Cette BD de Miller vaut surtout par son dessin à mes yeux : couleurs excellentes, dessins typés et pleins de personnalité, mises en page originales et réussies. Beaucoup de planches de cet album sont véritablement esthétiques, certaines sont superbes.
L'ennui, à côté de ça, c'est que le scénario n'est pas terrible.
Pas terrible pour moi qui, pour le moment, n'ait pas lu la moindre histoire de Daredevil et encore moins d'Elektra qui me plaise, donc je partais sur un à-priori assez médiocre.
Mais pas terrible objectivement non plus car cette histoire, à la narration difficile, manque vraiment de clarté et de consistance. Elektra est-elle vraiment ressuscitée ? Qu'est-ce qui est réel, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Où tout cela nous mène-t-il ? Eh bien cette histoire à elle seule ne suffit pas à y répondre et on reste complètement sur sa fin, avec l'impression d'avoir été baladé sans but affirmé, ou que le message nous est passé à côté.
Dommage...
Quitte à être beaucoup moins enthousiaste concernant cet album, commençons par les points forts.
Il y a d’abord la narration de Miller ("Sin City", "Batman - Dark Knight") qui permet d’explorer la psychologie de …. (et non, pas Elektra Natchios) Daredevil. Le lecteur découvre d’ailleurs un «homme sans peurs» hanté par ses rêves depuis la mort d’Elektra.
Il y a ensuite l’ambiance, tout à fait remarquable, distillée par cet album. Le graphisme de Lynn Varley y contribue d’ailleurs grandement. Les lieux (église, cimetière, morgue, décors enneigés) qu’il décrit sont tous d’une extrême froideur et procurent une atmosphère étrange et prenante à l’ensemble. Par contre, les fans d’une Elektra sexy et attirante pourront ressortir déçus de cette mise en image ... Mais bon, difficile d’être sexy quand on est censée être morte ...
Par contre, au niveau de l’histoire je suis bien moins enthousiaste. Tout comme les pensées de Matt Murdock, le retour d’Elektra est plutôt confus et m’a laissé sur ma faim.