C’est plutôt lentement et à l’aide de personnages pas toujours facilement identifiables que ce maître du polar psychologique débute le récit de cet homme nommé Goldfish qui vient récupérer son fils des mains de son ex-femme, devenue la reine du crime dans cette ville de Cleveland qu’il avait fui il y a maintenant dix ans.
Malheureusement, si cette vengeance familiale monte en intensité au fil des pages, c’est sans vraiment parvenir à accrocher le lecteur de la manière espérée. Est-ce dû au manque de lisibilité du dessin, à l’abus de dialogues qui empêchent le récit de décoller ou à un lecteur épuisé qui airait mieux fait de lire autre chose ce soir là ?
Au niveau graphisme, Bendis insert quelques originalités, sans pour autant abuser d’inventivité comme dans "Torso". Et pourtant, je préfère largement quand Bendis délègue cette partie du boulot pour se concentrer sur le scénario de ses albums, car sur la fin de cette histoire il parvient une nouvelle fois à démonter son talent à ce niveau là ... alors que graphiquement il ne me fait pas trop vibrer.