (tres sobre mais en même temps avec un côté précieux).
Bref, c'est du bon si vous ne craignez pas les histoires sans épées, flingues et autres vaisseaux spatiaux... ça m'a donné envie de lire "Quartier Lointain" (que j'ai d'ailleurs acheté... l'avis sera pour plus tard !)
Sans vouloir comparer ses œuvres, j’ai nettement moins apprécié le Journal de mon père que Quartier Lointain.
Je ne l’ai pas relue et n’en éprouve pas une réelle envie.
Pourtant, la première lecture fut agréable, facile et intéressante.
Cependant, il n’y a pas eu la même surprise ou le même émoi dans la manière de traiter la psychologie des personnages.
Jirô Taniguchi reste un auteur intimiste et philosophe, abordant les tourments de la vie, de l’abandon et du sacrifice de manière simple mais touchante.
J’aime le recul qu’il nous fait prendre par rapport à la vie et ses difficultés. Son côté Zen peut-être.
Il est Japonais et sait nous montrer un Japon si semblable à notre occident pour ce qui est du ressenti humain !
C’est en cela que j'estime cet auteur.
Son trait reste fidèle à ce que j’ai déjà vu, clair, sensible et intense malgré tout.
Cet ouvrage est certes bien, mais n’est pas le meilleur à mon humble avis.
J'ai découvert Taniguchi par le biais de Quartier Lointain, dyptique de grande qualité qui à l'époque m'avait vraiment transporté. Vraiment, cette histoire méritait bien son Alph'art du meilleur scénario 2003 !
C'est donc tout naturellement que je me suis tourné vers les autres productions de l'auteur : L'homme qui marche, Kaze No Sho... Autant d'albums qui m'ont laissé dubitatif au mieux, et qui m'ont franchement déçu, dans tous les cas.
Mais le journal de mon père retenait tout de même mon attention : semblable dans son style et sa narration à Quartier Lointain, ce dernier m'avait tellement plu...
Mais voilà, une fois de plus, ça ne marche pas. Tout d'abord parceque je me rends compte que les themes récurrents que l'auteur aborde ne me touchent pas plus que ça. L'auteur à travers son personnage qui nous expose sa relation avec son père, le pauvre chien malade, les catastrophes écologiques, le sens de la famille, l'honneur... j'ai déjà lu tout cela dans une autre série autrement mieux construite.
Mais alors, d'où vient le problème ? Cet album méritait t'il d'être lu avant Quartier Lointain ?
Tout au plus ne m'a-t'il apporté, hélas, qu'une vague impression de déjà vu, et ce malgré la maîtrise narrative de l'auteur.
Le dessin est très beau, très net. Certes, on peut reprocher à l'auteur d'user des stéréotypes physiques habituels pour dessiner ses personnages, qui, ils faut bien le dire, ont "souvent la même tête". Mais les plus grands auteurs connaissent ce problème... Marini en tête, ce qui ne m'empêche pas de trouver son travail remarquable. Ici, même chose.
Ce qui ne m'a pas plu, c'est donc résoluement le fait de lire un "Quartier Loitain" de plus, mais qui n'en possède ni l'âme, ni la grandeur.
Fans de Taniguchi, lisez cette oeuvre que vous trouverez culte. Les autres, par contre...
Un homme revient dans sa ville natale après 10 ans d’absence lors de la mort de son père. Son père qu’il a d’ailleurs peu connu et qu’il a fui toute son enfance et qu’il découvre lors de la veillée funéraire.
Dans cette œuvre semi-autobiographique, Taniguchi reprend son thème de prédilection : la famille. Ce thème qu’il affectionne tout particulièrement, il le traite avec brio. Yoichi, le héros de cette histoire, découvre peu à peu l’histoire cachée de son enfance, celle qu’il n’a pas vu, à laquelle il n’a pas fait attention car il était trop jeune. Il découvre aussi les multiples facettes de son père qu’il n’a pas vraiment connu même s’il a vécu pendant toute sa jeunesse avec lui.
Taniguchi évoque ici les problèmes des séparations, des divorces (comme dans Quartier Lointain mais traité différemment, avec un autre point de vue), et notamment les conséquences sur les enfants qui subissent souvent plus qu’un simple traumatisme car ils ne comprennent pas ce qui se passe et les enjeux es adultes. Un sujet grave et triste mais rendu avec brio, avec beaucoup d’émotions. On vit cette histoire, on s’imprègne complètement dans l’univers qui nous est proposé ici.
Le dessin de Taniguchi est un vrai délice. Sa maîtrise du noir et blanc est telle que j’ai eut l’impression d’y voir de la couleur. Et l’histoire que l’on vit est très colorée par la beauté des sentiments et des regrets exprimés, par l’émotion qui se dégage à chaque page, chaque case. Les traits sont limpides, clairs, net et précis. Les paysages, décors et personnages prennent vie sous nos yeux. On sourit avec eux, on pleure avec eux. On les vit.
Une famille déchirée à cause des difficultés de la vie courante, un petit garçon à sa maman qui ne comprend pas ce qui se passe autour de lui et un homme qui regrette, mais trop tard, d’avoir méconnu son père. Taniguchi nous présente dans ce recueil une histoire simple, triste mais très belle et vraie, sans une seule discordance. Il nous fait passer une émotion, très forte, très vive.
En conclusion, communiquez et ne laisser pas passez la chance que vous avez de connaître les gens qui vous sont proches. Il est vraiment dommage de se rendre compte trop tard qu’on est passé à côté de quelque chose de merveilleux.
Une oeuvre une fois de plus touchante, et très agréable à lire. On retrouve cette sensation d'apaisement de calme dans cette narration. Le scénario est très bien construit. On comprend comment cet adolescent à pu partir et ne jamais plus revenir, et ce père qui n'aspire que le bonheur de son fils mais en silence. J'ai beaucoup aimé cette oeuvre, pour ma part j'ai préféré Quartier Lointain peut être par ce que ça relevait plus du fantastique (il remonte le temps), mais se sont deux oeuvres à découvrire absolument .
Le dessin est magnifique il y a beaucoup de détails, c'est fort soigné et très précis.
Une oeuvre à ne pas manquer.